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The Alpine Review: focus sur le design d’édition

Élise Eskanazi a assumé, pour un troisième mandat, le design et la direction artistique de ce magazine annuel qui s’intéresse au thème de la permanence. Entretien. 

Réalisée par une équipe répartie entre Montréal et Toronto, imprimée à Barcelone et distribuée depuis Berlin, la publication indépendante vise un créneau de lecteurs à l’échelle internationale en s’intéressant à des domaines tels que la technologie, l’agriculture, le design et l’anthropologie.  

Élise Eskanazi, qui en a composé la grille graphique en 2012, souligne l’ampleur de ce mandat: «Le contenu est très cérébral, mais son approche est très graphique. Le défi est de permettre aux gens de lire de manière détendue malgré son contenu imposant. La grille aérée et intemporelle répond à ce besoin en plus d’assurer une continuité à la publication.» Pour cette édition de 376 pages, la grille initiale a été maintenue, mais certains éléments y dérogent afin de créer un contraste dans l’aménagement des textes.

Ponctuer la lecture
Une des clés pour alléger la lecture de cet ouvrage réside dans le choix des typographies, selon Élise Eskanazi. «J’ai choisi la police Utopia pour le texte courant parce que je trouve qu’elle a des proportions standards rectangulaires et qu’elle est facile à décoder. Elle a quand même un lettrage plus moderne, une allure solide et classique tout en étant très lisible. J’utilise Vista pour toutes les insertions secondaires comme les exergues, les bulles d’information et, à l'occasion, la Gotham. Ce sont des polices très simples, mais représentatives de leur groupe de typographies.»

L’insertion de sections détachables ou d’images en début de textes longs vise également à créer un rythme de lecture. «Cela casse la séquence, parce qu'une pause visuelle permet ensuite au lecteur de s'absorber pendant sept pages.» Pour la designer, ce format facilite l’insertion de visuels diversifiés comme des photographies, des illustrations, de l’aquarelle.

«The Alpine Review vise un public averti. Il faut faire appel à son intelligence dans les mécanismes graphiques.»

Stimuler le lecteur
«Quand j’ai des latitudes créatives, je m’impose des contraintes, explique Élise Eskanazi. Cela m’aide à avancer dans la création.» Cette démarche a été employée pour une des sections récurrentes du magazine. Pour chaque édition, Places explore trois lieux dans le monde. «À l’aide des coordonnées GPS, j’ai positionné chacun sur la page. Ces points d'ancrage devaient demeurer dans la mise en pages des textes. Prenons Moscou comme exemple; j’ai enlevé les lignes et les points, mais j’ai conservé le mot. J’ai dû faire contourner les textes ou insérer le mot dans une image. C’est subtil, mais pour le lecteur attentif, cela fait un retour sur son expérience de lecture précédente.»

«The Alpine Review vise un public averti. Il faut faire appel à son intelligence dans les mécanismes graphiques», conclut la designer et directrice artistique. 

Annonceur: Camarade – Louis-Jacques Darveau
Direction artistique et design: Élise Eskanazi
Rédaction en chef: Louis-Jacques Darveau, Patrick Pittman
Illustration de couverture: Raymond Biesinger

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