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Anna Goodson: lumière sur une ambassadrice de l’illustration

L’agence Anna Goodson célèbre son 20e anniversaire. Sa fondatrice n’est pas illustratrice, mais a créé une des agences de représentation les plus importantes sur la scène internationale.

anna goodson

Chef de la direction et fondatrice, Agence anna goodson

Photo: Pierre arsenault

En 1996, Anna Goodson a fondé son agence de représentation d’illustrateurs et de photographes. Malgré les difficultés des débuts, elle a su se tailler une place de choix dans le domaine. L’agence représente aujourd’hui 46 illustrateurs internationaux. 

Quel est votre plus grand défi des 20 dernières années?
«C’était très difficile de se lancer en affaires en tant que jeune femme en 1996. Je n’avais pas d’argent et les institutions financières n’étaient pas très ouvertes à me soutenir. Quand j’ai demandé un prêt, on m’a suggéré de revenir avec mon père – ce que je n’ai pas fait, bien sûr! De plus, je n’avais aucune formation en gestion et en affaires, j’ai tout appris au fur et à mesure que je bâtissais mon entreprise. Cependant j’étais passionnée, ambitieuse et j’ai toujours souhaité réussir à l’international même si certaines personnes me disaient que c’était impossible.»

série de livres urban babies

par l'illustratrice nathalie dion

Comment a évolué l'agence et l'industrie depuis ses débuts? 
«À l’époque, j’étais seule à la gérer. Je planifiais des rencontres avec des directeurs artistiques locaux et je transportais les portfolios imprimés - très lourds -  avec moi. Aujourd’hui, tout se passe en ligne. Nous étions d’ailleurs une des premières agences à lancer un site web, dès notre ouverture.

Depuis que Sylvie Hamel s’est jointe à l’agence en 2001, je m’occupe du marketing et du recrutement des illustrateurs. Sylvie dirige l’agence avec brio et son succès lui revient en grande partie. 

Du point de vue de l'illustrateur, toutes les images sont maintenant conçues à l’ordinateur et livrées par voie numérique. Quand j’ai commencé, les illustrateurs dessinaient les esquisses à la main et envoyaient les versions finales par FedEx.»

Quels sont les projets dont vous êtes le plus fière?
«Je me rappellerai toujours le premier contrat que j’ai obtenu d’un annonceur américain. La rémunération était de 150$ pour un petit espace publicitaire dans le quotidien Los Angeles Times. C’était assurément un des plus beaux jours de ma vie.

illustration pour prince

par l'illustrateur pablo lobato

J’ai également vendu une illustration pour Prince. Son agent avait vu une pièce apparue dans Hartford Current Magazine. Il m’a contactée parce que le chanteur souhaitait obtenir les droits complets de l’image réalisée par notre illustrateur Pablo Lobato. Nous avons finalement produit une épreuve grand format. Cette dernière a tant plu à Prince qu’il a demandé à Pablo de créer une illustration sur mesure pour l’afficher dans sa résidence.

Un de nos contrats de plus grande envergure était pour le site de rencontres Lavalife. C’était un mandat de trois ans pour sa campagne publicitaire. Nous avons produit de grandes illustrations affichées sur les panneaux du réseau du métro de New York.»

Il y a quatre ans, vous avez renoué avec l'industrie de la photographie, que vous avez côtoyée en début de carrière. Vous avez fondé la plateforme MeatMarket pour faciliter les rencontres d'affaires dans le domaine. Quelle en est la mission? 
MeatMarket est en quelque sorte un site de rencontres pour le milieu de la photographie. C’est une communauté qui permet de mettre en relation les meilleurs de l’industrie avec des clients. Nous faisons d’ailleurs une sélection rigoureuse des professionnels à qui nous donnons accès au réseau. Je choisis chaque individu parce que je crois à la qualité plus qu'à la quantité.

Avec un retour marquant de l’intérêt pour l’illustration au détriment des images génériques, votre agence est-elle occupée?

Je suis une ferme défenderesse du travail de création originale. Je crois que les illustrateurs, tout comme les artistes, doivent créer. Une des plus grandes réussites de ma carrière a été de permettre à des illustrateurs de vivre de leur talent. J’ai découvert et assisté à l’épanouissement de plusieurs d’entre eux ces 20 dernières années. C’est très gratifiant d’exercer une profession permettant de contribuer à la réussite des autres.
 

illustration andy potts

 

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