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Microsoft réclame une «Convention de Genève» numérique

Une protection des internautes du monde entier face aux piratages gouvernementaux, assurée de façon indépendante par des acteurs technologiques neutres: tel est le souhait de Brad Smith, président de Microsoft, dans une longue lettre ouverte plaidant pour une «Convention de Genève» du numérique.

La menace des attaques informatiques exige-t-elle un encadrement mondial? C'est à tout le moins l'avis de Brad Smith, qui s'avoue inquiet de la montée du piratage étatique et qui a lancé mardi dernier un plaidoyer invitant les gouvernements à signer une «Convention de Genève» du cyberespace, qui prendrait la forme d'un organisme international indépendant mandaté de protéger la sécurité des internautes en cas de conflit entre nations.

«Nous avons aujourd’hui besoin d’une Convention de Genève numérique afin de protéger les civils des cyberattaques gouvernementales en temps de paix.»

Ainsi, «tout comme la quatrième Convention de Genève protège les civils en temps de guerre, nous avons aujourd’hui besoin d’une Convention de Genève numérique afin de protéger les civils des cyberattaques gouvernementales en temps de paix», estime le président de Microsoft.

Détaillant sa pensée, Brad Smith explique que des incidents informatiques récents, comme la cyberattaque nord-coréenne contre Sony en 2014, ou encore «les piratages liés directement au processus démocratique» dans l'élection présidentielle américaine de 2016, démontrent que «le cyberespace est devenu un nouveau champ de bataille» duquel il faut protéger les citoyens du monde entier.

Le devoir d'en faire plus

Ce faisant, Brad Smith espère convaincre un maximum d’États d'établir conjointement des règles internationales concernant les cyberattaques menées par des gouvernements.

«Le temps est venu d’inciter les gouvernements du monde entier à instaurer des règles internationales pour protéger l’utilisation civile d’Internet.»

«Nous devons d’abord reconnaître qu’aucune étape isolée ne suffira à elle seule à résoudre le problème des cyberattaques. Bien sûr, chaque entreprise technologique doit continuer d'en faire plus pour protéger et défendre ses clients dans le monde. Mais le temps est venu d’inciter les gouvernements du monde entier à instaurer des règles internationales pour protéger l’utilisation civile d’internet.»

Il conclut en comparant l'aide demandée aux entreprises du secteur technologique à celle fournie par la Croix-Rouge en 1949, lors de l'adoption des conventions de Genève. «Nous devons cultiver ce besoin de protection des internautes, et gagner leur confiance en agissant en tant que Suisse numérique.»

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