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Réalité virtuelle et augmentée: journalisme ou publicité?

À la chronique Bêtes de pub de cette semaine, Arnaud Granata, éditeur d'Infopresse, et Stéphane Mailhiot, vice-président, stratégie de Havas Worldwide Canada, discutent, entres autres, de l'acquisition de l'agence Fake Love par le quotidien New York Times.

Fake Love est une agence spécialisée dans la production de contenu en réalité virtuelle et augmentée. Ayant déjà travaillé avec le New York Times par le passé, notamment pour des projets diffusés sur son application NYT VR, Fake Love sera dorénavant intégrée à même le département de marketing de contenu du quotidien new-yorkais.

stéphane mailhiot

havas worldwide canade

Cette association a toutefois fait sourciller quelques observateurs, puisque Fake Love sera intégrée au studio de production de contenu de marque du quotidien, et non à sa salle de rédaction, laissant alors présumer que le service sera d'abord mis à la disposition des annonceurs plutôt qu'aux journalistes.

Stéphane Mailhiot indique que l'une des raisons principales expliquant ce choix est de nature financière. En effet, la facture d'un projet en réalité virtuelle est élevée, et les annonceurs devraient être plus disposés à financer la production de ce type de contenu que ne le serait le New York Times, qui oeuvre dans un domaine où les dépenses sont parfois difficiles à assumer.

Arnaud Granata renchérit en expliquant que les journaux font aujourd'hui face à un important défi financier, alors que leurs modèles d'affaires ont changé depuis quelques années. L'apparition de ces studios à l'interne, qui produisent du contenu commandité par des marques, est un bon exemple de cette nouvelle façon de faire, qui se traduit bien souvent par des sections spéciales rédigées par des rédacteurs, au contraire des nouvelles «traditionnelles» produites par des journalistes.

arnaud granata

infopresse

Un certain mélange des genres semble donc en voie de s'installer, rendant de plus en plus difficile, pour les lecteurs, de distinguer qui, du quotidien ou de l'annonceur, paie pour ce type de reportage. L'arrivée de Fake Love au sein d'une division du New York Times risque donc de confondre davantage les lecteurs sur ce qui constitue du contenu rédactionnel, éditorial ou publicitaire.

Stéphane Mailhiot rappelle toutefois que la réalité virtuelle et augmentée représente une expérience immersive qui peut devenir très intéressante pour les annonceurs, tout comme pour le journalisme. Il fait état de différentes études démontrant qu'un «contact» avec un produit, une marque ou un enjeu dans un espace virtuel permet de créer des souvenirs forts, semblables à ceux que l'on bâtit dans la «vraie vie».

Aussi au programme cette semaine: les citoyens canadiens, plus cyniques que jamais; un nouveau jouet qui fait jaser dans les Joyeux festins de McDonald's; et Pokémon Go utilisé pour une bonne cause à Londres.

Retrouvez l'intégralité de la chronique «Bêtes de pub», diffusée à l’émission Médium large de Radio-Canada.

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