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Vice de retour au Québec

Le cofondateur de Vice, Suroosh Alvi, l’a annoncé lors de son passage à C2 Montréal mercredi matin.

Si Vice est déjà bien présente au Canada avec son site web et sa chaîne télé Viceland (en partenariat avec Rogers au pays), Vice Québec, dont le contenu sera francophone, sera officiellement lancé cet automne. «Nous aurons bouclé la boucle», souligne Suroosh Alvi, qui a démarré le magazine en 1994 à Montréal, à une époque où, sortant d'une cure de désintoxication, il s’était fixé comme objectif de travailler pour une publication anglophone du type Hour. Si l’hebdo cultuel montréalais a mis la clé dans la porte en 2011, on ne peut pas en dire autant de Vice, qui connaît depuis quelques années une ascension remarquable dans les médias.

«C’est cliché aujourd’hui de parler d’authenticité, mais à l’époque, cette voix, subjective, était polarisante.»

«À l’époque, je voulais remplir un vide, raconter des histoires qui m’importaient, créer du vrai contenu engageant.» Dans la première édition, numérotée «Volume 0. Numéro 0», Suroosh Alvi signait un éditorial candide, qui prônait la recherche d’authenticité: «C’est cliché aujourd’hui de parler d’authenticité, mais à l’époque, cette voix, subjective, était polarisante. Certains endroits refusaient de distribuer notre magazine.»

Vice a finalement trouvé son public auprès des jeunes milléniaux, que les marques et grands médias traditionnels s’arrachent aujourd’hui. Après avoir exploré différents formats pour les joindre (une maison de disques, un éditeur de livres, des magasins de vêtements), c’est par la vidéo que le média a réellement commencé à prendre de l’expansion, notamment avec The Vice Guide To Travel, dont le premier DVD est paru en 2006. On y trouvait notamment un reportage sur le marché des armes à feu au Pakistan, que Suroosh Alvi juge providentiel dans l’expansion de Vice: «Nous produisions ces reportages sans trop y penser… jusqu’au jour où CNN a mis ce reportage sur la page d’accueil de son site web pendant une journée entière. C’était une révélation: un média traditionnel voyait ce que nous faisions comme de l’information. À partir de ce moment, nous avons donné une nouvelle direction à notre entreprise.»

Aujourd’hui, Vice, dont le contenu est déployé en ligne, à la télévision et dans les médias imprimés, est un empire médiatique dont la valeur est estimée à 4,5 milliards$. 

Photo de couverture: Suroosh Alvi (crédit: C2MTL)

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