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Fermeture de 40 magasins Le Château: «Un simple ajustement»

Quatorze succursales du détaillant montréalais devraient fermer en 2016; 26 autres disparaîtront d’ici 2019. Voici l'avis de Léopold Turgeon, président-directeur général du Conseil québécois du commerce de détail (CQCD).

La nouvelle a été annoncée vendredi par communiqué en même temps que ses résultats de fin d'exercice de l'entreprise.

D’ici la fin de l’année, la chaîne de vêtements comptera donc 195 magasins au pays. D’ici 2019, Le Château s’attend à ce que la superficie de son réseau soit réduite à 900 000 pieds carrés (171 magasins). Les fermetures devraient toucher particulièrement ses magasins-entrepôts. 

L’an passé, ses ventes ont diminué de 5,3% pour s’établir à 236,9 millions$.

«Il n’est pas surprenant que des détaillants commencent à diminuer leurs magasins pour investir dans le numérique.»
- lÉopold turgeon

L’entreprise évoque notamment son désir de «recalibrer son réseau de vente au détail et de fermer des magasins sous-performants» pour expliquer cette décision. Le communiqué souligne en outre que «le secteur du commerce de détail a évolué au cours des dernières années, tout comme les habitudes d'achat des consommateurs, qui ont beaucoup changé en raison de l'avènement du commerce en ligne. Par suite de ces changements, la forte concentration de magasins dans les grands marchés urbains, un modèle gagnant avant l'ère numérique, n'est plus nécessaire.»

Léopold Turgeon abonde dans ce sens, expliquant que dans le commerce de détail, les marques doivent évoluer et ajuster leurs stratégies en fonction de la concurrence, du marché et du client.

Selon lui, il n’est ici question que d’un «simple ajustement» qui résulte d’un besoin de diversifier les points de contact. Le cas Le Château est ainsi probablement à l’image d’un mouvement à venir dans lequel les détaillants rapetisseront en matière de superficie occupée, compenseront cette perte d’espace par le numérique et penseront possiblement à intégrer des détaillants complémentaires.

«Les points de vente physiques sont là pour durer, car les consommateurs aiment voir la marchandise. Mais les modèles évolueront. Parce que les loyers sont élevés et que la pression sur les marges est grandissante, les détaillants font face à beaucoup de pression et à l’accroissement des dépenses pour attirer les consommateurs, surtout lors des événements spéciaux (Noel, fête des Mères, etc.). Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que des détaillants commencent à diminuer leur nombre de succursales afin d'investir dans le numérique», explique Léopold Turgeon.

Rappelons que Le Château a lancé en août dernier une campagne de rebranding signée Sid Lee dans le but d’insuffler un nouvel élan à ses magasins. Elle voulait notamment insister sur le lien unissant Montréal et le détaillant, fondé dans la métropole en 1959. L'entreprise avait alors été rebaptisée Le Château de Montréal. La campagne de marketing aurait, selon ce qu'a indiqué l'entreprise, entraîné une amélioration du chiffre d'affaires des divisions Femmes et Chaussures de respectivement 3,9% et 11,1% au titre des ventes des magasins comparables au deuxième semestre de 2015. 

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