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Sarah Babineau: prendre l'image par les cornes

Sarah Babineau possède cette faculté de construire des ambiances afin de mettre de l'avant un produit, sans qu'on aperçoive véritablement ledit produit. Dans cette esthétique léchée et chaleureuse qui lui est propre, la consultante en création de contenu et réseaux sociaux, photographe et influenceuse de 25 ans, démontre qu'elle sait dompter l'image.

Après deux ans et demi à la gestion des réseaux sociaux d'Oatbox, l'autodidacte Sarah Babibeau s'est lancée à son compte. Forte de sa formation en graphisme, art contemporain et communication socionumérique, elle a gagné la confiance de la communauté Instagram pour ainsi permettre à plusieurs marques d'ici (et d'ailleurs), dont Mimi Hammer, Boursin, Galerie MTL, l'atelier de création papier Miss Cloudy, Ford et l'illustratrice Ana Roy, de s'épanouir grâce au doigté de cette fée des réseaux. 

Ce que ses 37 000 abonnés ignorent peut-être, c'est que la jeune femme qui a commencé en photographie avec un appareil argentique, avait une «peur bleue» de toucher à un appareil numérique.

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?

Avoir contribué au développement d’une entreprise d’ici pendant deux ans et demi, en instaurant et en maintenant son image de marque sur la plateforme Instagram. C’est vraiment le mandat qui m’avait été donné lorsque je suis arrivée chez Oatbox. À raison d’une photo par jour, nous sommes partis de rien et avons construit une image de marque aujourd’hui reconnue par notre communauté, ainsi que des autres sociétés de l’industrie. Nous avons aussi réalisé une activation média, connue sous le nom de Silver Spoon Collective. Il s'agit d'une initiative de marketing d’influence comme il ne s’en voyait pas encore au Québec, il y a deux ans et demi. Elle nous a permis de donner vie audit lifestyle que nous prônions sur Instagram. 

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

Avoir la chance de pouvoir faire briller mon titre professionnel, encore peu connu. Voir son travail reconnu par l'industrie, c’est toujours un baume sur le cœur qui te donne envie de continuer et de repousser tes limites. 

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant? 

Patineuse artistique, chanteuse, vétérinaire et archéologue. Finalement je suis nulle en patinage, je chante en lavant la vaisselle, je pleure à la vue d’un bébé chien et je suis allergique à la poussière. Ce n’était pas ça ma destinée, semble-t-il. 

Qu’est-ce qui vous a incitée à faire ce que vous faites aujourd’hui?

J’ai commencé à maîtriser Instagram, car je voyais cela aussi comme une plateforme pour vendre mes services de photographe. Une fois les mécanismes et rouages bien assimilés, c’était une partie de plaisir que de transmettre mon savoir-faire aux gens autour de moi. C’est devenu mon métier, un peu naturellement par le cours des choses, et j’en suis ravie.

Quand j’ai commencé la création de contenus pour les autres, j’avais surtout envie de travailler pour des sociétés d’ici. Pouvoir retransmettre la passion des artisans par une construction complexe d’images, de mots, d’événements qui élèvent leur image de marque au niveau supérieur, c’était ça ma vision! 

Avec les années, de nouveaux clients sont arrivés; certes, des marques internationales parfois, mais je reviens toujours à mes premières amours. Les gens d’ici qui travaillent avec cœur. C'est toujours un plaisir de les aider à se bâtir! 

Quel est le plus grand défi d’un professionnel des communications aujourd’hui?

C’est une question large, je parlerai plus précisément de mon rôle de consultante en création de contenus. J’ai l’impression que nous sommes encore dans une ère d’éducation! Il faut faire comprendre à nos clients qu’entre leurs attentes et leurs besoins, il y a des bases solides à construire et que ça prend de la patience et de la transparence pour bien faire les choses. Qu’une communauté axée sur l’image de marque ne se construit pas du jour au lendemain et qu’il vaut mieux prendre son temps plutôt que d’utiliser des techniques jugées frauduleuses! 

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l’industrie? Changer les choses?

Les deux dernières années m’ont amenée à donner des formations et des ateliers visant directement les créateurs de contenu débutants ou qui désirent se lancer. Au fil du temps, j’ai tranquillement vu s’y joindre des propriétaires de petites entreprises qui souhaitent apprendre à déployer leur marque sur les réseaux sociaux. J’en tire une belle ouverture à la discussion, un désir d’en comprendre le fonctionnement et la recherche de mon rôle possible là-dedans. C’est vraiment à ce moment-là que je sais que j’ai choisi mon emploi pour les bonnes raisons! Cette année, je me suis fait approcher par de plus grosses entreprises pour de la consultation et j’ai pu constater qu’on reconnaît la valeur de mes connaissances, ce qui me donne encore plus envie d’être une joueuse de première ligne. Ouvrir une voie pour la création de contenu à l’interne et ainsi démontrer qu’on n’a pas toujours besoin de passer par les agences. Plusieurs amis et pairs talentueux travaillent fort pour des petites marques avec des moyens restreints, et je pense qu’on change le milieu à notre façon. 

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

Dans un boulot qui ne me rendrait pas heureuse. 

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Ma mentor est la grande Aurélie Sauthier, présidente de l'agence Made In. Grande de carrière comme de personnalité, elle a défriché le chemin que je prends aujourd’hui en éduquant le milieu sur le marketing d’influence. Elle a ainsi permis à certains acteurs de tirer leur épingle du jeu et de devenir à leur tour, des pionniers des nouveaux médias. Par ailleurs, au risque d'être quétaine comme jamais, mais mes modèles, et je le dis toujours, sont les gens qui m’entourent chaque jour et qui m’apprennent beaucoup. Mon copain, mes parents, mes amis et mes pairs dans le milieu. De la façon dont ils mènent leurs barques dans les tempêtes et avec laquelle ils relèvent les défis du quotidien. 

Quelle est votre devise ?
Float like a butterfly, sting like a bee, parce que mon père aime beaucoup (beaucoup) l'ex-boxeur Muhammad Ali et que c’est surement la devise qu’il me texte chaque fois que je lui demande conseil pour quelque chose! Étonnamment, ça s’applique vraiment bien à plusieurs situations; comme quoi l'on devrait toujours voguer dans la vie avec la légèreté du papillon jusqu’à ce qu’on doive à foncer tête première comme l’abeille! 

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui?

Je ne serais pas fidèle à moi-même si je ne répondais pas d’emblée la chanteuse Beyoncé. 

Quel projet vous rend verte de jalousie?

De manière générale, je suis impressionnée par le travail de mes pairs! Je préfère applaudir que de jalouser. Entre autres, j’admire beaucoup le travail d’Audrey Hubert, la douceur derrière le compte Instagram de la boutique @BoucleetPapier ou encore le travail d’Ali Inay, instigateur du développement de la communauté #mtlcafecrawl, pour nommer des gens d’ici. À l’international, j’adore le travail de création de contenus de l’équipe derrière le compte de @glossier. 

Quelle est votre plus grande déception?

Ne jamais avoir assisté à un concert de Beyoncé. 

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

Ma mère comprend bien mon travail. On a passé le stade de la description de celui-ci. Maintenant, l'on s’envoie des articles sur des sujets connexes et elle like toutes mes photos Instagram ainsi que celles que je produis pour d’autres marques. Elle garde tous les magazines Trois fois par jour dans lesquels mon travail est publié. J’ai une mère cool, je ne peux pas faire semblant du contraire!

Pour connaître tous les autres 30/30 Infopresse 2017, consultez notre dossier.

* Photo Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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