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Pleurer ses souvenirs

Catherine D'Amours, directrice artistique et associée chez Nouvelle Administration, présente une première exposition empreinte de nostalgie. Entretien avec l'artiste sur sa démarche et ses motivations. 

Il y a quelques années, Catherine D'Amours a choisi de poursuivre sa carrière en tant que pigiste, avant de fonder le studio Nouvelle Administration. «À l'époque, j’hésitais encore entre pousser le design ou l’illustration. Un directeur artistique m’a clairement dit que je devrais me concentrer sur le design parce que je n’avais pas de talent en illustration. J’ai donc un peu mis de côté tout ça.»

Comment est née cette exposition?
«Durant ma grossesse, on dirait que les soirées ne pouvaient plus être ce qu’elles étaient avant, je ne pouvais plus sortir avec les amis aussi tard. J’ai donc commencé à dessiner. À force d'expérimenter pour le plaisir, j’ai développé un langage graphique que je partageais très modestement sur les réseaux sociaux avec mes amis. En voyant que la réponse était chouette, ça m’a donné envie de continuer. Plus j’avançais dans mes expérimentations de collages, plus je me rendais compte que tout ce que je faisais avait un lien très fort avec la maternité et l’arrivée prochaine de mon fils. L’expo, c’est comme boucler la boucle. C’est rendre toutes ces petites histoires vraies dans un lieu, pour lui. Je le fais vraiment pour lui. »

Pourquoi le titre Pleurer des souvenirs? 
«
Je suis une personne très nostalgique et mélancolique. Alors, c’est certain que mon travail est imprégné de cela. Mais pleurer des souvenirs, c’est vraiment plus en lien avec le deuil qu’on a à faire quand on devient mère. C’est comme si, de façon très claire, on devait laisser aller sa propre enfance pour accueillir celle de l’enfant à venir. C’est un peu ainsi que je me suis sentie dans les premiers jours de sa vie. Il y a aussi beaucoup de souvenirs liés à mon enfance, passée à Trois-Pistoles sur le bord du fleuve. Le grand territoire, voir loin, ça me manque assurément ici, en ville. Toutes ces superpositions se retrouvent dans les collages. Les papiers qui se superposent, les textures. Les colorations inspirées de mon coin de pays. Et le travail illustratif à l’encre noir qui devient comme une fenêtre par-dessus ces mémoires.»

L'aménagement de l'exposition fait également partie de la démarche artistique de Catherine D'Amours, qui a choisi de déconstruire le cube blanc convenu des galeries d'art. «J’avais envie de quelque chose de plus démocratique, plus détendu et surtout moins pris dans un carcan. Il y aura des autocollants qui vont du mur au plancher. Ce n’est pas une expo d’oeuvres encadrées propres au mur.»

Le vernissage de l'exposition Pleurer des souvenirs aura lieu le 22 juin prochain à l'Espace Projet, à Montréal. 

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