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Huit marques éclaboussées en 2017

Voici quelques dérapages de marques qui montrent aux entreprises l'importance d'être responsables, plus que jamais. 

1. Uber

Uber a essuyé de vives critiques durant l'année. L'entreprise américaine a d'abord été pointée du doigt pour sa réponse jugée un peu trop tiède à la suite de la décision du président américain de suspendre l'entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane.

Le mot-clé #DeleteUber est vite apparu, forçant le patron d'Uber, Travis Kalanick, à quitter le forum stratégique de dirigeants d'entreprises responsables de conseiller le président américain Donald Trump.

Peu après, Susan Fowler, ex-ingénieure d'Uber, a raconté publiquement comment la direction des ressources humaines a systématiquement ignoré ses plaintes pour harcèlement sexuel, dévoilant du même coup une culture sexiste et rétrograde. Le quotidien New York Times a aussi publié une enquête, dans laquelle on pouvait lire que la violence, les drogues et le sexe faisaient partie du quotidien chez Uber.

Après les nombreuses polémiques, Travis Kalanick a finalement quitté la direction du groupe le 20 juin dernier. 

L'entreprise a aussi connu sa part de dérapages au Québec. Après avoir menacé de cesser ses activités le 14 octobre dernier à la suite de nouvelles exigences imposées par le gouvernement, Uber est finalement revenue sur sa décision. 

2. Dove

Dans le but de promouvoir un savon liquide, la marque de cosmétiques a publié sur sa page Facebook une vidéo de trois secondes montrant une femme noire enlevant un chandail pour laisser apparaître une femme blanche, qui, elle aussi, posait la même action et dévoilait une femme au teint mat.

Avant même d'avoir eu le temps de supprimer ce petit gif de trois secondes, qui faisait partie d'une publicité plus longue, la marque a été fortement critiquée par des internautes, et le mot-clic #boycottDove a souvent été relayé sur les réseaux sociaux.

À noter qu'il ne s'agit pas de la première bourde de la marque, accusée de racisme en 2011

3. Pepsi 

Le producteur de boissons gazeuses s'est retrouvé dans l'eau chaude cet été après avoir dévoilé une publicité controversée mettant en vedette la jeune mannequin et étoile de la télé-réalité Kendall Jenner. En moins de temps qu'il en faut pour crier «Pepsi», la pub a été retirée des ondes.

Dans l'exécution, la jeune soeur Kardashian quittait subitement une séance de photos, délaissant perruque blonde et rouge à lèvres pour se joindre à une manifestation en cours.

Pour plusieurs, le malaise est venu du fait que l'exécution semblait montrer la réalité des manifestations comme une activité légère et rassembleuse. Les critiques y ont vu une tentative d'une multinationale de s'approprier un mouvement de manifestation comme Black Lives Matter afin de vendre son liquide sucré. D'autres y ont vu aussi vu des ressemblances un peu trop flagrantes avec des scènes de protestation réelles, notamment celle d'une jeune femme à la robe fleurie devant les policiers à Bâton Rouge.

PHOto: Cbs news

4. United Airlines 

Du plomb dans l'aile, c'est le moins qu'on puisse dire, pour décrire les frasques commises par le transporteur aérien. Tout a commencé le 9 avril dernier lorsqu'un passager s'est fait traîner sur le dos, la bouche ensanglantée, hors d'un avion parce qu'il refusait de céder sa place, même dûment payée.

La raison de son expulsion? Des passagers, dont l'homme en question, ont dû être choisis au hasard afin de faire de la place dans un avion bondé. Fait à noter, des employés de l'entreprise qu'on voulait rapatrier au pays auraient été à l'origine du surplus de passagers à bord.

Le président d'United, Oscar Munoz, a ajouté de l'huile sur le feu lorsqu'il a d'abord réagi aux événements, préférant défendre ses employés au détriment des clients. Ironiquement, ce dernier avait par ailleurs été nommé «communicateur de l'année», quelques semaines plus tôt, par le magazine PR Week. 

Peu de temps après les événements, le passager a annoncé qu'il allait poursuivre l'organisation. 

5. Under Armour

À la suite des déclarations pro-Donald Trump du PDG d'Under Armour, Kevin Plank, trois porte-parole célèbres de la marque, Stephen Curry, Dwayne Johnson et Misty Copeland, ont voulu se distancer de ses propos. Cette dernière a demandé à la marque de prendre concrètement des mesures pour communiquer clairement l'importance de la diversité et de l'inclusion.

En marge des événements de Charlottesville, le patron d'Under Armour a finalement annoncé qu'il quittait le groupe d'entrepreneurs conseillant Donald Trump, expliquant que «notre entreprise va poursuivre dans ses efforts d'inspirer les gens à croire qu'il est possible d'accomplir n'importe quoi par les bienfaits du sport, qui prône l'unité, la diversité et l'inclusion.»

6. Juste pour rire 

Après les nombreuses allégations d'agressions et d'inconduites sexuelles aux États-Unis, dont notamment l'affaire Harvey Weinstein, cofondateur des maisons de production Miramax, c'était au tour du Québec d'être éclaboussé.

En octobre dernier, le fondateur du groupe Juste pour rire, Gilbert Rozon, a été accusé par neuf femmes, le forçant alors à démissionner de son poste.

Dans la foulée, Québecor a annoncé que TVA ne présentera plus les galas Juste pour rire. L'émission Dans l'oeil du dragon à Radio-Canada a aussi déclaré que Gilbert Rozon ne ferait pas partie de sa prochaine saison. L'entreprise québécoise a plus tard confié à la Banque Royale le mandat de trouver des acheteurs pour la vente de ses actions.

Par ailleurs, un regroupement d'humoristes comprenant plusieurs têtes d'affiche du Québec a créé le Festival du rire de Montréal, dont la première édition aura lieu dès 2018. 

7. Salvail & Co.

Les allégations d'inconduites sexuelles à l'endroit d'Éric Salvail ont affecté sa personne, mais aussi son entreprise, Salvail & Co.

Éric Salvail était notamment le porte-parole de l'épicier Metro, d'Éco Entreprises Québec et d'un concours en partenariat avec Air Transat et Rouge FM. Or, tous ces annonceurs ont mis un terme à leur association avec lui. Le 18 octobre dernier, il devait parcourir le ciel du Québec à bord d'un Boeing 737 et ainsi ramener 150 personnes du public à l’enregistrement en direct d’En Mode Salvail.

Le réseau Groupe V Média a annoncé qu'il ne collaborerait plus avec l'animateur et sa maison de production, qui a, peu de temps après, été vendue à Média Ranch et à Vivianne Morin. Reste à savoir si les concepts d'émissions existantes renaîtront dans une forme ou une autre. 

8. Adidas 

À l'inauguration d'un magasin de la rue Sainte-Catherine à Montréal, après quatre mois de rénovation, le gérant du commerce s'est presque excusé de devoir parler en français. «Je vais dire un mot en français, pour accommoder la ville de Montréal et les médias francophones», a-t-il lancé.

La phrase a rapidement été relayée sur les réseaux sociaux, et le premier ministre Philippe Couillard, la mairesse de Montréal Valérie Plante et le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain se sont, notamment, empressés de condamner les propos. Plusieurs autres personnes ont depuis appelé au boycot de la marque.

Le fabricant sportif s'est finalement excusé, trois jours plus tard, dans un bref communiqué de 72 mots. 

 

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