La référence des professionnels
des communications et du design

Delete: tout ce qu’on ne peut effacer du web

À la croisée du théâtre contemporain et de l’exposition interactive, le designer Daniel Iregui présente l’œuvre Delete, créée en collaboration avec Youtheatre et Iregular.

Michel Lefebvre, directeur général et artistique de Youtheatre, souhaitait trouver une façon d’engager le public jeunesse dans une approche non conventionnelle et plus adaptée aux générations ayant grandi avec les technologies. Présenté à la galerie Eastern Bloc en novembre (et en anglais seulement), le spectacle Delete visait à sensibiliser les enfants aux enjeux du web et à l'indélébilité des traces qu’on y laisse. 

«La ligne entre la réalité virtuelle et le monde réel s’efface. Nous désirions créer un monde où elle n’existe plus», explique Daniel Iregui, artiste visuel et fondateur du studio Iregular. Je voulais donner l’impression de se trouver dans un site web. Donc, on a intégré des barres de téléchargement et du texte dans chaque pièce. Comme si l'on était derrière l’écran du site.»

 

Une expérience en six temps qui commence et se termine sur le web
Chaque pièce aborde un sujet spécifique en lien avec la façon dont l’humain interagit avec le monde numérique. Le premier contact avec la pièce a lieu sur internet, où les participants doivent créer un compte. Les réponses recueillies sont ensuite utilisées pour personnaliser l’expérience en salle.

Expérience 2: Émerge
Cette installation veut représenter le moment où un profil est conçu pour la première fois sur le web et devient la version virtuelle d’un individu. «On veut choisir la bonne image pour projeter sa personnalité virtuelle. C’est notre façon de dire que, maintenant, ce nouvel humain existe.»

Expérience 3: Identifier
«Êtes-vous la même personne et agissez-vous de la même façon dans le monde réel et virtuel?», demande Daniel Iregui. Un miroir et un système de caméra permettent de jouer avec les orientations et le temps pour renforcer le concept de détachement entre sa personne virtuelle et sa vie réelle.

 

Expérience 4: Collecter
La chute de lumière utilisée se veut la représentation de l’abondance des données, de la connectivité et du flot de l'information et des applications aujourd'hui. «Nous nous noyons dans l’information. C’est la raison pour laquelle plus le temps avance, plus la quantité de lumière et de projections au sol s’intensifie pour devenir une chute de renseignements.»


Expérience 5: Sélectionner
«Cette expérience symbolise notre contribution au monde virtuel, contrairement à Collecter, où l'on consomme son information.» Le système sonore en place pose une question, puis le participant doit y répondre à l’aide d’un micro. «Tout ce qu’on publie sur internet contribue à construire notre individualité virtuelle.»

La dernière partie du spectacle se vit sur le web, où le participant peut visionner des images et de l'information sous un format semblable à un fil Facebook. Une option pour supprimer chaque publication est affichée. Dès qu’elle est activée, l’option d’inverser la commande est proposée.

«Observer les enfants dans cet univers est incroyable. Quand on leur demandait pourquoi le spectacle s'appelait Delete, ils nous répondaient qu’on ne peut jamais supprimer une publication sur internet. On pense qu’ils sont naïfs, mais ils sont très conscients, même à neuf ou 12 ans.»

 

Création: Daniel Iregui, Michel Lefebvre
Direction artistique et conception, design et interaction: Daniel Iregui
Réalisation et mise en scène: Michel Lefebvre
Gestion de la production: Frédérique Folly, Dominique Hawry
Conception sonore: Kevin Gironnay
Production et design: Iregular
Développement des interactions: Gabriel Lavoie, Audrey Lamoureux
Design graphique: Audrey Lamoureux
Scénographie: Daniel Iregui, Esther Bouquet
Site internet: David Surprenant
Photographies de l'exposition: Giacomo Ferron

 

 

 

comments powered by Disqus