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Des marques américaines s'engagent auprès des réfugiés

Le décret signé par le président américain Donald Trump vendredi dernier, qui bloque l'entrée aux États-Unis à certains voyageurs et immigrants de sept pays à prédominance musulmane, a fait réagir différentes marques. Survol sur celles ayant posé des actions en réponse à cette décision controversée.

Lyft: l'entreprise concurrente d'Uber, qui propose une application offrant un service de covoiturage, s'est vite positionnée contre le décret présidentiel de vendredi dernier.

«Depuis ses débuts, Lyft a travaillé très fort afin de créer une communauté inclusive, diversifiée et conscientisée, où chaque chauffeur et passager se sent bienvenue et respecté, a déclaré Logan Green, président et directeur général de l'entreprise, samedi dernier à Recode. Bannir l'accès aux États-Unis à des gens d'une certaine religion est immoral, autant selon les valeurs de Lyft que celles de notre nation.»

Le lendemain, l'entreprise s'est engagée à version un million$US sur quatre ans à ACLU (Union américaine pour les libertés civile), dont la mission est de défendre et de préserver les droits et les libertés se trouvant dans la Constitution américaine.

Airbnb: Brian Chesky, président et directeur général de l'entreprise, s'est tourné vers Twitter pour exprimer sa frustration, allant même jusqu'à offrir de l'hébergement gratuit à «tous ceux pas admis aux États-Unis» à la suite du décret présidentiel.

Starbucks: Howard Schultz, président et directeur général de Starbucks, a pris la parole dimanche pour dévoiler l'intention de l'entreprise d'engager 10 000 réfugiés dans les cinq prochaines années, dans 75 pays. L'entreprise a aussi dévoilé un communiqué faisant état du besoin de «préserver les valeurs de Starbucks» en ces «temps incertains», ajoutant que l'organisation aiderait «de toute façon possible» ses employés touchés par le décret présidentiel de vendredi dernier.

Google: «Nous sommes inquiets de l'impact de ce décret et de toute proposition qui pourrait imposer des restrictions sur des Googlers ou leurs familles, ou qui pourrait créer des barrières à l'arrivée de grands talents aux États-Unis», a déclaré l'entreprise à Bloomberg.

Un de cofondateurs de Google, Sergey Brin, a été aperçu à la marche de protestation au décret tenue samedi à l'aéroport de San Francisco, se présentant lui-même comme un réfugié.

Selon le quotidien USA Today, Google a aussi créé, en réponse à ce décret, un «fonds de crise» de deux millions$US, auquel ses employés peuvent également contribuer pour atteindre un total de quatre millions$US. Cet argent sera ensuite redistribué à quatre organisations, dont l'Union américaine pour les libertés civiles et l'Agence des Nations unies pour les réfugiés.

Lundi, Google a aussi recouru à son populaire «doodle» qui chapeaute la page d'accueil de son moteur de recherche pour célébrer Fred Korematsu, un Américain d'origine japonaise qui a lutté contre l'internement des Japonais-américains en sol américain lors de la Deuxième Guerre mondiale, en soutien à la communauté musulmane.

Uber: l'entreprise s'est engagée à compenser, au cours des trois prochains mois, ses chauffeurs coincés aux frontières à la suite du décret de Donald Trump. Quant à son président et directeur général, Travis Kalanick, il s'est exprimé sur Facebook pour déclarer que «ce décret affecte plusieurs personnes innocentes, un enjeu que je vais soulever personnellement ce vendredi lorsque je me rendrai à Washington pour rencontrer Donald Trump».

Mentionnons toutefois qu'Uber a affronté une forte vague de protestation, après sa décision de suspendre sa politique de «tarification dynamique» («surge pricing», en anglais) samedi dernier. Voici le fil des événements:

- en signe de solidarité, l'organisation New York Taxi Workers Alliance (NYTWA) a incité ses chauffeurs affiliés, dont une grande portion sont de confession musulmane, ainsi que ceux d’Uber et de Lyft, à ne prendre aucun client à l’aéroport JFK pendant le rassemblement en protestation au décret de Donald Trump;

- peu de temps après le début de la grève, comme le rapporte BuzzFeed, Uber a envoyé un tweet précisant à ses clients que sa hausse des prix avait été suspendue. Mais comme la tarification dynamique d'Uber provoque une hausse des prix lorsque la demande est élevée, la suspension de la tarification dynamique a été perçue par certains comme un moyen d’affaiblissement de la grève de NYTWA;

- résultat: un mot-clic intitulé #deleteUber a enflammé internet, où plusieurs internautes ont publié des captures d'écran sur lesquelles ont pouvait les voir supprimer l'application Uber de leur téléphone, désactiver leur compte et s'en prendre directement à l'entreprise pour son manque de soutien.

À la suite de cette dérive, Uber a fait son mea culpa, sous la forme de la promesse d'un don de trois millions$US pour épauler les chauffeurs de taxi dans le besoin d'une aide juridique dans le cadre de cette histoire de décret présidentiel.

Finalement, d'autres entreprises, comme Twitter, Netflix, Facebook, Tesla et Amazon, ont aussi exprimé leur désarroi, sans toutefois prendre d'action concrète pour accompagner leurs prises de position.

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