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Des personnalités demandent un soutien d'Ottawa pour l'avenir de la presse écrite

Une liste imposante de personnalités et d’organismes somment le gouvernement fédéral d’assurer des mesures concrètes pour soutenir la presse écrite, imprimée ou numérique, dans une lettre ouverture publiée lundi par le quotidien montréalais Le Devoir

S’adressant aux ministres du Patrimoine canadien (Mélanie Joly), des Finances (Bill Morneau) et de l'Innovation, des Sciences et du Développement économique (Navdeep Bains), les signataires pointent du doigt les décisions favorables à des multinationales du divertissement et du web prises par le gouvernement Trudeau, notamment dans sa politique culturelle révélée au début de l’automne.

«La presse écrite vit actuellement la plus grande crise de son histoire. L’enjeu est simple: si rien n’est fait, de nombreux journaux, imprimés ou numériques, pourraient cesser leurs activités dans un avenir rapproché.» Ils soulignent au passage la perte de milliers d’emplois au Canada générée par cette crise. Par exemple, au Québec, 43% des emplois du secteur ont été perdus de 2009 à 2015.

Parmi les auteurs, on dénombre Jacques Létourneau, président de la CSN, l'entrepreneur et homme d’affaires Alexandre Taillefer, l'économiste et politicien Jean-Martin Aussant, la productrice et animatrice Marie-France Bazzo, l'Association des réalisateurs et des réalisatrices du Québec, l'Union des artistes et plusieurs personnalités de la filière universitaire et journalistique. 

Ils réclament une aide gouvernementale «afin d’assurer l’avenir d’une information journalistique de qualité au pays. Il en va de la santé de notre démocratie». Ainsi, ils proposent l'implantation à court terme de crédits d'impôt sur la masse salariale, comme ceux fixés depuis quelques années pour attirer les entreprises de l’intelligence artificielle et des hautes technologies. 

La presse a longtemps été désignée comme le quatrième pouvoir. À l’ère des fausses nouvelles et des géants du web tels que Google et Facebook, qui «utilisent les contenus produits à grands frais par les journaux tout en vampirisant leurs revenus publicitaires», il est d’autant plus primordial d’en assurer la pérennité.

Selon les signataires, une aide gouvernementale aux médias ne compromettrait pas la liberté de presse et l’indépendance des salles de rédaction, citant l’exemple radio-canadien, qui démontre qu’un financement public est possible sans brimer ces éléments fondamentaux.

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