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Gabriel Pontbriand: des histoires mises en lumière

Passionné par l’éclairage depuis son tout jeune âge, Gabriel Pontbriand n’aurait jamais pu se douter qu’il agirait comme directeur de création pour l’imposant projet d’illumination du pont Jacques-Cartier, dévoilé en mai dernier dans le cadre du 375e anniversaire de Montréal.  

«À l'école secondaire, j’ai vu une lumière ronde qui projetait carrée, et j’ai tout de suite voulu savoir pourquoi. J’avais 13 ans et c’est devenu une passion presque maladive», se souvient Gabriel Pontbriand. C'est cependant quelques années plus tard, alors qu'il a fait la rencontre inattendue de Jean Leloup dans un café, que sa carrière a pris son envol. Cet heureux hasard lui a permis de collaborer avec le chanteur québécois pendant longtemps avant d'agir à titre de concepteur multimédia auprès de plusieurs autres artistes de renom, dont Yann Perreau, Ariane Moffatt et Daniel Bélanger. 

«LE PREMIER FORESTA N'ÉTAIT AUCUNEMENT PROFITABLE, MAIS IL NOUS A PERMIS D’ALLER PLUS LOIN DANS NOS IDÉES. DES GENS DE PARTOUT ONT COMMENCÉ A ÉTUDIÉ CE MODÈLE.» 

Le pont d’art

C'est à l’emploi de Moment Factory depuis près d’une décennie que Gabriel Pontbriand s’est fait approcher, il y a cinq ans, pour faire partie du projet Connexions vivantes. «Le but était d'assembler toute l’expertise en design d'éclairage d’ici afin de créer à partir du pont Jacques-Cartier une œuvre d'art lumineuse qui allait nous rendre fiers en tant que Montréalais pour les prochaines années.» 

Malgré les nombreuses contraintes qui ont complexifié la réalisation d'un tel projet, le spécialiste admet que les valves de la créativité ont été ouvertes dès le début pour produire une œuvre innovante. «Après deux ou trois mois de folies, on a constaté que nos idées superflues n'apportaient pas de valeur ajoutée au projet. On a tout évacué pour miser davantage sur le côté intemporel, iconique et vivant du pont. Mais c'est lorsqu'on a ajouté le data qu'on a pu extrapoler nos idées. Il nous fallait créer une œuvre qui allait évoluer au fil du temps et des saisons.» C'est donc grâce à des métadonnées recueillies à partir de bulletins de météo, de la circulation routière et des discussions sur les réseaux sociaux que le pont s'illumine chaque soir avec une teinte différente.

Au coût de 40 millions$, l'ouvrage colossal a réuni plus de 250 personnes provenant de sept studios multimédias, ayant mis main à la pâte (et au pont) pour concevoir, au final, un spectacle qui illuminera la structure, soir après soir, pour les 10 prochaines années. «On s’est assuré que tout le monde soit engagé, et chaque équipe a trouvé son créneau. L’échange a été super enrichissant, et même si l'on a eu quelques divergences d’opinions, les conversations ont fait aboutir le projet.» 

D’un projet à l’autre

Gabriel Pontbriand doit souvent jongler avec pas moins de huit projets en même temps en tête. Pour naviguer d’un à l’autre il doit faire preuve de beaucoup de rigueur et d’une concentration exemplaire. «Pour passer du pont à Lumina, par exemple, mon cerveau devait être divisé en deux. La direction de création d’un pont et d’une forêt sont deux choses complètement différentes et les enjeux sont incomparables. J'ai eu la chance d'avoir un mentor en création, qui m'a enseigné l'importance de rester concentré et de surtout bien m'organiser.»

Plus que du divertissement, les Lumina sont des parcours immersifs sons et lumières qui génèrent un réel impact économique sur les lieux où ils sont établis. Après une première incursion à Coaticook en 2014 avec Foresta Lumina, quatre itérations ont vu le jour depuis, dont plus récemment Tonga Lumina à Tremblant. «Le premier Foresta n'était aucunement profitable, mais il nous a permis d’aller plus loin avec nos idées. Des gens de partout ont commencé à étudier ce modèle. En plus d'amener plus de gens dans les villes, on a donné une seconde vie aux lieux où l'on s'est implanté. Les villes et les associations touristiques ont vu un potentiel pour en faire un réel produit.» 

«J’AVAIS 13 ANS ET C’EST DEVENU UNE PASSION PRESQUE MALADIVE.»

Le directeur de création continuera de faire le pont, justement, entre les différents projets au cours de la prochaine année, tout en cherchant à élaborer de nouveaux formats. «Ç'a été une année super intense. Je suis nouvellement papa, on a livré le pont, conçu une nouvelle entité pour les forêts. De nouveaux marchés s'ouvrent à nous, comme les États-Unis et l'Asie, et l'on se demande toujours comment s'y prendre pour demeurer des chefs de file dans notre industrie.» D'ailleurs, l'idée de créer des forêts à pile sans électricité serait déjà en cours de développement.

S'il se dit sur un bon élan Gabriel Pontbriand s'estime surtout chanceux de pouvoir travailler à des projets avec le potentiel de faire rêver les gens, dont lui-même. «Je travaille chez Moment Factory depuis 15 ans, et je me pince encore chaque jour.»

Consultez le dossier complet des personnalités Infopresse 2017.

*Photo:

Photographe: Geneviève Caron (FH-Studio)
Maison de production: FH Studio
Production: Charles Massicotte
Coordonnation à la production: Michel Beauchemin
Production exécutive: Fayçal Hajji
Assistance à la photo: Philippe-Michel Desrosiers
HMUA: Éloïse Bourbeau
Stylisme: Léa Grantham
​Direction artistique de plateau: Jeremy Sandor & Eric Chiasson

 

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