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5 questions sur Média Boutique à XPND Capital

La plateforme publicitaire de Voir, Média Boutique, sera bientôt commercialisée et ouverte à tous les médias. Entretien avec Éric Albert, vice-président, investissements, de XPND Capital, qui explique en quoi Média Boutique pourrait contribuer à la pérennité des médias d'ici et d'ailleurs.

Guy Laliberté, par sa société Lune Rouge Innovation, et Alexandre Taillefer, avec sa firme XPND Capital, ont investi dans Média Boutique, afin d'en accélérer la croissance. Cette plateforme publicitaire veut permettre aux entreprises des médias de diversifier leurs sources de revenus. Pour Éric Albert, ces investissements arrivent au moment où un intérêt de plus en plus marqué envers Média Boutique apparaît dans le marché.

Comment fonctionne Média Boutique?

Éric albert

xpnd capital

«Média Boutique, c’est un modèle d’affaires développé par nécessité, alors que Voir éprouvait de la difficulté à vendre de l'espace publicitaire à des annonceurs nationaux. Voir en est donc venue à une solution: approcher des marchands locaux, puis proposer des contrats échanges pour faciliter la vente publicitaire.

Par contrats échanges, on entend un marchand qui veut présenter de la publicité dans un magazine, mais plutôt que de la payer en argent, souhaite le faire avec de la marchandise ou des services. Pour accepter ce genre d’entente, Voir avait besoin d'une plateforme permettant de monétiser ce type de contrat. Ainsi, l’idée de Média Boutique est arrivée, et Voir a construit son nouveau modèle d'affaires.

En offrant sa plateforme publicitaire à différents marchands, Voir a constaté un intérêt de plus en plus marqué dans le marché envers Média Boutique, mais surtout que ça fonctionnait: si ce n’était pas de Média Boutique, je ne suis pas certain que Voir existerait encore.»

Pourquoi Média Boutique est-elle une plateforme intéressante à exporter?

«Des médias locaux, il en existe partout dans le monde. Et à peu près tout le monde fait face à la même problématique: les annonceurs nationaux se dirigent de plus en plus vers les plateformes publicitaires de Facebook et autres géants comme Google. Les médias locaux doivent donc se repositionner.»

La solution développée par Voir peut s’appliquer aux médias locaux, mais aussi régionaux et nationaux. Un annonceur, à Toronto, à Vancouver ou même à l'international, pourrait très bien offrir des services en échange d’une présence dans une publication. Ainsi, même si l'on se concentre aujourd’hui principalement sur les médias locaux, la formule Média Boutique peut s'appliquer aux médias au sens large.»

Vous mentionnez les plateformes publicitaires de Google et de Facebook. La solution à la rentabilité ne passe-t-elle pas par une coopération avec ces géants plutôt que par une offre concurrente?

«L’idée n’est pas de concurrencer Google et Facebook, mais bien de complémenter ce qu’ils font. Pour un annonceur national, ça a du sens de continuer avec ces géants, pour des raisons évidentes. Mais pour un marchand local, par exemple, ce n’est pas toujours évident d’avoir le budget pour annoncer efficacement sur Facebook et y avoir un impact considérable.

Nous souhaitons donc offrir une alternative aux médias et aux marchands, leur procurer une plateforme publicitaire différente, où il est facile d'assurer un suivi de son placement publicitaire. Avec Média Boutique, le consommateur qui achète une offre doit retourner dans le commerce du marchand pour en profiter. Le marchand peut donc suivre directement le rendement d'investissement.»

La plateforme Média Boutique est-elle plus à même d’intéresser les médias ou les annonceurs?

«Je dirais que c'est à même d'intéresser quatre partis: le média, l'annonceur, le marchand et le consommateur. Parce que s’il n’y a pas de médias, il n’y a pas d’annonceurs; s’il n’y a pas d’annonceurs, il n’y a pas de médias ni de consommateurs; et s'il n'y a pas de consommateurs qui achètent les offres de marchands, alors, il n’y a aucun intérêt pour personne.

Pour Voir, par exemple, plus de 500 marchands de partout au Québec affichent déjà des offres sur la plateforme, et un peu plus de 50 000 membres consommateurs utilisent la plateforme boutique. Ils devront ensuite réclamer leur offre en magasin. Pour les annonceurs, ça leur permet de voir un lien direct entre une annonce Média Boutique placée dans un média et l’achalandage dans leur commerce.»

Outre Voir, y a-t-il d’autres médias qui traitent avec Média Boutique?

«Tout à fait. Quelques contrats sont même déjà signés. Dans les prochaines semaines, des annonces seront effectuées avec au moins deux médias supplémentaires au Québec et un média de Toronto, et nous discutons avec plusieurs autres médias, tant au Québec qu’au Canada, pour y implanter Média Boutique et monétiser leurs contrats échanges.

D'ailleurs, nous avons aussi un plan technologique en place. Donc, des améliorations technologiques vont être apportées prochainement à la plateforme. On pense par exemple à étendre la présence de Média Boutique sur les appareils mobiles, afin de permettre aux consommateurs de consulter leurs comptes et d'acheter des offres avec une application.»

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