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Véro: ces vedettes qui rallient l'auditoire

Radio-Canada a annoncé lundi que l’animatrice Véronique Cloutier reviendra à la télé en janvier prochain pour animer une émission hebdomadaire. Dave Gourde, associé et vice-président médias de Bleublancrouge, revient sur les impératifs de la télé à faire mousser les cotes d'écoute.

«Fidèle à Radio-Canada depuis près de 20 ans, Véronique Cloutier s’illustre dans les concepts les plus divers comme animatrice et comédienne. C’est avec grand plaisir que notre auditoire la retrouvera dans une grande émission de variétés à son image». C'est ainsi que la directrice générale de la télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult, a annoncé la nouvelle émission de Véronique Cloutier, diffusée en janvier 2017.

«Tout le monde est pour la vertu, mais dans les faits, les parts de marché font foi de tout.» 

Une nouvelle réalité télévisuelle
Après trois ans d’absence de Radio-Canada à la suite de son départ des Enfants de la télé, Véronique Cloutier animera une nouvelle émission au titre inconnu. Elle sera la figure centrale de l'émission, axée sur les intérêts et coups de coeur de son animatrice. Les sujets et thèmes seront déclinés en commentaires, parodies et hommages. Véronique Cloutier aura également sa propre chaîne (Véro.tv) sur la plateforme de vidéos en continu Tou.tv, en plus de continuer d'être à la barre du magazine éponyme Véro.

Pour Dave Gourde, s'il est vrai que dans un monde idéal, le mandat de Radio-Canada devrait se limiter à informer adéquatement la population et à faire rayonner les arts et la culture franco-canadienne, la réalité est différente: aujourd'hui, la performance est publiquement scrutée par les médias en fonction des auditoires livrés. C'est dans ce contexte qu'il est tentant de mélanger les genres pour arriver à ses fins. C'est ce que Radio-Canada tente d'accomplir dans un environnement hyper concurrentiel sur le plan de la rentabilité. 

«Tout le monde est pour la vertu, mais dans les faits, les parts de marché font foi de tout. Et à ce chapitre, le téléspectateur ne fait malheureusement pas ses choix d'écoute autour de ce critère. Ce mélange des genres ne connaît pas de frontière, comme le démontre clairement l'émission No reservations du chef Anthony Bourdain, qui utilise le thème de la gastronomie pour traiter de sujets politiques liés à l'actualité à la chaîne américaine CNN. C'est ça, la nouvelle réalité télévisuelle.»

Valeur sûre
Interrogé sur la possible quasi-obligation pour les chaînes de mettre de grands noms à leur programmation, Dave Gourde confirme qu'il existe une forte corrélation entre le casting d'une émission ou série et ses cotes d'écoute. Ce phénomène est particulièrement marqué ici. «Les Québécois sont très attachés à leurs vedettes préférées et cela se transpose sur leurs habitudes de consommation télé. À l'heure où les tentations d'évitement publicitaire sont plus fortes que jamais, les annonceurs sont davantage portés à accorder leur confiance à des vedettes avec un historique de succès d'auditoire. De plus, ils sont même de plus en plus nombreux à intégrer les têtes d'affiche dans leurs concepts publicitaires, question de favoriser la rétention publicitaire.»

«À l'heure où les tentations d'évitement publicitaire sont plus fortes que jamais, les annonceurs sont davantage portés à accorder leur confiance à des vedettes AVEC un historique de succès d'auditoire.»

La diversification n'est plus une option
Certes, le contenu de la chaîne publique change, mais c'est selon Dave Gourde une loi implacable de cette industrie. Il est impossible actuellement de faire face à la musique et de se plier aux lois du marché au risque de s'aliéner, voire de carrément perdre l'intérêt de grands pans de la population. Surtout dans le groupe formé des 18-34 ans, qui se coupe du câble à un rythme accéléré. «Radio-Canada prend le pari audacieux d'offrir le service numérique payant Tou.tv Extra dans le but, justement, de contrer l'effet Netflix avec un contenu adapté à la plateforme, des lancements exclusifs de séries originales et des options de visionnement en rattrapage. On ne peut plus ignorer le phénomène de consommation exclusivement numérique de nos jours, sans quoi l'on se condamne à disparaître.»

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