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RC Lab: incubateur d'innovation

Du 24 au 26 mars 2017 aura lieu un hackathon organisé par l’équipe des Médias numériques de Radio-Canada. Maxime St-Pierre, directeur général des Médias numériques, et Thomas Le Jouan, chef, recherche et développement numériques, de Radio-Canada, discutent de l'innovation à la société d'État.

Le premier hackathon de Radio-Canada consiste en une compétition amicale, ouverte à tous, qui vise à expérimenter de nouveaux concepts de développement dans un cadre collaboratif. En équipe de quatre, les participants devront ainsi produire, le temps d'une fin de semaine, une initiative web ou mobile qui améliore l’expérience des internautes ou utilise une technologie de pointe de manière innovante.

D'entrée de jeu, une question: pourquoi tenir un événement de la sorte, plus souvent associé aux entreprises technologiques qu'aux médias?

«Radio-Canada est dans un processus de transformation numérique, et pour nous [aux Médias numériques], il est important de laisser la communauté s'exprimer sur la façon dont Radio-Canada est perçue, explique Maxime St-Pierre. On veut permettre aux citoyens de faire une différence, et ce premier marathon de programmation représente une superbe occasion d’avoir une conversation avec des intervenants provenant de milieux différents, de les rassembler et d’innover ensemble.»

«On veut permettre aux citoyens de faire une différence.»

Cette volonté de favoriser l'innovation est d'ailleurs au cœur de la mission du laboratoire numérique de Radio-Canada (RC Lab), la vitrine publique de l’équipe de recherche et développement numériques. Passé en cinq ans d'une petite communauté à l'interne à un groupe Facebook, puis en infolettre, ateliers de formation et autres conférences, le RC Lab s'attarde aujourd'hui à promouvoir et à démocratiser l'innovation numérique à Radio-Canada et CBC.

Une «stratégie numérique forte»

Outre le Hackathon, le RC Lab planche aussi sur différentes expérimentations, notamment envers deux technologies: les robots conversationnels et la réalité virtuelle. En effet, alors que Montréal s'inscrit rapidement en tant que plaque tournante mondiale en matière d'intelligence artificielle, Thomas Le Jouan explique sentir le besoin de «faire partie de la conversation» pour se doter d'une «stratégie numérique forte».

«C'est fondamental de regarder attentivement l'évolution technologique dans l'industrie des médias, puis d'amener la créativité au cœur des réflexions, car on passe d'un internet de la navigation, avec interface visuelle et tactile, à un internet de la conversation, à interface vocale. Les assistants personnels nous poussent déjà à réfléchir à la meilleure façon de s'y intégrer et d'y offrir du contenu adapté.»

«Avant d'opérationnaliser des initiatives de façon mainstream, on veut faire un travail de fond, pour ensuite mieux grandir et se réinventer.»

Des propos corroborés par Maxime St-Pierre, qui estime que la transformation numérique ne doit pas être abordée sous un seul angle. «On veut s'assurer de tester, d'apprendre de nos erreurs et de bien mesurer ce qu'on fait. Avant d'opérationnaliser des initiatives de façon mainstream, on veut faire un travail de fond, pour ensuite mieux grandir et se réinventer.»

Ce travail de fond est d'ailleurs mis de l'avant dans L'Accélérateur d'idées, une plateforme du RC Lab qui offre aux employés la chance de participer à la création d'idées nouvelles. L'intention? Avant tout, valoriser les processus, pratiques et stratégies autour de l’innovation par une méthodologie très start-up, dixit Thomas Le Jouan. Lancée le 14 février dernier, la nouvelle saison de L'Accélérateur d'idées invite cette fois les radio-canadiens à trouver des solutions pour renforcer les relations avec les communautés locales, après deux saisons portant sur les milléniaux et la baladodiffusion. 

les affiches des trois saisons de l'accélérateur d'idées de radio-canada

Au final, Thomas Le Jouan explique que les initiatives du RC Lab visent toutes un même objectif: implanter, à long terme, une culture d’innovation native et ouverte. «Dans mes plus beaux rêves, j'aimerais que Radio-Canada et CBC puissent avoir une culture du numérique et de l’innovation déployée à grande échelle. Qu'on parvienne à instaurer une manière de se renouveler en permanence, d’avoir des méthodologies créatives et d’être à l’avant-garde de l’innovation. Bref, d'avoir cette culture au quotidien et dans tous nos corps de métier.»

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