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2017, la fin du marketing d'influence?

Faire campagne avec des influenceurs risque de devenir une avenue de plus en plus compliquée pour les marques. C'est du moins ce que révèle le rapport US Social Trends for 2017 d'eMarketer. Aurélie Sauthier, présidente de Made in, commente.

Selon l'enquête, les campagnes avec les influenceurs (ou marketing d'influence) devraient se heurter à un nombre grandissant d'obstacles, après avoir connu un essor important en 2016.

Les raisons soulevées par eMarketer: d'abord, l'étude prédit que les publications «organiques», c'est-à-dire non promues par les plateformes publicitaires payantes, devraient voir leur visibilité diminuer à mesure que se développent les algorithmes des différents médias sociaux. À ce compte, eMarketer estime que les marques pourraient perdre de l'intérêt envers le marketing d'influence, préférant promouvoir leurs propres publications plutôt que de payer pour promouvoir celles des influenceurs.

Ensuite, selon le rapport, 2017 verra apparaître une hausse des interventions de l'organisme américain Federal Trade Commission, qui régule les pratiques commerciales et qui devrait renforcer sa surveillance envers le contenu commandité sur les médias sociaux. Rappelons que cette problématique a fait les manchettes cette année.

À ce sujet, plus près de chez nous, de nouvelles règles établies par les Normes canadiennes de la publicité (NCP) encadrent les commandites des blogueurs et autres influenceurs depuis le 3 octobre dernier. Du lot, des redéfinitions ainsi que de nouvelles lignes directrices qui exigent que les influenceurs en ligne au Canada divulguent leurs ententes rémunérées avec des marques.

aurélie sauthier

présidente, made in

Pour Aurélie Sauthier, présidente de l'agence Made in, spécialisée dans le marketing d'influence, ce resserrement des règles n'est pas synonyme de mort annoncée pour cette tendance, surtout si les agences s'y préparent en amont.

«Pour nous [chez Made in], ces nouveaux règlements ne changeront rien, puisqu'ils sont déjà incorporés dans notre façon de faire. J'estime qu'il s'agit plus de règles éthiques que légales. D'ailleurs, je crois que si les annonceurs veulent conserver leur crédibilité, ils se doivent d'être transparents lorsqu'ils font des commandites; autrement, on perd l'intérêt des consommateurs pour ce type de campagnes.»

Monétisation des vidéos en direct

L'étude prédit aussi l'arrivée d'une tendance majeure en 2017: la monétisation des vidéos en direct. Selon le rapport, les plateformes sociales, les éditeurs de contenu et les réseaux de télévision devraient tous chercher à rentabiliser davantage leurs publications de type «diffusion en continu», un genre qui a pris beaucoup d'ampleur en 2016.

Enfin, eMarketer s'attend à ce que les réseaux de télévision s'engagent davantage dans les contenus véhiculés par les réseaux sociaux, en proposant notamment des vidéodiffusions en direct de leurs émissions, jumelées à de la publicité locale.

L'étude complète peut être consultée ici, et un résumé est offert gratuitement à cette adresse.

En couverture: l'influenceuse Cynthia Dulude. Crédit: YouTube

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