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Des campagnes efficaces d’incitation à la lecture

À la chronique Bêtes de pub cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d’Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie, de Havas Montréal, passent en revue quelques bonnes campagnes d'ici et d'ailleurs, qui visent à encourager la lecture et décourager l’analphabétisme. 

Stéphane Mailhiot

havas

«Le livre jouit peut-être du centième du budget de promotion des producteurs de films ou de disques», soutient Stéphane Mailhiot, dans le cadre du Salon du livre de Montréal. Qu’à cela ne tienne. Plusieurs maisons d'édition et organismes réussissent à livrer des campagnes d’incitation à la lecture efficaces, puisque «les livres doivent aussi être vendus».

Au Québec, le programme La lecture en cadeau de la Fondation pour l’alphabétisation, cherche à prévenir depuis 1999 les difficultés de lecture et d’écriture susceptibles de mener au décrochage scolaire et à l’analphabétisme. Cette initiative s’adresse principalement aux enfants de 0-12 ans de milieux défavorisés. Chaque année, en novembre et en décembre, le grand public est invité à faire don d’un livre jeunesse neuf, qui sera ensuite distribué aux enfants. 

«Ce qu’on sait d’une façon certaine, c’est que d’être exposé à une quantité de livres en bas âge, dans son école ou à la maison, fait en sorte qu’on s’intéresse aux livres», explique Stéphane Mailhiot, qui soulève cependant la question de la dématérialisation du livre par le numérique. «On doit acheter la plateforme de lecture, souvent dispendieuse.»

Arnaud granata

infopresse

Campagne pour la lecture, organisme de lobbying gouvernemental ayant pour mission de faire de la lecture une priorité nationale, démontre aussi que la lecture à voix haute contribue significativement à augmenter l’intérêt des enfants pour le livre. Alors que 61% des enfants de 0-5 ans se font lire à voix haute, le ratio chute à 41% après cinq ans et à 16% après huit.

Le penchant anglophone de l’organisation, National Reading Campaign, a d’ailleurs lancé une offensive de promotion à la lecture, afin d'encourager les parents à perpétuer l’oralité. 

De l’autre côté de l’océan, une initiative française joue sur l’idée de «fausse piste», avec un angle provocateur. Avec des messages visuellement clichés, l’accroche stipule que «plus de trois millions de Français resteront hélas persuadés qu’il s’agissait d’une publicité pour» un voyage, un film ou une voiture, par exemple. Les gens sont invités à aller signer une pétition dans le but de faire de la lecture une priorité nationale.

Au Québec, la Fondation pour l’alphabétisation avait réalisé une campagne semblable en 2011.  

En 2005, le bureau de Prague de l'agence Leo Burnett avait réalisé l'offensive Lisez-le avant qu’Hollywood s’en charge. Cette opération présentait des couvertures de film inspirés de classiques de la littérature, revisités à la sauce hollywoodienne. 

Aussi au programme cette semaine: des livres sur Kim Kardashian et sur les révélations sociales, économiques et politiques des données d’utilisateurs d’internet, ainsi que de la nouvelle campagne publicitaire du quotidien Le Devoir.

Retrouvez l’intégralité de la chronique Bêtes de pub, diffusée le jeudi à l’émission Médium large de Radio-Canada Première.