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Série 100% médias: les investissements en numérique au sommet

À l’occasion du RDV Média, le 15 septembre, Infopresse présente les principaux chiffres des investissements publicitaires au Québec, expliqués par Dave Gourde de Bleublancrouge.
 

Le numérique, plus populaire que la télévision

En 2015, les investissements publicitaires québécois en numérique ont dépassé, pour la première fois, ceux à la télévision. Alors que l’argent investi en numérique a augmenté de 707 750 000$ en 2014 à 878 636 000$ en 2015, celui à la télévision a baissé de 758 736 342$ en 2014 à 723 387 773$ en 2015.

Et outre la radio, les investissements de tous les autres médias ont également diminué. Les quotidiens sont passés de 629 354 885$ à 525 727 045$, l’affichage de 155 349 273$ à 148 379 673$ et les magazines ont chuté de 139 459 227$ à 122 141 445$. Quant aux investissements en radio, ils sont passés de 148 354 556$ à 150 171 317$.

Selon Dave Gourde, trois facteurs principaux expliquent la migration des dollars vers le numérique: la mesurabilité, présentée ci-haut, l’adoption des technologies mobiles et la diffusion de contenu en direct sur les réseaux sociaux.

Mesurabilité
Les annonceurs veulent maintenant être en mesure d’obtenir des données précises sur les offensives publicitaires qu’ils lancent et sur leur placement média. «Et ce qu’on peut mesurer, ce sont les plateformes numérique», soutient Dave Gourde.

dave gourde

associé et vice-président, médias, de Bleublancrouge

Adoption des technologies mobiles 
«Depuis trois ans, les investissements en mobilité représentent environ 84% des budgets publicitaires de la plateforme Facebook», explique Dave Gourde. Ce chiffre, selon lui, est représentatif de la place de plus en plus imposante que prend la mobilité dans le comportement médias des consommateurs et, de ce fait, dans les investissements des annonceurs. «La concentration des investissements sur l'appareil mobile représente un indice assez révélateur de la transformation de la façon dont on consomme le contenu.»

Diffusion en continu et en direct 
Si la diffusion de contenu en direct était présente depuis quelques années sur Twitter, elle est récemment entrée sur Facebook. «Et Facebook est un joueur important: l'on ne connaît jamais les mêmes niveaux de portée sur Twitter que sur Facebook. Donc, cette arrivée du direct sur Facebook chambarde les standards et affecte la façon dont on investit les dollars quand vient le temps de soutenir du contenu vidéo.»

«Éventuellement, les réseaux sociaux seront à même de négocier l’exclusivité de la diffusion d’événements majeurs dans le monde.»

D’ailleurs, les derniers mois ont été témoins des premières avancées des réseaux sociaux en matière de diffusion d’événements majeurs en direct, jusqu’ici chasse gardée de la télévision. Twitter a annoncé avoir obtenu les droits de diffusion des parties de la Ligue nationale de football (LNF) le jeudi soir. «C’est la première fois qu’on accorde des droits de présentation de certains matchs à un réseau social sur une année complète. Éventuellement, les réseaux sociaux seront à même de négocier l’exclusivité de la diffusion d’événements majeurs dans le monde.»

hillary clinton lors de la convention nationale démocrate de cet été

De son côté, Facebook a aussi prouvé sa compétitivité en matière de diffusion en direct. En juillet, le réseau télévisé ABC y a présenté en direct l’entièreté de la Convention nationale démocrate, un événement politique de grande envergure aux États-Unis. Cette initiative a généré 28 millions de visionnements sur Facebook. 

«C’est comparable à ce que cet événement peut générer sur les chaînes télévisées traditionnelles aux États-Unis. On atteint donc un niveau de parité qu’on ne connaissait pas avant entre la télé et le numérique en matière de contenu vidéo. C’est de la consommation de masse.»

Qui plus est, en août dernier, Facebook a annoncé qu’il permettait maintenant aux annonceurs d’intégrer des mid-rolls de 15 secondes et moins dans les vidéos en direct.

Bilan

Enfin, Dave Gourde insiste sur un point: si 2015 est la première année où les investissements publicitaires en numérique sont les plus importants, la tendance devrait s’accentuer plus vite que prévu. «Le processus est enclenché et, une fois cette étape passée, c’est très difficile de revenir à ce qui se faisait avant.»

Ces chiffres sont tirés d'une série de données du Guide annuel des médias 2017 disponible dès maintenant, à l'occasion du RDV Média.

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