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C'est Beau: apposer un sceau de qualité

C'est en restaurant une vieille planche à roulettes que, sans le savoir, Raphaël Ricard allait jeter les bases de sa future entreprise, C'est Beau. En novembre dernier, quelques années plus tard, la société a ouvert une première boutique à Montréal. Son fondateur nous fait faire le tour du propriétaire (et de ses idées).  

raphaël ricard

c'est beau

«Lorsque j'ai eu fini de retaper ma première planche, je me suis demandé ce que je pouvais ajouter pour la rendre belle, se souvient le jeune entrepreneur. Comme je ne suis pas bon en dessin, j'ai simplement décidé de prendre un marqueur noir et d'écrire “C'est beau” en grosses lettres sur l'objet. Ce que je trouvais beau, c'était de prendre une matière première pour la transformer à mon goût».

Ces balbutiements de son entreprise resteront gravés dans son esprit autant que sur cette fameuse planche qu'il a remise à neuf. À ce jour, le logo de la marque conserve cette typographie d'origine. 

C'est en se rendant compte qu'il était entouré par d'autres créateurs qui possédaient, comme lui, la fibre entrepreneuriale qu'il a eu l'idée de créer un site web pour rassembler l'ensemble des produits conçus. Lorsqu'il est venu le temps d'apposer un nom à la marque, «C'est beau» s'est imposé de façon naturelle parce que «ça représentait exactement ce que je voulais créer», explique-t-il. 

Au-delà du beau

Avec le temps, les aspirations de l'organisation se sont précisées, tout comme ses valeurs. «On a toujours cherché la qualité, le beau, mais le plus important a toujours été de bien nous entendre avec les artisans derrière le produit. Le consommateur doit sentir que le lien entre la marque et l'artisan est crédible.»

D'ailleurs, le concept qui a émergé repose principalement sur l'envie de propulser des artisans québécois qui conçoivent des produits d'ici. «Si l'on peut devenir le pont entre des artisans et des marques qui souhaitent collaborer, on va être heureux de jouer les intermédiaires.»

En ligne et en magasin

Si certaines entreprises optent pour le parcours plus traditionnel du magasin physique avant d'intégrer la vente en ligne à leur modèle d'affaires, Raphaël Ricard croit que d'avoir emprunté le chemin inverse aura permis d'évoluer tranquillement, puis de fidéliser une clientèle. «On a tout de même constaté, après un certain temps, qu'une partie de nos clients avait envie de vivre l'expérience physique. C'était juste logique de tout mélanger: un magasin, un bureau et un espace pour la livraison.» 

Mais pour que l'expérience puisse être réellement vécue, le magasin doit être le moins statique possible. «Notre but est qu'à chaque passage en boutique, on puisse retrouver quelque chose de nouveau à voir, toucher ou sentir.» La demande grandissante pour apparaître sur le site (et maintenant en boutique) devrait justement permettre d'effectuer une rotation constante des produits offerts sur le plancher.  

Par ailleurs, l'espace est constamment appelé à se métamorphoser au gré d'événements, d'expositions, de lancement de produits ou de spectacles acoustiques. Tout en misant sur le côté intime et sans dénaturer l'importance du contact humain, le propriétaire souhaite se servir de l'espace pour que la marque puisse un jour «apposer un sceau de qualité sur les produits». 

Le meilleur de chaque ville

S’il conçoit que d’ouvrir une boutique à l’extérieur du Québec, dans un marché inconnu, puisse se révéler une tâche ardue, Raphaël Ricard prévoit survoler les frontières avec des idées novatrices. «Nous collaborons avec un magasin de la région de Toronto qui propose des produits similaires aux nôtres, et notre but est de faire un échange de produits présélectionnés et de les présenter dans nos boutiques respectives.»

Cette façon de faire, croit-il, permettra d'économiser sur les coûts, mais surtout d'être en mesure de tester un nouveau marché et de partager la clientèle de manière organique. 

La prochaine année

Raphaël Ricard explique que son équipe compte maintenant se concentrer à concevoir un maximum de nouveau contenu – vidéos et articles – qui mettront l'accent sur les artisans et les histoires de ceux-ci. Après, il ne s'en cache pas, la suite logique sera d'ouvrir une deuxième succursale. «Notre but n'est pas de devenir une multinationale, loin de là, mais dans la sphère québécoise il n'existe pas, à ma connaissance, d'histoire à succès d'entreprise qui célèbre les artisans d'ici.»

L'image de marque a d'ailleurs été revue et corrigée pour présenter une allure nettement plus minimaliste et épurée. «On voulait se pourvoir d'une image qui évoque la qualité et le savoir-faire des grandes organisations, tout en proposant des produits conçus par des artisans indépendants d'ici, et l'agence Deux Huit Huit a très bien compris nos intentions.» 

Alors que la boutique vient tout juste d'ouvrir sur l'avenue Mont-Royal, on peut déjà dire de Raphaël Ricard et de son équipe qu'ils ont su plancher sur leurs idées.

 

 

Photo: Jack Jérôme 
Architecte: Obiekt