La référence des professionnels
des communications et du design

Éliane Sauvé: maîtriser l'échiquier de la production

La productrice de Consulat mène avec brio plusieurs projets pour des marques reconnues tant sur le plan national qu'à l'échelle internationale. 

Productrice nouveau genre, Éliane Sauvé est à l'image de sa génération, elle sait entreprendre tous les types de production de contenu (dans les médias imprimés, à la télé, sur le web, dans les réseaux sociaux, etc.). 

Elle est reconnue pour son réseau de contacts riche et diversifié, mais aussi pour savoir dénicher les bonnes têtes pour les bons projets, qui contribuent à la richesse de Consulat. Elle possède aussi un talent naturel pour mettre en place des équipes de production avec des collaborateurs établis.

La vraie réussite d'Éliane Sauvé demeure toutefois de faire briller un métier dont on parle moins, mais qui, pourtant, joue un rôle clé dans l'industrie. 

Quelle est la réalisation dont vous êtes le plus fière?

Une campagne nationale pour McDonald’s avec l’agence N/A et le photographe Alexi Hobbs. C’était un réel tour de force. L’histoire est belle et inspirante: l’agence a gagné la campagne grâce, entre autres, à un test photographié par Alexi à partir des maquettes proposées. L'annonceur a non seulement acheté le concept, mais a exigé le même photographe pour tout le projet!

S’en s’est suivi un périple de deux semaines au Canada, de Montréal à Vancouver, où notre petite équipe a parcouru des kilomètres et des kilomètres pour réaliser ce qui allait devenir la prochaine campagne de marque de McDonald's. Des portraits improvisés, de vrais gens, de tous les âges et de toutes les nationalités. C’était très organique comme projet. Nous sommes revenus la tête remplie de souvenirs, d’histoires inimaginables et, surtout, entre nos mains, une campagne vraie, humaine et différente. Comme quoi les multinationales peuvent aussi changer leur fusil d’épaule.

Que représente pour vous une mention à ce palmarès?

Je n'y figurerais pas si je n’étais pas entourée d’artistes talentueux qui font de mon travail le plus beau des terrains de jeu. Cette mention me confirme encore que je suis à la bonne place dans ma vie, avec la confiance que les choses arrivent au bon moment. Le reste vient instinctivement. On excelle dans ce qui nous passionne réellement et ce dans quoi l'on peut être et rester authentique.

Que vouliez-vous devenir lorsque vous étiez enfant?

Animatrice(!) et commissionnaire d’art. J’ai aussi toujours rêvé d’avoir une galerie, mais ça, ça viendra, c’est un projet qui m’habite encore. 

Qu'est-ce qui vous a incitée à faire ce que vous faites aujourd'hui?

Mon amour pour les humains. Être productrice, c’est prendre soin de tes équipes, t’organiser pour que les environnements créatifs soient sains et inspirants, établir les bons liens, assembler chaque morceau du casse-tête. C’est un peu s’improviser magicien – et j’y crois, moi, à la magie et à la synergie des talents.

C’est aussi une reconnaissance pour l’industrie, que je trouve belle malgré ses moins bons jours.  

Quel est le plus grand défi d'un professionnel des communications aujourd'hui?

Rester sain d’esprit et ne pas s’étourdir.

Comment pensez-vous ou souhaitez-vous influencer l'industrie? Changer les choses?

J’aimerais voir l’industrie être plus audacieuse. J’ai envie qu’elle soit brassée un peu. Qu’elle se rajeunisse et se renouvelle, qu’on lui fasse comprendre qu’elle peut être en santé malgré les chamboulements, qu’on puisse la pousser plus loin. Il faut qu’elle ose et prenne des risques. Les Anglais disent «Normality is a paved road: it’s comfortable to walk but no flowers grow». Je veux vivre entourée de toutes les espèces de fleurs du monde, pas vous?

Changer les choses, c’est complexe – arriver à les rendre plus humaines, c’est possible. 

Qu’est-ce que vous ne serez pas dans 10 ans?

Blasée. J’ai une peur irrationnelle de l’ennui et du malheur.

Je ne veux jamais arrêter de vivre fort. Je désire me réveiller tous les matins, choisir cette vie et en faire quelque chose de remarquable. On a la chance d’avoir cette option. C’est à la fois un fardeau énorme et la plus grande des réalisations. 

Qui est votre plus grand modèle/mentor?

Mon meilleur ami Antoine. Pour toutes les raisons qu’il connaît déjà.

Quelle est votre devise?

«Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait.» – Mark Twain 

Ça me suit partout.

En tête-à-tête avec quelqu’un (mort ou vivant), ce serait avec qui? 

Vivant, Nils Frahm. Mort, Jean-Paul Riopelle.

Quel projet vous rend vert de jalousie?

Pratiquement tout ce qui sort de la boite de production Canada. C’est curated, bien exécuté et de grande qualité.

Quelle est votre plus grande déception?

Il ne faut pas vivre de déceptions parce qu’on a toute la vie pour accomplir ce qu’on gribouille sur notre liste de choses à réaliser.

Comment décrivez-vous votre travail à votre mère?

Tu sais, maman, la pub photo sur le panneau de l'autoroute 40 en chemin vers le chalet, avec un faux ours polaire, une armée de soldats, des oiseaux en origami? Ferme tes yeux et imagine que tout s’est fait par magie.

Pour connaître tous les autres 30/30 Infopresse 2017, consultez notre dossier.

 

Photo: Stephany Hildebrand, de Zetä Production.

 

 

comments powered by Disqus