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Sommet mondial du design: la créativité à l’ère de la transdisciplinarité

Le nouveau Sommet mondial du design qui se tiendra au Palais des congrès, du 16 au 25 octobre, se donne tout un défi: «réaffirmer  Montréal comme ville Unesco de design», la seule à avoir reçu ce titre au Canada. Explications de Benoit Giguère et Hélène Godin sur cette première mondiale.

Montréal jouit d’un important bassin de professionnels du design réputés mondialement, sans compter ses institutions d’enseignement et de recherche. En plus d’être la première ville en Amérique du Nord à avoir nommé un commissaire au design, elle est, depuis 2006, une «Ville Unesco de design», aux côtés de Berlin et de Nagoya.

C’est ce qui a servi un peu de toile de fond pour lancer le Sommet mondial du design, du 16 au 25 octobre, sous le thème Provoquer le changement par le design. L’événement réunira des professionnels de partout qui œuvrent dans les six disciplines du design: architecture, architecture de paysage, urbanisme, design graphique, industriel et d’intérieur.

«De toutes les disciplines confondues, l’importance de la créativité pour changer le monde est ce qui a mobilisé le plus d’acteurs autour de cet événement.» – Hélène godin

«De toutes les disciplines confondues, l’importance de la créativité pour changer le monde est ce qui a mobilisé le plus d’acteurs autour de cet événement», explique Hélène Godin, chef de la création, vice-présidente et cofondatrice de l’école des sciences de la créativité Factry.

Un programme ambitieux

L’événement d’une semaine et demie comprend trois volets: une exposition, un sommet et un congrès. L’exposition présentera les principales innovations et solutions en matière de design de plus de 350 exposants. Le Sommet réunira jusqu’à 50 organisations internationales qui entérineront la Première déclaration mondiale du design et rédigeront un plan d’action de 10 ans pour faire face aux futurs défis mondiaux. Enfin, le Congrès, du 16 au 19 octobre, comptera plus de 650 conférenciers experts qui traiteront de sujets liés aux six disciplines du design.

BENOIT GIGUÈRE

SOCIÉTÉ DES DESIGNERS GRAPHIQUES DU QUÉBEC

 

Il faut toutefois bien distinguer le Sommet et le Congrès. «Le Sommet réunit les grandes instances internationales du design, et celui-ci avait lieu en Corée du Sud l’an dernier», explique Benoit Giguère, président de la Société des designers graphiques du Québec (SDGQ), directeur principal, design, interactivité et expérience utilisateur de La Presse et membre du conseil d'administration du Sommet. L’événement a ainsi été amené à Montréal. «On lui a cependant greffé un congrès qui se démarque de ce qui se fait normalement dans le design et les communications puisqu’il s’agit d’un congrès à caractère scientifique.»

Il souligne cette distinction par une comparaison avec le festival South by Southwest, où les conférences prennent plus la forme de présentations de portfolios d’entrepreneurs ou d’entreprises. «Nous souhaitions plutôt proposer une réflexion fondamentale sur tous les enjeux du design par rapport à la société en général.»

Des comités scientifiques pour sélectionner des experts

Des comités scientifiques ont été formés pour chaque discipline afin de chercher ce qui se faisait à l'international, puis de sélectionner les conférenciers. Les appels de candidatures venaient d’un peu partout. Hélène Godin présidait le comité central événement en design graphique au Sommet. Son rôle consistait à coller tous les morceaux pour que l’événement parle à toutes les disciplines.

«Le sommet devrait nous permettre de repositionner le design comme étant un élément essentiel pour trouver des solutions nouvelles pour la société et les entreprises.» – Hélène godin

Les conférenciers choisis sont aussi moins ceux qu’on rencontre dans les autres congrès en design: il y a beaucoup de chercheurs, mais aussi des gens de l’industrie, comme Ginette Caron, une Montréalaise maintenant installée à Milan et qui a notamment travaillé pour Benetton et Prada. Toutes les personnes choisies devaient toutefois proposer des sujets qui s’inscrivaient dans les thèmes du Sommet.

Un événement transdisciplinaire

Comme les rôles des designers sont en profonde mutation, les réflexions en amont du Sommet tournaient beaucoup autour de la présence des designers dans les postes stratégiques et de la décentralisation de ce métier. «De moins en moins de designers travailleront dans des boîtes de design. Ils joueront plutôt des rôles stratégiques, précise Hélène Godin. Le Sommet devrait nous permettre de repositionner le design comme un élément essentiel afin de trouver des solutions nouvelles pour la société et les entreprises.»

hélène godin

Factry

Même si les six disciplines du design seront couvertes, les conférences, elles, les mélangeront. Le but consiste en effet à ce qu’un architecte s’intéresse à des problématiques de design graphique et vice-versa, pour ne nommer que ces domaines. «Nous croyons que dans un avenir à court terme, il n’y aura plus de place pour les silos et que l’avenir reposera sur la transdisciplinarité», estime Benoit Giguère.


L'événement compte devenir une biennale «qui perdura dans le temps, mais qui deviendra également l’héritage de Montréal», soutient Benoit Giguère. Ce métissage s’observe déjà dans l’industrie, où des entreprises comme Sid Lee, Lg2 et, plus récemment, Havas Montréal ont ajouté un volet architecture à leur marque. «On ne fait plus une campagne de publicité ou de marketing, on fait de l’événementiel, de l’expérientiel et l'on passe par des plateformes numériques.»

Consultez la programmation complète sur le site web du Sommet.

 

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