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Miser sur le design d'identité: un pari gagnant?

En 2014, Byhaus a mis le design d'identité au cœur de sa proposition d’affaires. Ce pari semblait irréaliste pour ses deux fondateurs, Philippe Archontakis et Martin Laliberté. Entretien avec deux amoureux du design à l'occasion du second anniversaire du studio.

Ce serait difficile de ne pas mentionner la question, alors que cet amour pour les signes identitaires est partie intégrante de l’ADN du studio, qui célébrait son deuxième anniversaire le 27 septembre dernier. Le petit bureau à aire ouverte comportait jusqu’à récemment deux postes de travail. Un troisième a été ajouté pour répondre aux besoins de la boîte. Leur approche? Résoudre des problèmes pour faire rayonner la marque. 

Philippe archontakis et martin laliberté

designers et cofondateurs de byhaus


Une identité forte pour en faire émerger d’autres
Avec l’arrivée du numérique et l’explosion de l’expérientiel, le travail des designers s'inscrit souvent dans une perspective éphémère. C’est précisément la pérennité du travail identitaire qui stimule le studio.

«On pense signes identitaires. On veut aider les entreprises qui viennent nous voir en leur donnant tout ce qui fait en sorte que les gens vont la reconnaître: logo, couleurs, typographie, type d’imagerie, motifs, genre de matérialité, papier...»  

«Je suis content quand le client part et que SA NOUVELLE IDENTITÉ va rayonner, qu'elle va influencer ses chiffres de vente et motiver ses équipes.» – Martin Laliberté

Le studio travaille aux fondations même des marques. Son nom évoque d’ailleurs ce mandat. «S’appeler "maison" tombe à plat. House en anglais n'est pas mal, mais on s’est dit: pourquoi pas haus en allemand? Il y a ainsi un clin d’oeil au mouvement bauhaus duquel on s’inspire, à notre penchant pour le modernisme et pour la réduction graphique», explique Philippe Archontakis.


Des clients, des défis, une vision
Pour les deux associés, être designers pour faire du beau ne suffit pas. Selon eux, la capacité à vulgariser et à éduquer les clients pour faire valoir une idée est aussi importante. Le projet de la boutique Lipari le témoigne bien.

«Cela fait 46 ans qu’elle vend des accessoires maison et je pense que cela faisait 46 ans qu’elle avait le même logo, conçu à l'interne. Les propriétaires nous ont appelés pour produire un dépliant 11” x 17”, plié en deux. Puis on a finalement tout changé: logo, vitrine, auvent, outils de communications. C’est une famille italienne typique, on les a invités à venir au bureau (toute la famille est venue) et on les a convaincus de changer le logo. C’est une grande réussite.»


L'avenir
Deux ans après sa fondation, Byhaus a réalisé une cinquantaine de projets. Bien que le studio soit sur une belle envolée, devenir grand n’est pas une ambition que partagent les deux complices.

«Quand tu as un gros payroll et beaucoup de coûts fixes, tu dois souvent prendre des projets moins intéressants pour survivre. Tu perds ton âme, et je ne veux pas faire ça.» – Philippe Archontakis.

L'idéal pour les prochaines années? Travailler pour des mandats avec une approche davantage holistique du design. «On aimerait pouvoir décliner tout nous-mêmes, collaborer avec des architectes et des designers industriels», explique Philippe Archontakis.

«Et que notre participation se déroule en amont, qu'on puisse s'assoir avec l'architecte au même moment pour réfléchir sur l'ensemble des points de contact de la marque», conclut Martin Laliberté.

Identité conçue pour float4

 

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