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L'entrevue de Thane Calder: Les conseils d’une étoile du viral

De l’été 2005 à 2006, Kyle Macdonald a acquis une maison à l'aide d'un trombone rouge en faisant du troc. Il a procédé à une série d’échanges avec des gens en ligne, puis s’est rendu en voiture un peu partout en Amérique du Nord pour conclure des ententes. Voici l'entretien que Thane Calder, président de CloudRaker, et rédacteur en chef du magazine Cloud&co a eu avec lui.

Son histoire l’a mené à l’écriture d’un best-seller et à donner des conférences un peu partout. Pour Kyle, internet est un outil de création. Il anime toujours quelques conférences par année, mais n’a jamais cessé d’afficher des offres en ligne. Récemment, il a investi un créneau particulier: les tableaux de son père. Si je devais décrire l’expertise de Kyle, je dirais qu’il sait se servir du web pour entrer véritablement en contact avec le gens. 

Comment fais-tu pour que les gens aient confiance en toi en ligne?
En étant complètement transparent, aussi vrai que possible. J’essaie de ne rien réviser. Je ne supprime jamais rien. Mon numéro de téléphone est partout, tout le monde peut m’appeler n'importe quand. Très peu de gens le font, ce qui est bien, mais, en somme, je fais un effort pour ne rien «grossir» et j’évite le sensationnalisme. C’est certain que le titre «D’un trombone rouge à une maison», c’est vraiment sensationnel, mais c’est en grande partie hors de mon contrôle. C’est plus une question d’image de marque, maintenant. Je le mentionne et si les gens sont intéressés, je leur raconte toute l’histoire.

«La distinction entre en ligne et hors-ligne n’est plus vraiment valable parce qu’on peut accéder au web n'importe quand.»
– Kyle Macdonald

Toutes mes communications et mes publications en ligne sont écrites exactement de la même manière, comme si j’étais en train de prendre une bière avec quelqu’un. J’essaie d’être exactement la même personne en ligne, de ne pas changer. Je tente d’entrer en contact avec le plus de gens possible autour d’une même idée.

Ça, c’est ton histoire personnelle, mais tu travailles maintenant en collaboration avec des marques. Crois-tu que cette façon de faire peut aussi s’appliquer aux marques?
Je pense que les marques font face au même défi que les individus. On peut lire la citation d’un politicien ou d’un entrepreneur, puis penser: «Ah, je n’aime vraiment pas cette personne. Je ne suis pas du tout d’accord avec ça.» C’est la même chose pour les marques.

Il y aura toujours des gens qui adorent et d’autres qui n’aiment pas une marque. Mais la grande majorité des individus se retrouvent au milieu et pensent: «Ils ont fait des choses douteuses, mais se sont repris.»

Et je crois que c’est le défi pour les marques: on doit toujours rester positif en relations publiques, le marketing et tout le reste. C’est sûr qu’il y aura toujours le Samsung de quelqu’un qui va exploser dans sa poche, puis Samsung va soudainement devenir le diable. De telles choses arrivent de temps en temps.

La perfection n'existe pas. Il faut être raisonnable et accepter qu’on se foutra peut-être dans la merde dans certains cas. C’est mieux que de toujours essayer de paraître parfait.

Donc, autrement dit, la merde va se pointer, et il faut la gérer comme elle vient, en restant toujours soi-même?
Oui. On veut juste partager des choses avec les gens, partager des opinions, des nouvelles, la réalité. Et plus on avance, plus ce sera difficile de tromper les gens ou de répandre des rumeurs et des faussetés parce que plus de traces et de données contextuelles vont pointer vers la vérité.

kyle Macdonald et alice cooper

Alors, si je comprends bien, le web est un outil extraordinaire qui grandit et qui va continuer de devenir un meilleur outil, mais c’est crucial qu’on se rende aussi hors ligne et qu’on voie les choses en personne pour saisir le contexte.
Je pense que tout ça va s’entremêler. La distinction entre en ligne et hors-ligne n’est plus vraiment valable parce qu’on peut accéder au web n'importe quand. Selon moi, le défi c’est d’arriver à résister à la tentation de consommer toutes sortes de publications sur le web et surtout de maintenir le storytelling en personne, avec toutes les nuances que ça comporte.  

C’est vraiment important parce qu’on est presque toujours civilisé lorsqu’on est face à face, mais aussitôt qu’on se retrouve sur un appareil en train de rédiger un texte qui va faire partie d’un «tweet storm», par exemple, c’est très facile d’être cruel. On pense qu’on peut dire ce qu’on veut parce qu’on fait juste générer des pixels et de l’information numérique. Je crois qu’au cœur de l’expérience humaine il y a le tact, l’interaction et la communication face à face. En favorisant ces aspects-là, on peut améliorer notre expérience de la technologie. On a le choix. Éventuellement, si on laisse aller les choses, on va ressembler de plus en plus à des machines.

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Toute la semaine, Thane Calder animera la section Interactif d'Infopresse et proposera entrevues et commentaires sur l'actualité. Vous êtes invités à engager la conversation @Infopresse à l'aide du mot-clic #Thaneenchef

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