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Québecor se lance à son tour dans la chasse au jeune public avec Tabloïd

Québecor vient de lancer la plateforme numérique Tabloïd, qui s'adresse à un public plus jeune et scolarisé, déjà courtisé notamment par Rad et Vice.

Cette nouvelle marque se greffe à l'éventail de marques numériques du groupe, lesquelles ont été conçues à la suite de son virage numérique, que ce soit Pèse sur Start, qui traite de jeux vidéo, Silo 57 et Billie Jean axées sur le style de vie et la mode, ou encore le contenu plus scientifique d'En 5 minutes. Tabloïd se distingue des autres marques par son côté plus terrain. Ses reportages s'inscrivent davantage dans un format journalistique. 

hugo meunier

tabloïd

«Les profils des producteurs de contenu sont donc plus journalistiques, précise Hugo Meunier, qui assure la direction de Tabloïd. Ça ne veut pas dire que les autres marques ne suivent pas les règles d'éthique journalistique, mais elles sont plus ludiques. Avec ce nouveau contenu, l'on ne joue pas dans les platebandes du Journal de Montréal ou de TVA: le contenu est davantage champ gauche dans le choix des sujets et leur traitement.»

Le premier reportage a été publié le 23 novembre sur la page Facebook de Tabloïd. Celui-ci traite des Québécois qui font fortune dans une industrie insoupçonnée de déguisements de super-héros. Derrière le masque de $pider Man est une enquête de 15 minutes dont la facture visuelle et la démarche se différencient des autres formats. 

«On voit la démarche du présentateur dans le reportage de façon très transparente, et c'est cette façon de travailler qui donnera notre couleur.» Hugo Meunier ajoute que même si la transparence est un terme galvaudé dans les médias, l'équipe fait le pari d'être le plus transparent possible et de le dire si elle se trompe.  

Le nom Tabloïd se voulait autodérisoire, puisque le contenu présenté fait l'inverse des tabloïds en s'intéressant aux «vedettes de l'ordinaire». Le ton vise aussi un lectorat capable de comprendre le deuxième degré du nom. 

Pour le moment, l'équipe compte une demi-douzaine de personnes en contenu, en vidéo et en montage qui travaillent à temps plein, sans compter les pigistes. Parmi eux, notons Nicholas De Rosa, Jean Balthazar, Étienne Paré et Geneviève Pettersen. 

Un contenu résolument terrain

Les reportages sérieux sur les plateformes web qui visent un auditoire jeune et scolarisé ne manquent pas ces temps-ci, notamment avec Urbania, Vice et, plus récemment, Rad de Radio-Canada. 

Comme tous courtisent le même bassin, se démarquer passe par le contenu. «Les reportages débordent du cadre journalistique où tu te gardes une gêne, souligne Hugo Meunier, qui a déjà travaillé à La Presse. Les créateurs de contenu se permettent de partager leurs émotions et de vivre l'expérience plutôt que de n'être que des observateurs.» Une immersion qu'il juge nécessaire et aimée des gens.

«Comme c'est une facture web, c'est différent de TVA parce qu'on a une approche plus intime.» 

Des formats variés

Le contenu explorera des personnages, des phénomènes, des expériences particulières. Les formats prendront également plusieurs formes: écrit, vidéo, illustrations. 

«On vise longue portée ce qu'on faisait moins avec Le Journal de Montréal, en raison du format papier, qui laisse moins de place aux gens pour se laisser aller. Un bon texte très long et bien illustré a sa place, plus descriptif, plus terrain.»

Un peu comme Rad, qui utilise parfois des illustrations pour servir son propos, Tabloïd essaiera plusieurs formats. «On n'invente pas la roue et c'est sûr qu'on s'inspire de ce qui se fait actuellement, mais on essaie de proposer notre couleur là-dedans.»

Les sujets seront creusés et l'accent sera mis sur la qualité. Cela se traduira notamment par la fréquence de publication. «Au lieu de courser pour aller chercher des clics, on est mieux d'en partager moins, mais de faire du contenu de très bonne qualité pour garder notre crédibilité.»

Pour le moment, on verra donc du nouveau contenu chaque semaine. 

Les reportages seront directement publiés sur la page Facebook de Tabloïd. L'équipe misera sur les partages pour se faire connaître. Un site, actuellement en construction, suivra toutefois bientôt. «Notre mission consiste d'abord à se créer une communauté, à être nos propres ambassadeurs sur les réseaux sociaux, notamment Instagram, Facebook et Twitter, puis, éventuellement, le contenu sera aussi déployé sur un site.»

Les revenus d'annonceurs, une deuxième phase

Si la première phase consiste en le développement de l'auditoire et de la notoriété de la marque, la deuxième explorera diverses possibilités de revenus. «L'accent ne sera pas mis sur l'affichage de bannières, mais sur la façon de collaborer avec des annonceurs et sur le contenu de marque», précise Marc-André Laporte, directeur du marketing de l'équipe numérique de Québecor Groupe Média et anciennement d'Urbania.

 

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