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Charles Burroughs: savoir simplifier

Malgré ses 29 ans, le jeune réalisateur de Nova Film brille jusqu'aux États-Unis et en France. 

L'année 2017 a été particulièrement bonne pour Charles Burroughs, qui entame sa 10e année au sein de Nova Film. Sa campagne Un peu amèreréalisée pour la brasserie Farnham avec l'agence Lg2 a gagné deux prix Créa, tandis que la publicité Bureau a remporté deux prix d'or au concours national Marketing. Cependant, la pièce Mariée, de la même offensive, lui a valu les grands honneurs: un Lion de bronze au Festival international de la créativité de Cannes. 

À l'échelle mondiale, Charles Burroughs a entre autres réalisé une opération avec l'étoile d'Hollywood Chuck Norris, en plus de diriger des plateaux de tournage composés d'équipes totalement américaines. 

Le jeune réalisateur a aussi réalisé une incursion dans le monde de la mode en réalisant pour la marque parisienne Larose-Paris un court-métrage publicitaire lancé exclusivement par Vogue France. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fier?

La campagne télé Un peu amère, par son approche très différente du moule standard des publicités de bières, mais aussi parce qu'elle a gagné un Lion de bronze à Cannes. Quand j’ai commencé ma carrière, un tel honneur me semblait tellement hors de portée. L'initiative a vraiment connu un succès qui dépassait tout ce que j’aurais pu imaginer.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

C’est une très bonne tape dans le dos. On a souvent un regard trop critique sur notre propre travail. Parfois, l'on se demande si l'on est encore bon dans ce qu’on fait. Je vais prendre cette mention comme un «oui»!

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?

Acteur. Ça a duré jusqu’en première année du primaire, quand je me suis inscris pour jouer dans la pièce de théâtre de ma classe. Le jour venu, j’ai pleuré parce que je ne voulais pas performer devant la foule. Ensuite, ça a été avocat, car on me disait «les avocats sont riches».

Qu'est-ce qui vous a incité à faire ce que vous faites aujourd'hui?

À l’adolescence, j’ai commencé à filmer mes amis pas mal bons en ski de style libre. De fil en aiguille, on a commencé à produire des films annuels, qui ont connu un certain succès. Je savais à ce moment que je voulais rester dans un domaine connexe à la cinématographie. J'ai lentement frayé mon chemin dans la production publicitaire.

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?

Rester pertinent.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?

Je veux continuer de produire des pubs ou du contenu de marque de qualité, tout en allégeant la structure traditionnelle de production. Je pense que même si la situation s’améliore, beaucoup de gens pensent encore que produire une pub, c’est un projet lourd, complexe, couteux. J’aime garder les choses aussi simples que possible.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

Remplacé par une machine.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Je ne peux faire autrement que de nommer Luc Du Sault de Lg2. Il a cru en Nova Film très tôt, à l’époque où on était des jeunes avec beaucoup d’ambition, mais qui ne savaient pas trop ce qu’ils faisaient. Il nous a guidés et éduqués sur tout le monde de la publicité, en plus de grandement contribuer à ce que nous sommes devenus aujourd’hui.

Quelle est votre devise?

«Entoure-toi des bonnes personnes.»

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? 

Christopher Nolan. Je veux savoir si la foutue toupie tombe à la fin d’Inception.

Quel projet vous rend vert de jalousie?

Au moment d’écrire ceci, probablement Original is never finishedune pub d'Adidas que Jonathan Desbiens et Kristof Brandl ont eu la chance de réaliser/tourner. D'abord, c’est vraiment inspirant de voir des gars du Québec travailler pour des productions internationales de cette ampleur. Et puis, l’approche créative et la signature visuelle qu’ils livrent sont à couper le souffle.

Quelle est votre plus grande déception?

Ne pas avoir acheté du Bitcoin il y a cinq ans.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

J’ai la chance d’avoir une mère qui a travaillé en publicité pendant près de 15 ans, durant l'âge d'or de la pub. Je lui explique ce que l’industrie n’est plus, plus que ce qu’elle est devenue!

Pour connaître tous les autres 30/30 Infopresse 2017, consultez notre dossier.

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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