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Maude Gendron: faire lever le gâteau de la créativité

À 27 ans, Maude Gendron est gestionnaire senior marketing, de C2 Montréal et a contribué à l'expansion internationale de l'événement à Melbourne. Elle a aussi transformé ses talents en pâtisserie en véritable entreprise grâce à un coup de marketing numérique bien ciblé.

Maude Gendron est en quelque sorte le quart-arrière marketing de C2 Montréal, un événement qui attire chaque année près de 6000 participants. Elle coordonne tous les aspects et le personnel engagé sur le plan du contenu, des médias sociaux, du design graphique et des ventes. Ainsi, elle met en valeur la marque de l’organisation et aide C2 à accroître ses parts de marché locales, nationales et internationales. Son rôle s'étend maintenant au-delà des frontières du Québec avec la venue de la première australienne de l’événement, en novembre.

Ses talents en marketing l'ont aussi conduite à être pâtissière le soir et la fin de semaine. En un peu plus d'un an seulement, elle a réussi à augmenter la notoriété de sa marque Gâteaux Bourgeoys de façon significative et à devenir une référence pour les commandes de gâteaux et de cupcakes de mariage ainsi que pour les événements spéciaux. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes la plus fière?

Mettre sur pied un projet d’affaires tout en travaillant à temps plein est assurément une réussite dont je suis fière. Il y a presque deux ans, à l’occasion des 30 ans de mon conjoint, j’ai décidé de cuisiner moi-même le gâteau d'anniversaire pour 50 personnes. Ayant toujours eu un gros faible pour la cuisine en général, je me suis dit que je pouvais relever ce défi. J’ai arpenté le web à la recherche de recettes pour «gros gâteau de fête», emprunté le Kitchen Aid de ma voisine (merci Suz!) et j’ai réalisé le tout. L’histoire a donc démarré ainsi, plusieurs amis ont commencé à me passer des commandes, j’ai ensuite créé des comptes sur Instagram et Facebook, et Gâteaux Bourgeoys est née.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

Le commencement de plusieurs grandes choses. J’en suis encore à mes débuts en marketing, mais je suis une personne tenace, j’adore apprendre et me dépasser. Nous avons tout récemment accueilli une nouvelle vice-présidente, marketing, au sein de l’équipe de C2, une femme très expérimentée et créative qui sera une mentor remarquable pour moi. Je suis certaine que nous réaliserons de grands projets ensemble.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?

Archéologue. J’avais une fascination sans borne pour les roches, les voyages, les pierres semi-précieuses, l’histoire des civilisations et le Moyen-âge. Donc, j’étais certaine que mon avenir se trouvait parmi l’histoire enfouie dans notre sol. J’ai eu le temps de changer d’idée. Travailler en équipe et être entourée de gens passionnants était très important pour moi. Et je suis un peu trop hyperactive pour ce genre de travail de précision.

J’ai ensuite jeté mon dévolu sur le métier de chef cuisinier. À 16 ou 17 ans, j’ai effectué des stages à l’Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec. Et je me passionne depuis mon jeune âge pour l’expérimentation des goûts, textures et combinaisons de saveurs. L’art de mettre la table et la photographie culinaire me passionnent aussi beaucoup. Quand est venu le temps de choisir quelles études entreprendre, mon entourage m’a fortement conseillé d’aller travailler en restauration pour comprendre le milieu. J’avoue aujourd’hui que j’ai flanché, j’ai eu peur. C’est un milieu très dur, traditionnellement masculin (heureusement, cela évolue de plus en plus) et très compétitif. Dix ans plus tard, j’ai finalement réalisé un rêve avec Gâteaux Bourgeoys. Qui sait où cela va me mener.

Qu'est-ce qui vous a incitée à faire ce que vous faites aujourd'hui?

C’est un peu venu par hasard. J’ai décidé d'étudier en gestion environ cinq minutes avant de partir en voyage en sac à dos en Europe. Il fallait bien choisir. J’ai aimé ma formation, mais les cours de marketing m'ont intéressée plus particulièrement. Donc, j’ai décidé d’approfondir le tout. Mais la véritable école pour moi c’est le marché du travail. Rien ne vaut l’expérience acquise sur le terrain, les gaffes, les réussites et les apprentissages du monde réel.  

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?

La multitude des plateformes, l’exigence du consommateur et la technologie qui évolue sans cesse. C’est un terrain de jeu très stimulant, mais aussi très dangereux. Les entreprises et les institutions d’enseignement doivent constamment rester à l’affût des fluctuations du marché afin de se sortir la tête de l’eau. La clé de tout cela, selon moi, est la pertinence. Une marque, un produit, un service doit être pertinent pour le consommateur. Sans quoi, une autre plus performante prendra sa place.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?

En restant humaine. Les consommateurs aiment plus que jamais les marques vraies, celles qui ne prétendent pas être ce qu’elles ne sont pas. Les marques avec des valeurs fortes, qui s’engagent dans des causes sociales, non pas pour les RP, mais bien pour faire une différence.

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

À la même place qu’aujourd’hui. J’adore C2; l’équipe, l’environnement créatif, les projets exceptionnels pour lesquels nous travaillons. Je compte bien y être pendant un certain temps et grandir au sein de cet environnement. Mais je crois profondément que pour grandir, nous devons évoluer.

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Ma famille. J’ai la chance d’avoir un noyau familial très solide, les mêmes amies fidèles depuis presque 20 ans et un amoureux extraordinaire. C’est ce qui me garde  les pieds bien au sol et me donne la volonté et la force de me dépasser.

En 2016, mon conjoint, Ryan Hillier, a fondé Novalex avec sa partenaire Sophie. Cette entreprise émergente juridique à vocation sociale offre une heure de service juridique pro bono pour chaque heure facturable à un client d’affaires. C'est un modèle efficace et inspirant qui bouleverse domaine plutôt traditionnel. Ce genre de projet m’inspire; les gens brillants qui m’entourent constituent ma plus grande source de motivation.

Quelle est votre devise?

Je n’ai pas de devise en particulier, mais j’aime beaucoup ces quelques mots du grand Montréalais Leonard Cohen:

«Ring the bells that still can ring 
Forget your perfect offering 
There is a crack in everything 
That's how the light gets in.»

Cela nous rappelle que la vie n’est jamais parfaite, mais qu’il y a toujours de l’espoir. Repose en paix, Leonard.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? 

Massimo Bottura... pour toutes les raisons énumérées à la question suivante.

Quel projet vous rend verte de jalousie?

Le projet de Refettorio Ambrosiano de Massimo Bottura. En plus d’avoir été à la tête (avec Osteria Francescana) de ce qui a été sacré meilleur restaurant au monde en 2016, il a ouvert une soupe populaire version moderne et a invité ses meilleurs amis étoilés Michelin à venir nourrir les populations pauvres de Milan. Pour ajouter une cerise sur ce sundae déjà royal, il utilise seulement des ingrédients rejetés provenant de grandes foires alimentaires et autres. Il a aussi entrepris un deuxième projet au Brésil dans le cadre des Jeux olympiques de 2016 et ne prévoit pas arrêter de sitôt. À voir: Theater of life, magnifique documentaire de Netflix sur cette touchante histoire. Nous avons eu la chance de le recevoir en conférence à C2 2016, son allocution, qui était essentiellement un poème, une ode à la vie, m’a laissé sans mot.

Quelle est votre plus grande déception?

Que l’environnement ne soit pas plus au centre des conversations, que ce soit en entreprise ou sur la scène politique. La conservation de notre planète devrait être notre priorité numéro 1. Irradier des maladies graves, sortir les gens de la pauvreté et de la famine, ce ne peut pas se produire sans une planète en santé. Nous n’avons jamais autant été confrontés aux changements climatiques, et la situation n’ira pas en s’améliorant si nous faisons l’autruche. Plusieurs fondations accomplissent du travail remarquable, comme les fondations de David Suzuki ou de Leonardo DiCaprio, mais ce n’est pas suffisant. Chaque individu doit poser des petits gestes quotidiens et forcer les gouvernements à en poser pour faire changer les choses.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

C’est la «question qui tue» de tous les milléniaux qui n’ont pas une profession libérale! J’ai trouvé que la meilleure façon de faire comprendre mon travail à mes parents était de leur faire vivre. Je les ai donc invités à C2 l’an dernier pour leur démontrer toute l’ampleur de ce grand projet. Ils ont adoré cela.

Pour connaître tous les autres 30/30 Infopresse 2017, consultez notre dossier.

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production

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