La référence des professionnels
des communications et du design

Se distinguer par le design

Cette année, Grafika a accueilli un membre du jury provenant de l’extérieur du Québec et n’y ayant jamais travaillé. Lisa Greenberg revient sur son expérience québécoise.

Avant d’entamer les délibérations, lors de la deuxième journée du jury Grafika 2017, Infopresse s’est entretenu avec la directrice de création à propos de sa perception du design d’ici.

Le design d’ici vu de l’extérieur
Lisa Greenberg, vice-présidente et directrice de création de l’agence Leo Burnett à Toronto, n’en était pas à son premier mandat comme jurée. Ces dernières années, elle a notamment participé à des délibérations pour des concours internationaux organisés par British Design & Art Direction, The One Club, Communications Arts et le Festival international de la créativité de Cannes.

Lors de son passage à Montréal pour Grafika, la spécialiste a été marquée par la quantité de mandats culturels soumis au concours. « Je suis grandement surprise par le nombre d’institutions culturelles, de festivals d’art, d’opéra et de musique électronique. Je pense que cette culture influence les gens et leur permet de développer un goût raffiné (pour le beau design) qui transparaît dans les propositions. »

« SI LE DESIGN EST INTELLIGENT, IL PEUT RÉSOUDRE UN PROBLÈME ET ÊTRE UTILE.» 

Il s’agit d’une particularité dont les grandes marques pourraient bénéficier, estime Lisa Greenberg, qui considère cependant que de vendre de telles idées à des clients commerciaux s’avère une tâche plus ardue. « Si le design est intelligent, il peut résoudre un problème et être utile. Je pense que nos clients doivent faire davantage confiance aux designers. »

GRAND PRIX ÉTUDIANT

SUPER MAGAZINE RÉALISÉ PAR PHILIPPE DIONNE BUSSIÈRES

Les forces du design québécois ? « Les affiches sont magnifiques et les identités très fortes ! La pièce en édition [Super Magazine, Grand Prix étudiant] réalisée par un étudiant est incroyable, très « éditoriale », avec un bon choix de textures et de couleurs (...), le niveau en design graphique est impeccable dans l’ensemble. Mais lorsqu’on en voit beaucoup – et j’imagine qu’en vivant à Montréal, cela doit être le cas tous les jours –, on vient à s’y habituer et il devient moins efficace. » Les projets gagneraient à être soutenus par une idée et un insight davantage
distinctifs afin de permettre aux pièces de se démarquer, selon la jurée.

« QU’EST-CE QUI VA METTRE LE CANADA SUR LA CARTE ?»

Une vision tournée vers l’international
Lisa Greenberg reconnaît le talent présent au Canada et croit en la responsabilité des designers de propulser des icones d’ici. « Nous n’avons pas tant de marques canadiennes qui s’illustrent à l’étranger. Qu’est-ce qui va mettre le Canada sur la carte ? Qui sera notre Levi’s ? Je crois que nous devons trouver ces marques, puis les offrir au monde. » Une telle réflexion permettrait également de redéfinir l’identité du pays, selon elle.

Ce qu’on peut souhaiter au milieu, aux designers québécois et canadiens, c’est qu’il voyage et qu’il s’ouvre davantage aux autres, juge Lisa Greenberg. « J’aimerais que le design canadien se mesure à celui des Japonais, des Scandinaves et des Européens (...). Le design peut changer le monde. Que pouvons-nous faire pour qu’il suscite des actions et des émotions ? Nous devons élever nos idées le plus possible. » 

comments powered by Disqus