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Catherine Laporte: la pub... et après?

Recrutée sur les bancs de l’Uqam par Sid Lee, Catherine Laporte était destinée à une carrière fructueuse en publicité. Pendant près de 10 ans, elle a oeuvré dans le domaine, avant de suivre une autre voie et de participer à la conception d’une entreprise bien différente. Portrait d’une artiste-entrepreneure dans la série Ils étaient en pub.

catherine laporte

Un parcours marqué par l’intuition
Catherine Laporte n’a jamais fermé les yeux devant les occasions qui lui étaient présentées. «J’ai toujours su qu’il fallait, à un certain moment, que je fasse autre chose que de la publicité. Sid Lee m'a recrutée à l’Uqam parce que j’avais gagné une bourse. Mon professeur d’illustration était presque fâché que je suive cette voie parce que ça allait me limiter dans mon travail artistique selon lui», précise-t-elle. C’est ainsi que lorsque les gens qui allaient créer le café Trust l’ont approchée pour produire un logo, elle a décidé de se lancer à plein temps dans l’aventure. Trust, un café nouveau genre à Amsterdam, propose le principe «Come as you are, pay as you feel». Pour l’approche sociale, et pour la philosophie portée par l’entreprise, Catherine Laporte a ainsi tout lâché et participé à la fondation de l'établissement.

«Avec Trust, ma pensée a pris un virage. J’aime amorcer des projets et faire partie d’une équipe, mais travailler sous un patron et me faire diriger ne m’intéresse plus.» 

Forte du bagage acquis auprès des entreprises et des designers avec qui elle a travaillé, Catherine Laporte est devenue entrepreneure, à sa manière, dans un projet axé sur l'interaction et une gestion alternative de l’argent. «Cette optique de questionnement m’a toujours intéressée. Et ça donnait un sens au fait d'avoir travaillé en pub si longtemps, car je possédais à ce moment les outils nécessaires pour cette expérience.»

Ce changement a aussi représenté un investissement personnel pour Catherine Laporte, puisqu'elle a utilisé tout son argent gagné en publicité pour la faire vivre lors de cette nouvelle étape.

Même si le café qu’elle a cofondé il y a trois ans, un «parfait terrain de jeu», existe encore, elle a choisi d'essayer encore autre chose et de se pencher désormais sur son art.

«Avec Trust, ma pensée a pris un virage. J’aime amorcer des projets et faire partie d’une équipe, mais travailler sous un patron et me faire diriger ne m’intéresse plus. Ce que je veux partager avec mon travail est plus clair aujourd’hui. Je sais qu’il faut sortir de sa zone de confort et savoir définir ce qu’on veut transmettre.»

La publicité, les plus et les moins
Les années de travail chez Sid Lee l’ont formée, lui ont permis de gagner en assurance, mais aussi de se créer un regard détaché de l’industrie. «Ce qui est drôle avec la pub, c’est la quantité de gens qui y travaillent, mais qui disent qu’ils préfèreraient travailler ailleurs.» Mais selon elle, les avantages du domaine font que ce n’est pas si facile de le quitter. «C’est un monde où il est facile d’avoir du fun, les projets sont excitants, il est possible de gagner des sous, les gens sont beaux, parfois même, tu voyages. Donc, tu te dis que c’est pas mal, mais tu ne fais pas vraiment ce que tu veux.»

«Résoudre des problèmes, les publicitaires ne font que cela. Et lorsqu'on arrive a avoir sa pensée orientée sur la recherche de solutions, il n’y a jamais de problèmes.» 

D’un autre côté, elle admet que c’est une école extraordinaire. La multiplicité des enjeux force, selon elle, les créatifs à s’ajuster constamment, et les présentations à structurer la pensée de manière très précise. «Résoudre des problèmes, les publicitaires ne font que cela. Et lorsque l'on arrive à avoir sa pensée orientée sur la recherche de solutions, il n’y a jamais de problèmes. C’est ce que je préférais en pub, comprendre le problème, puis m’ajuster. » Pour en avoir fait l’expérience, Catherine Laporte sait mieux que quiconque que le travail en publicité inculque une méthode de travail plus structurée et plus efficace. Un aspect pratique pour bâtir une entreprise qui nécessite la création d’un menu, une stratégie de réseaux sociaux, un travail physique… «Ma structure mentale me permettait de tout faire et mon expérience de savoir comment.»

La créativité, pour Catherine Laporte a été décuplée par le fait de quitter une industrie dite... créative. «En publicité, l’idée est toujours diluée. Chacun a son point de vue à faire valoir, des annonceurs aux différents paliers internes, et c’est bien normal. Mais c’est en suivant sa propre idée et son intuition que les résultats les plus forts émergent. Ce n’est pas en attendant d’obtenir le consensus qu’on fait avancer les choses.»

Et la suite?
Aujourd’hui, Catherine Laporte embrasse l’idée de ne pas gagner le même salaire qu’en publicité pour accomplir ce qu’elle veut. Une telle latitude lui permet d’accepter les projets qui lui sont offerts et de réagir rapidement.

«Tout le monde est créatif à sa manière et il faut tirer profit de cette qualité.» 

Enseignante, directrice artistique, illustratrice, conférencière, entrepreneure, il est possible de suivre le travail de Catherine Laporte ici.

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