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Circo de Bakuza: multidisciplinaire d’un continent à l’autre

Fondée en 2000, celle qui se définit comme «une agence de création plus qu’une agence de publicité» s’est fait voir du monde entier cette année.

En événementiel seulement, l’agence a signé l’organisation de la cérémonie d’ouverture de la finale de la Ligue des champions à Milan, l’organisation des cérémonies d'ouverture, de clôture et de chacun des matchs (51 en tout) de l'Euro 2016 et les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux du Québec.

Circo de Bakuza est aussi derrière un grand spectacle pour célébrer le 40e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal, cela sans compter des mandats de branding et de stratégie pour des marques d’envergure comme Carolina Herrera, la Fédération française de football et Rémy Cointreau.

2016 pourrait ainsi sembler l’année de consécration de l’entreprise franco-québécoise. À une nuance près: en événementiel, plusieurs années de travail sont requises pour chaque projet avant de pouvoir sortir au grand jour. «On commence seulement à récolter le fruit de nos efforts depuis 2010», explique Vincent Drolet, président et chef des opérations ainsi que directeur de création événementielle de l'agence.

Deux continents, deux spécialités
Née en tant que collectif d’artistes, Circo de Bakuza, comme on la connaît maintenant, est un oiseau rare. Séparée en deux bureaux, l’un à Montréal et l’autre à Paris, l’équipe, pluridisciplinaire, travaille en événementiel, mais aussi en branding, domaine pour lequel elle est moins connue ici. «Nous avons une approche très événementielle en design et très graphique en événementiel», explique Julie Brassard, directrice de création. Selon elle, les deux disciplines se complètent. «Par exemple, quand nous réfléchissons à un flacon de parfum, nous avons déjà en tête sa valorisation en point de vente. Nous pensons à un concept qui sera pertinent autant en packaging qu’en lancement. Nous pensons toujours en plateforme. Et quand nous réfléchissons à un événement, nous nous assurons qu’il communique l’esprit de la marque. Tout est lié, je dirais même que tout doit être lié. Nous ne pensons pas en silo ou en média. C’est toujours une seule et même histoire avec des applications différentes.»

«NOUS AVONS UNE APPROCHE TRÈS ÉVÉNEMENTIELLE EN DESIGN ET TRÈS GRAPHIQUE EN ÉVÉNEMENTIEL»
- JULIE BRASSARD

Après quelques années, l’entreprise réussit à faire sa trace dans le monde. «Nous avons choisi la France: en plus de son aspect grandiose, le pays est stratégiquement située aux portes de l'Europe et de l'Asie. Même après sept ans, nous sommes encore et toujours à décortiquer et comprendre ses "codes" et réalités administratives. Nous vivons, en quelque sorte, les 12 travaux d'Astérix! Il s'agit d'une réalité parfois lourde pour une entreprise émergente comme la nôtre, ce peut être chronophage. La culture européenne a également ses procédés et manières de faire, notamment la France, où le côté frondeur nord-américain peut parfois surprendre. Il fait savoir s'adapter… et surtout garder sa fraîcheur.»

Spécialistes du sport
Le domaine pour lequel l'agence est la plus reconnue est certainement l'univers sportif, qui colle bien à son ADN. «Le sport est un domaine ou il y a beaucoup d’occasions événementielles, indique Vincent Drolet, mais de branding aussi. Les marques s’engagent de plus en plus dans les événements sportifs. Donc, pour nous, c’était un bon secteur d’activité pour nos deux expertises.» Si les grandes réalisations événementielles se sont déroulées en grande partie en France, c’est parce que ce domaine demeure embryonnaire ici, souligne-t-il. «Au Canada, l’argent est encore principalement en marketing traditionnel. Probablement parce que c’est encore plus facile de récolter des données et de comprendre le cause à effet. On peut parler de bouche à oreille positif, mais ce n’est pas exactement comme le rendement d'investissement.»

Voir plus loin
Circo de Bakuza, ambitieuse, n’en restera pas là. L’organisation se lancera bientôt dans une coentreprise nommée MOV, afin de mettre de l’avant son expertise en multimédia. On va également y créer une division de production exécutive, afin de bâtir des événements dont elle serait propriétaire. Ainsi, 2017 commencera avec un nouveau festival mis sur pied pour et en partenariat avec la ville de Miami. De plus, l'équipe aimerait gérer son propre lieu événementiel. Elle travaille donc, à cet effet, en partenariat avec l’Arsenal, à élaborer une offre qui joindrait art contemporain et culinaire, et dont la première édition prendrait place dans le cadre du rendez-vous World Design Summit 2017.

«AU CANADA, L’ARGENT EST ENCORE PRINCIPALEMENT EN MARKETING TRADITIONNEL. PROBABLEMENT PARCE QUE C’EST ENCORE PLUS FACILE DE RÉCOLTER DES DONNÉES ET DE COMPRENDRE LE CAUSE À EFFET.»
-VINCENT DROLET

«Les prochaines années seront clés pour nous, ajoute Julie Brassard. Nous avons travaillé très fort à bâtir une équipe solide sur deux continents. Je dis souvent que nous sommes une petite équipe qui accomplit de grandes choses. Nous nous battons contre des géants avec des ressources limitées, mais réussissons à force de créativité et originalité à convaincre des marques prestigieuses.»

Que désirer de plus dans ce contexte? «Un beau projet en événementiel de soir, qui contrasterait avec les défis liés aux cérémonies sportives qui ont lieu de jour indique Vincent Drolet. Cela permettrait de démontrer notre expertise en multimédia et de travailler plus en vidéo et en éclairage.»

Et, pourquoi pas, le Saint Graal événementiel: une invitation à un pitch olympique.

* En couverture: Vincent Drolet (à gauche) et Julie Brassard (à droite). Crédit photo: Félix Renaud, Zetä Productions

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