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​Caroline Néron: l’artiste dragonne

Alors que les entreprises canadiennes tirent de la patte en matière de commerce en ligne, Caroline Néron a su adapter son modèle d’affaires aux nouvelles réalités. Résultat: après 13 ans dans la création de bijoux et d'accessoires mode, elle compte 20 boutiques partout au pays, un site web transactionnel et 200 employés. Plein feu sur une femme d’affaires dont le parcours l’a menée à être dragonne à l’émission Dans l’œil du dragon.

Femme d’affaires artiste… et vice-versa

Si pour le public et une partie de la critique, sa participation à Dans l’œil du dragonla consacrait dans son rôle de femme d’affaires accomplie, pour Caroline Néron, cela lui confirmait sa capacité stratégique. «De voir qu’en trois mois, j’arrivais à amener de jeunes entreprises à passer à un autre niveau en les aidant à raffiner leurs produits, leur stratégie de marketing et leur développement des affaires, c’est ce que je considérais comme ma consécration.»

FEMME D’AFFAIRES, C’ÉTAIT BIEN LOIN DE MOI, ET MÊME SI J’AI TOUJOURS EU L’INSTINCT D’ENTREPRENEURE, JE L’AI REPOUSSÉ PENDANT LONGTEMPS.

Même si elle adore donner des conseils et lancer des idées, elle était loin de se douter qu’elle en arriverait là un jour, elle qui semblait toute destinée à être comédienne. «Depuis que j’ai cinq ans que je désirais être une artiste, actrice, chanteuse, se remémore-t-elle. Femme d’affaires, c’était bien loin de moi, et même si j’ai toujours eu l’instinct d’entrepreneure, je l’ai repoussé pendant longtemps.»

Malgré une carrière de comédienne ponctuée de succès où elle a tenu des premiers rôles dans sept téléséries, dont Cover Me à CBC ou encore Diva et Tribu.com à TVA, l’artiste sentait une attirance vers les projets où elle ne serait pas freinée par les budgets et où elle pourrait être maîtresse de ses décisions.

L’idée de lancer son entreprise de bijoux a germé lors d’un voyage à Las Vegas. «C’est vite devenu un projet qui m’a passionnée et j’ai graduellement commencé à prendre moins de contrats de comédienne.» Après un deuxième album moins bien accueilli par la critique, l’entreprise a pris plus de place. Peu de temps après, elle ouvrait directement un petit point de vente aux Ailes de la mode. L’évolution a été rapide: de la vente à son propre domicile où ses armoires de cuisine servaient de présentation aux bijoux, elle a embauché une première vendeuse et un designer, puis a vu son chiffre d’affaires grossir.  

Une vision internationale dès le départ

Caroline Néron a toujours caressé l’ambition d’avoir une carrière internationale. «J’ai changé cinq fois de gérants dans ma vie, dit-elle. Je cherchais un René Angelil qui verrait aussi grand que moi. Je ne l’ai jamais trouvé. Alors, je me suis prise en main moi-même.»

Elle a donc tenté de percer à l’international, notamment en Europe où c’est plus difficile d’entrer sur le marché. «Ça ne va jamais assez vite pour moi.» L’entreprise faisait partie d’une grande chaîne de magasins appartenant à Swarovski, qui prévoyait un immense plan d’expansion. Des 30 magasins qu’elle possédait en Europe, il n’en reste que trois.

Caroline Néron juge que l’Europe n’a pas la même façon de brasser des affaires que les Américains, dont la philosophie est plus près de la nôtre. «Notre développement se déroule très bien de ce côté», précise-t-elle.

Son plus grand défi à l’international demeure la présence sur le terrain, encore nécessaire même avec les plateformes web. Cela requiert des déplacements un peu partout dans le monde, avec tout ce que cela signifie comme aménagement de son temps lorsqu’on est parent.

Un marketing tourné vers l’authenticité

Les stratégies de marketing ont beaucoup évolué depuis ses débuts. «On ne peut plus planifier notre marketing pour l’automne en se disant qu’on va en faire la promotion sur des panneaux-réclame, souligne-t-elle. Maintenant, l'on shoote tous les jours avec les réseaux sociaux. Il faut constamment trouver des idées originales et être proactifs.»

LA NOUVELLE GÉNÉRATION VEUT ADHÉRER À UNE MARQUE, MAIS ELLE DÉSIRE CONNAÎTRE LE MODE DE VIE ET LES VALEURS QUI S’Y RATTACHENT.

Selon Caroline Néron, cette nouvelle façon de faire oblige les entreprises à être plus honnêtes, c’est-à-dire à partager leurs valeurs en allant au-delà de l’image. «La nouvelle génération veut adhérer à une marque, mais elle désire connaître le mode de vie et les valeurs qui s’y rattachent.»

Commerce électronique contre point de vente

Avec des géants comme Amazon qui dominent le marché du commerce en ligne, les entreprises qui comptent plusieurs points de vente peuvent peiner à faire des profits en raison des coûts fixes. Pour Caroline Néron, les magasins restent les plus payants par rapport aux ventes en ligne et celles en distribution.

«Chaque segment a une influence sur l’autre.» Par exemple, un consommateur qui se rend en boutique et achète un bijou reviendra chez lui, et ceux qui l’auront aimé se rendront en ligne. «L'accent sera mis sur le web et non le détail, comme on a 50% d’exploitation dans cette avenue.» Elle rappelle que les points de vente requièrent beaucoup de financement, en plus d’avoir à assurer une présence marketing sur le marché. «Le marketing, c’est toujours une question de financement.»

Les stratégies de vente au détail ont énormément changé avec les plateformes en ligne. «Avant, le but était d’avoir des points de vente partout. Maintenant, il s’agit d’en avoir trois ou quatre bien placés dans les grandes villes.»

Consultez le dossier complet des personnalités Infopresse 2017.

*Photo:

Photographe: Geneviève Caron (FH-Studio)
Maison de production: FH Studio
Production: Charles Massicotte
Coordonnation à la production: Michel Beauchemin
Production exécutive: Fayçal Hajji
Assistance à la photo: Philippe-Michel Desrosiers
HMUA: Éloïse Bourbeau
Stylisme: Léa Grantham
​Direction artistique de plateau: Jeremy Sandor & Eric Chiasson

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