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Fred Bastien: informer en couleurs

Créateur indépendant aux talents multiples, Frédéric (Fred) Bastien souhaite profiter de ses tribunes pour «rendre la vie des gens qui m'écoutent un peu meilleure, en les informant de manière ludique».

Personnage coloré (comme souvent ses habits), Fred Bastien porte plus d'un chapeau: animateur, chroniqueur, youtubeur, etc. Sa polyvalence n'a d'égale que le nombre de plateformes où il répand sa belle et unique couleur.

Sa feuille de route est par ailleurs remplie de distinctions: trois podiums aux Jeux de la communication, deux prix internationaux de publicité web, un prix Créa et une nomination au concours des Gémeaux. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?

Depuis quelques années, j'ai le privilège de choisir mes projets télé et web selon ce qui m'intéresse. Ma liberté créative est presque totale et mes 30 000 abonnés YouTube suivent autant ma curiosité intellectuelle que mon côté niaiseux. Je suis fier de cette honnêteté envers moi-même (je ne pourrais pas faire autrement). 

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

Ça me démontre que l'industrie et Infopresse célèbrent parfois les créateurs indépendants, ce qui est à votre honneur, et rare. Ça fait du bien de voir que ceux qui choisissent d'évoluer en marge, en faisant à leur tête, sont aussi reconnus. 

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?

Qu'est-ce qui vous a incité à faire ce que vous faites aujourd'hui?

«Ce que je fais» change tous les trois mois. Ce que je fais sur YouTube, je le fais parce qu'au moment où mes amis et connaissances ont commencé à obtenir des résultats inspirants avec leur chaîne YouTube (en 2014), je passais mon temps à vulgariser et à justifier leur pertinence chez des cadres de l'industrie dite «traditionnelle». J'admirais l'authenticité de la démarche des youtubeurs d'ici, et je me suis dit que je devrais participer moi aussi. En plus de continuer de tenter d'ouvrir les esprits aux changements dans l'industrie des médias, j'allais moi-même créer des vidéos qui me ressemblent. Je voulais faire ce que je ne pouvais pas faire à la télévision.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?

Demeurer pertinent. Il faut être ouvert au changement. Pour certains, je représente un vent de fraicheur; pour de plus jeunes créateurs, je suis déjà un vieux vétuste. Le défi, c'est de s'ouvrir à la nouveauté, quitte à mettre son ego de côté. Ne nous sentons pas menacés par ce qui s'en vient, inspirons-nous de cela, puis allons plus loin ensemble!  

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?

J'aimerais qu'on fasse davantage confiance aux créateurs indépendants, qui connaissent mieux leur auditoire que quiconque. Que les marques et les agences se rendent compte qu'en travaillant de concert avec les professionnels qu'ils engagent plutôt que contre ceux-ci, les résultats seront au rendez-vous. 

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

Plate. Je ne serai certainement pas plate. 

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Je dois mentionner Luc Doyon, qui, au début de ma carrière, dirigeait MusiquePlus. Comme plusieurs vidéastes, mes premières créations étaient horribles. Lui et Mathieu Nezan (directeur des nouveaux médias à l'époque) ont vu en moi un communicateur prometteur, et ils ont pris le temps de me coacher. D'un point de vue créatif: Jean-René Dufort, Patrick Groulx à ses débuts, Mike Rugnetta (PBS Idea Channel), Mike Rowe et Jay-Z. 

Quelle est votre devise?

«Rendre la vie des gens qui m'écoutent un peu meilleure, en les informant de manière ludique.» 

Parfois, c'est plus informatif, parfois, c'est plus ludique. Si ça sonne présomptueux, c'est parce que je le suis. 

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? 

Assurément Jésus. Ce hippie a clairement eu plus d'impact qu'il n'aurait pu imaginer. Sinon, Socrate ou Bouddha. 

Quel projet vous rend vert jalousie?

La jalousie, c'est malsain et anti-constructif. J'admire quand même la brillante idée du gars d'Unbox Therapy de lancer une chaîne de déballage de cadeaux il y a six ans. Le gars fait beaucoup d'argent à ouvrir des cadeaux technologiques sur YouTube. Il y a pire comme vie. 

Quelle est votre plus grande déception?

Je n'accorde pas assez de temps à la création musicale.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

Animateur/chroniqueur/dude d'internet. Je crée des vidéos. Elle préfère me voir à Radio-Canada que sur YouTube, mais elle comprend. Mon père me suit sur Snapchat et m'en parle souvent (en plus de m'aider chaque semaine avec ma comptabilité de pigiste). Je suis chanceux d'avoir des parents qui s'intéressent à ce que je fais. 

Pour connaître tous les autres 30/30 Infopresse 2017, consultez notre dossier.

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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