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Boutiques «pop-up»: quelles possibilités?

En 2016, Toronto a hébergé de nombreuses boutiques éphémères pour de grands marques comme Ikea et Campbell ou des initiatives comme celle du rappeur Kanye West. Entretien sur le sujet avec Bianca Barbucci, experte indépendante en marketing et expérience-client.

bianca barbucci

Moins présent au Québec, le concept tend à gagner en popularité en raison des multiples avantages qu'il représente pour les annonceurs. 

Comme l'explique Bianca Barbucci, l'un des défis majeurs des détaillants est le coût, souvent prohibitif, des loyers. Dans le principe de boutique éphémère, que le projet soit mobile ou installé dans un endroit loué pour une courte durée, cet épineux problème est évité. Mais il permet également de repenser la relation avec le consommateur. En effet, il renverse la dynamique du client qui va à la boutique; c'est plutôt la boutique qui va à la rencontre de la cible. Cet avantage permet de profiter d'un effet de surprise, mais également d'offrir un aspect pratique par la proximité.

«LES DÉTAILLANTS COMMENCENT DE PLUS EN PLUS À S’INTÉRESSER AU CONCEPT DE POP-UP POUR COMPLÉMENTER LEUR STRATÉGIE.»

«Je crois que les détaillants commencent de plus en plus à s’intéresser au concept de pop-up pour complémenter leur stratégie. Ce n’est pas pour prendre la place des magasins», souligne Bianca Barbucci. La boutique éphémère ne répond pas non plus aux mêmes besoins que les installations permanentes selon l'experte. Les boutiques éphémères, par leur petite taille, permettent d'expérimenter, de mener des tests de marchandise et de changer d'espace physique (et de cible, par conséquent). Elles peuvent aussi être utilisées en tant que comptoir de service ou que point de cueillette pour les détaillants qui offrent la vente en ligne. «Avec le concept de plus en plus populaire du webrooming, les pop-ups offrent de bons petits points de cueillette et facilitent la vie aux clients tout comme au magasin.»

C'est d'ailleurs dans cette optique que Bianca Barbucci a suggéré la création d'une boutique éphémère à l'Université McGill pour laquelle elle a analysé le modèle de commerce de détail. La nouvelle roulotte de l'établissement, décorée aux couleurs de la librairie, soutient les efforts de vente des deux nouveaux magasins ouverts pour la rentrée ainsi que des points de ramassage nouvellement disséminés sur le campus. Achetée par l'institution, cette boutique mobile pourra être déplacée aux événements sportifs, sur le campus excentré de Ste-Anne-de-Bellevue et dans la ville selon la stratégie établie.

le pop-up de campbell's à toronto

photo: blogto

Y a-t-il des inconvénients à ce modèle? «Il faut garder en tête que si la boutique éphémère est mobile, il faudra demander des permis à la Ville, un processus qui explique possiblement que le modèle prend du temps à s'implanter ici, souligne Bianca Barbucci. L'espace restreint doit être également pris en considération, tout comme le fait que ce n'est pas nécessairement adapté à tous les climats. Mais lorsque c'est possible, ça attire beaucoup de gens.»

 

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