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Réalité virtuelle et augmentée: prochain eldorado des marques?

Les technologies de réalité augmentée et virtuelle (RA et RV) représentent des avenues inévitables pour les marketeurs cette année, selon Warc. Pour Sébastien Guy et Lionel Pardin de l'agence Rouge on Blue, 2017 pourrait même être une «plaque tournante» en la matière.

Warc Toolkit 2017, produit en collaboration avec Deloitte Digital, est un rapport qui fait état des tendances en communications-marketing à surveiller cette année. Les technologies RA et RV y sont décrites comme des alternatives publicitaires à considérer sans attendre pour les marketeurs. «La RA et la RV ne sont pas de nouvelles technologies, mais elles ont émergé en 2016 en tant que plateformes publicitaires. Alors que le marché et l'espace publicitaires sont de plus en plus saturés, les expériences qui se démarquent s'annoncent porteuses d'une valeur grandissante pour les marques», indique le rapport.

sébastien guy

rouge on blue

Ce constat rejoint celui de Sébastien Guy, vice-président, création et nouveaux médias, de l'agence numérique Rouge on Blue. «2016 aura un peu sonné le réveil des marques envers ces technologies, remises au goût du jour par la popularité de Pokémon Go. Avec le succès de ce jeu, les marques ont peut-être ouvert les yeux sur une nouvelle façon, issue du jeu, de fidéliser les utilisateurs.»

Fidéliser. Un objectif sempiternel pour les marques et qui pourrait bien devenir la clé de voûte des investissements publicitaires dans les technologies de réalité virtuelle et augmentée. «En 2017, je pense que les technologies 3D seront utilisées plus fréquemment afin de créer des expériences interactives sur des plateformes web», avance Lionel Pardin, fondateur de Rouge on Blue. Il cite en exemple l'initiative Window Wonderland with Google, dévoilée à la fin de 2016 et qui permet de visiter virtuellement les vitrines de grands magasins new-yorkais, comme Macy's ou Bloomingdale's.

lionel pardin

rouge on blue

Pour les deux partenaires, l'idée arrive toutefois un peu à court. L'ajout d'un mode vente à une initiative du genre, par exemple, aurait pu bonifier l'aspect créatif de l'expérience... tout en favorisant la fidélisation des utilisateurs. «Il faudrait vraiment que les marques commencent à faire du transactionnel en RV, il y a un potentiel énorme là-dedans», avertit Lionel Pardin.

Une année «plaque tournante»

Alors, qu'est-ce qui explique l'absence d'initiatives transactionnelles en RV, un manque d'envie ou un manque d'argent? Pour Sébastien Guy, la vitesse (ou la lenteur) des investissements dans cette technologie s'explique entre autres par le portefeuille des consommateurs.

«Ce qui ralentiT cette technologie, c'est sa faible pénétration du marché. Le prix des appareils de RV est trop élevé, et ils ne sont pas conçus pour le grand public.»

«Ce qui ralentit cette technologie, c'est sa faible pénétration du marché. Le prix des appareils de RV est trop élevé, et ils ne sont pas conçus pour le grand public». Des propos corroborés par Lionel Pardin: «C'est l'œuf ou la poule: les marques n'osent pas investir massivement, parce que les familles ne sont pas équipées en RV, et les familles ne s'équipent pas, parce les marques proposent encore très peu d'expériences intéressantes.»

«La RV peut permettre de réaliser des coups d'éclat à moindres frais.»

Pourtant, au chapitre des coûts, les technologies RA et RV pourraient contribuer à réduire les factures publicitaires des marques, observe Sébastien Guy. «La réalité virtuelle ou augmentée peut permettre de réaliser des coups d'éclat à moindres frais. Par exemple, une marque pourrait faire l'habillage complet d'un quartier ou d'une façade en employant la réalité augmentée, une opération beaucoup moins onéreuse à produire de façon virtuelle.»

Malgré les promesses de ces technologies, les deux partenaires s'entendent pour dire que 2017 ne s'annonce pas comme «complètement» comme celle de la RV, mais qu'elle devrait néanmoins voir poindre à l'horizon des premiers coups d'éclat dignes de mention. «Pour le dire simplement, 2017 s'annonce plutôt comme une année plaque tournante en la matière», conclut Sébastien Guy.

En couverture, illustration courtoisie de Rouge on Blue.

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