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Instant Articles : « la multiplication des points de contact, une réalité des éditeurs »

D’abord réservé à certains éditeurs triés sur le volet, l’outil de Facebook Instant Articles sera rendu disponible à tous dès le 12 avril alors que se tiendra la conférence F8. Julie Courtemanche, codirectrice de Cossette média, offre son point de vue.

 

Lancé en mai 2015, Instant Articles permet aux éditeurs de contenus de publier des articles directement sur Facebook. L’avantage de cette plateforme réside dans la rapidité d’accès aux contenus et dans le facteur d’interactivité, puisque des images en haute définition peuvent y être ajoutées, ainsi que de la vidéo, des cartes interactives, des extraits audio, etc. 

En plus de la question de la monétisation — à laquelle Facebook a répondu en permettant aux éditeurs de vendre eux-mêmes leur publicité en conservant l’entièreté des revenus générés (ou en donnant le mandat à Facebook moyennant 30 % des revenus) — plusieurs points restent en suspens, notamment concernant le compte des vues, la perte potentielle de lectorat pour les éditeurs et la possible confusion des lecteurs face à la source de l’information. 

Concernant l’achalandage, Julie Courtemanche croit que si certains éditeurs ont dû voir leur trafic baisser, d’autres ont dû profiter, grâce au partage des revenus, d’une hausse des bénéfices. Chose certaine selon elle, « le fait d’avoir tous les joueurs sur la même plateforme peut augmenter la compétition, mais d’un point de vue de l’expérience utilisateur, la nouvelle est positive ».

L’image de marque, un des nerfs de la guerre

Outre la question de la monétisation, le plus grand écueil à surmonter pour les éditeurs, d’après Julie Courtemanche, sera de réussir à présenter les nouvelles de manière à ce que les lecteurs se rappellent la source. Car dans un fil d’information aussi important, plusieurs seront portés à créditer Facebook plutôt que l’éditeur pour les informations partagées. Il faudra donc, par le ton, l’image de marque ou le visuel développé, mettre les bouchées doubles sur l’identité de marque, autrement plus implicite dans les médias.

Par ailleurs, en ce qui a trait aux inquiétudes de certains vis-à-vis de la montée en importance de Facebook dans le monde média, Julie Courtemanche relativise : « de plus en plus, on le constate depuis un moment déjà avec Twitter et Snapchat, les éditeurs vont disséminer leurs nouvelles, grâce à certaines plateformes externes. La multiplication des points de contact est un aspect qui doit être pris en compte par les éditeurs. »

À savoir si la plupart des éditeurs sauteront sur l’occasion, le temps le dira, mais selon Julie Courtemanche, il faudra s’attendre à un effet d’entraînement. Chose certaine, ce sera un outil à considérer, surtout pour certains publics, vu que Facebook est un point de contact important.

Selon elle, Facebook est une grande entité pouvant être perçue comme envahissante, mais elle a également prouvé, depuis son lancement, sa capacité à apporter des modifications à ses outils face à la pression de certains grands éditeurs. Une histoire à suivre.

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