La référence des professionnels
des communications et du design

La fin de la publicité à Radio-Canada: les conséquences pour l'industrie?

Alors que Radio-Canada recommande à la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, l’augmentation de son financement en échange de l’abandon de la publicité, Dave Gourde, de Bleublancrouge, analyse l'impact de cette proposition sur l'industrie de la communication-marketing.

dave gourde

bleublancrouge

Dave Gourde, associé et vice-président, médias, de Bleublancrouge, affirme qu’en tant que téléspectateur de Radio-Canada, cette demande n’est pas surprenante. «Radio-Canada est pris entre l’arbre et l’écorce en ce moment», lance-t-il. Il explique que le financement gouvernemental pour Radio-Canada baisse depuis les dernières années. Cela a causé une plus forte dépendance du diffuseur public envers les revenus publicitaires et à la comparaison de performance avec les diffuseurs privés. «Inévitablement, cela a un impact sur la grille de programmation, qui se rapproche de plus en plus de ce que les télédiffuseurs privés offrent.» 

Bref, si la programmation de Radio-Canada produit une grille plus stricte et fidèle à sa mission de diffuseur publique, elle risque de perdre de l’auditoire, donc des revenus publicitaires. Mais si elle se colle plus à celles des diffuseurs privés, ces derniers seront mécontents et l’accuseront de ne pas respecter son mandat.

Survivre sans Radio-Canada

«peut-ON survivre sans Radio-Canada en tant qu’annonceur?»

Dave Gourde se dit par contre plus surpris en tant que stratège de l’industrie des médias: «Peut-on survivre sans Radio-Canada en tant qu’annonceur? Oui, mais on ne le souhaite pas.» Selon lui, si l'on peut y survivre, c’est grâce à la multiplication des points de contact, suscitée par la révolution numérique. «Mais on souhaiterait garder Radio-Canada parce que c’est un média qui apporte une crédibilité que peu de médias peuvent offrir. Il y a là auditoire complémentaire à celui du privé. Mais je suis convaincu qu’on trouverait un moyen d’aller les chercher autrement.»

Réaction dans les médias

En marge, des médias ont déjà réagi à cette proposition, dont le Groupe TVA. 

« L’idée de retirer la publicité des ondes de CBC/Radio-Canada, en échange d’un financement public rehaussé et garanti, sans préalablement revoir le mandat du diffuseur public, est une proposition ahurissante qui, j’espère, ne bernera personne, souligne  la présidente et chef de la direction de Groupe TVA, Julie Tremblay, dans un communiqué. CBC/RadioCanada demande le beurre et l’argent du beurre: plus d’argent, moins de risque financier, aucune interruption publicitaire et, surtout, aucune limite sur sa capacité à concurrencer les diffuseurs privés. C’est la recette parfaite pour assener un coup fatal aux autres diffuseurs canadiens. La priorité devrait plutôt être de réviser et de clarifier le mandat de CBC/Radio-Canada pour assurer qu’elle agisse en complémentarité et non en concurrence avec les diffuseurs privés. » 

En bref

Radio-Canada propose d’augmenter de 12$ par an l'apport des contribuables, qui passerait ainsi de 34$ à 46$, pour un total de près de 400 millions$ par année.

Selon Dave Gourde, Radio-Canada est sous la moyenne en matière de financement lorsqu’on le compare aux réseaux publics dans le monde. Il estime que le gouvernement devrait donner sa réponse en avril 2017, soit au début de l’année fiscale gouvernementale.

 

comments powered by Disqus