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Romeo’s Gin: boire pour l’art

«Vendre du gin pour du gin, ça ne m’intéresse pas. Vendre du gin pour changer le monde, là on parle.» Nicolas Duvernois lancera officiellement ce mercredi Romeo’s Gin; focus sur la vision d’un entrepreneur qui n’a pas peur de penser à grande échelle.

nicolas duvernois

Romeo’s gin, que son créateur qualifie de «gin contemporain, qui goûte la fraîcheur», est sur les tablettes de la Société des alcools du Québec (SAQ) depuis la mi-décembre. Pourtant, Nicolas Duvernois, qui a aussi créé Pur Vodka, aura attendu la mi-mai pour lancer officiellement son produit: «J’aime bien travailler avec des mots-clés, et celui de fraîcheur est associé au printemps. Je voulais que mon gin goûte la première ou la deuxième semaine de mai.»

Ce lancement sera aussi l’occasion de dévoiler le premier don de la Fondation Romeo, qui promeut, démocratise et soutient les arts d’ici et d’ailleurs. En effet, pour chaque bouteille de Romeo’s Gin vendue, 5% des profits lui seront versés.

Les bouteilles elles-mêmes sont de petites œuvres d’art: on trouve sur celle en tablettes actuellement une œuvre de l’artiste montréalais Stikki Peaches, intitulée Mo’Z. Cette étiquette changera annuellement: chaque mois de mai, l'on dévoilera une nouvelle œuvre, provenant d’un nouvel artiste. Et dès la deuxième année, deux éditions seront lancées simultanément: l’une mettant un artiste québécois de l’avant; une autre laissant découvrir un artiste d’ailleurs.

Une cause avec un produit
«La bouteille de Romeo’s Gin coûte 38$ – c’est rare, une œuvre à ce prix! Nous voulons démocratiser l’art, devenu inabordable.» Rendre l’art plus accessible, contribuer à sa diffusion et récolter des fonds pour des causes qui y sont liées: Nicolas Duvernois désirait avant tout se trouver une cause pour motiver le lancement de ce nouveau spiritueux: «Vendre un produit pour vendre un produit ne m’intéresse pas – il y en a déjà trop autour de nous. Il faut une raison derrière. C’est ainsi que j’ai expliqué ma philosophie à mon équipe: nous ne sommes pas un produit avec une cause, mais bien une cause avec un produit. J’aime travailler à l’envers.»

«Nous ne sommes pas un produit avec une cause, mais bien une cause avec un produit. J’aime travailler à l’envers.»

Nicolas Duvernois réfléchit déjà à de nouvelles façons de lier Romeo’s Gin à l’univers artistique, comme des expositions à partir des œuvres achetées pour les bouteilles, ou des partenariats avec des restaurants, qui pourraient servir des cocktails à base de ce gin et dont les profits seraient versés à la Fondation.

À l’écoute
Le lancement de Romeo’s Gin semble plus harmonieux que celui de Pur Vodka, dont l’histoire avait fait les manchettes: ayant d’abord connu l’échec en restauration, c’est en lavant les planchers de l’hôpital Sainte-Justine que Nicolas Duvernois a tenté de financer son projet de créer et de commercialiser sa propre vodka, ce qui n’a pas été chose facile auprès d’une SAQ qui lui a d’abord opposé son refus (depuis, Pur Vodka a été nommée meilleure vodka au monde au World Vodka Masters de Londres).

«Je crois que le consommateur veut de la qualité, de l’authenticité, une cause; bref, une bonne raison d’acheter.»

Le contexte est bien entendu complètement différent pour lui aujourd’hui. Mais Nicolas Duvernois demeure conscient que le meilleur moyen d’éviter les écueils dans le lancement d’un produit est d’être à l’écoute de son consommateur: «Je suis en permanence sur le terrain, j’écoute beaucoup les gens autour de moi. Je crois que le consommateur veut de la qualité, de l’authenticité, une cause; bref, une bonne raison d’acheter. Il est beaucoup plus intelligent avec son achat aujourd’hui, il a une conscience économique et sociale. Personnellement, j’ai toujours réfléchi comme ça, et c’est la raison pour laquelle j’offre des produits qui s’inscrivent dans cette lignée.»

En couverture: Mo’Z de Stikki Peaches

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