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Le bien-être à tout prix?

À l'instar de grandes entités comme Google, de plus en plus d'entreprises locales s'intéressent au bien-être de leurs employés. Quels sont les bénéfices réels d'une telle approche et pourquoi investir? L'avis de Simon de Baene, président et cofondateur de Gsoft.

Une étude de l'économiste Eugenio Proto de l'Université Warwick’s, publiée en décembre, le confirmait, le bonheur et le bien-être en milieu de travail mènent à une augmentation de la productivité des employés et les incite à investir plus de temps dans les tâches créatives.

«PLUSIEURS ORGANISATIONS, SINON LA GRANDE MAJORITÉ, ONT, À LEUR MANIÈRE, UNE CONTRIBUTION À AMENER À LA SOCIÉTÉ. MAIS ELLES NE PRENNENT PAS LE TEMPS DE LE COMMUNIQUER, DE LE DÉFINIR.»

Pour Simon de Baene, pas besoin de voir des chiffres, il lui a toujours semblé évident que pour une entreprise comme Gsoft, spécialisée en développement de logiciels qui visent à améliorer la vie des gens au travail, la créativité allait d'abord être propulsée «par des gens qui ont envie de se lever le matin». D'où la mission de l'entreprise d'avoir un impact positif, pour le milieu et ceux qui y travaillent. Et l'impression que plusieurs suivront le pas.

Penser en amont de la marque-employeur

Pour abattre le travail qui attend ceux qui travaillent pour des projets ambitieux, compliqués, il faut que les employés soient motivés. De l'avis de Simon de Baene, s'il est impossible de contrôler toutes les variables de l'humeur des employés, il est au moins possible en tant qu’organisation de rassembler toutes les conditions optimales au bien-être. 

Et pour motiver les troupes, en plus de leur offrir de bonnes conditions, il est important de faire savoir aux employés qu'ils jouent un rôle non négligeable dans l'entreprise et dans la société. «Les employés chez Google ou Space x ont certainement l’impression qu’ils font une différence dans le monde, peu importe leur apport précis. Ces organisations ont de grandes missions, mais plusieurs, sinon la grande majorité, ont, à leur manière, une contribution à amener à la société. Mais elles ne prennent pas le temps de le communiquer, le définir.»

SIMON DE BAENE

GSOFT

Ce pourquoi le bien-être passe aussi par le fait de communiquer une mission qui inspire et donne envie aux gens de contribuer. À partir de ce moment, il est simple de développer un beau site web, de créer des ambassadeurs, etc. selon Simon de Baene. «À mon avis, la marque-employeur vient en bout de piste. C’est du marketing, pas une action proactive. Je trouve ça opportuniste. On parle de plus en plus de cette question du bien-être, mais beaucoup d’entreprises n’ont pas pris le pas. Il ne faut pas juste s'intéresser à la tendance, mais comprendre ce qu'elle sous-entend, puis l'adapter à sa situation. C’est un modèle efficace économiquement et intéressant pour la société.»

Le bien-être, ça coûte cher?

Gsoft est particulièrement généreuse vue de l'extérieur: voyage annuel aux Bahamas, déjeuners Oatbox offerts, vacances illimitées, montant alloué pour le sport, etc. Et pourtant, selon son dirigeant, ces avantages ne sont pas en haut de la liste de ce que les employés préfèrent. Ils nommeront d'abord leurs collègues et l’impression de changer la donne. 

«Oui, nous offrons des choses qui coûtent objectivement cher, mais beaucoup qui ne coûtent rien, également. Permettre aux employés de commettre des erreurs, les responsabiliser, offrir un climat dans lequel il est permis d'être soi-même et d’essayer des choses, c’est gratuit.» Et certaines choses coûtent peu. Interrogés sur la chose offerte qu'ils préféraient, les gens de Gsoft ont répondu... le panier à fruits.

«C’EST UN MODÈLE EFFICACE ÉCONOMIQUEMENT ET INTÉRESSANT POUR LA SOCIÉTÉ.»

Cela fait dire à Simon de Baene que si les bénéfices matériels sont appréciés, dans le fond, il y a quelque chose de plus important sous-entendu par ces cadeaux, soit la confiance et la reconnaissance. 

Évidemment, les bénéfices sont proposés à la hauteur des moyens de l'entreprise. Mais encore là, avant de donner, il faut croire. «En 2010, nous n’avions pas les moyens d'offrir des bénéfices extravagants, mais déjà, nous voulions créer le meilleur milieu de travail au Québec. Surprise, depuis ce moment, les choses se passent bien. Nous avions compris que les gens font la boîte.»

S’habituer à dire oui

Au-delà du bien-être cependant, il serait important d'adopter une posture mentale permettant d'essayer et collatéralement, d'innover. 

Chez Gsoft, les avantages se sont accumulés au fil du temps, mais jamais sans réflexion et toujours dans une remise en question constante. Ainsi, l'entreprise étant versée dans la technologie, les dirigeants ont observé l'importance de bouger pour les employés afin de réduire les occurrences de maladies et les baisses de performance. Ils ont ainsi mis en place les outils nécessaires pour remédier au problème, non sans changer de formule en cours de route. La seule constante, explique Simon de Baene, c’est le changement. Et c'est en remettant constamment en question les manières de faire que la question du bien-être est toujours remise de l'avant.

«C’est plus facile de repousser et de dire non. Pourtant, souvent, ça coûte des peanuts de dire oui et c’est peu engageant. Nous avons mis des gens en place pour permettre cela. Une équipe axée sur la culture, le marketing interne. On n'avait pas ça au début, mais la base y était. Comme pour d'autres aspects, il faut simplement reconnaître le besoin et l'adresser. Mais c'est la partie difficile, Les gens aiment se mettre des contraintes.»

Cet article fait partie du dossier Dix tendances marketing à surveiller en 2017.

Image de couverture: Gsoft

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