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Télévision: pourquoi si unique?

Si les nouveaux joueurs de l'industrie représentent pour certains experts une menace pour la télévision, Dan Iwasa-Madge, cofondateur, responsable du produit et de l’analyse de Brainsights à Toronto, et Philippe René, directeur principal, stratégie & insights, de Bell Média, ne sont pas de cet avis.

Dan Iawsa Madge

Brainsights

Depuis de nombreuses années, la multiplication des plateformes médias change les règles de l’industrie télévisuelle. De cette diversification est née l’arrivée des sites illégaux de diffusion continue, de YouTube et de Netflix, que plusieurs experts voient comme une menace pour la télévision. Dan Iwasa-Madge juge, lui, que la consommation de la télévision a des caractéristiques bien particulières, que d’autres plateformes n’ont pas: «La consommation télé, dans son ensemble – de l’écran lui-même à l’environnement de visionnement, en passant par son aspect social – est tout à fait unique. Le contenu qu’on y regarde et notre état d'esprit à ce moment sont uniques. En fait, nous sommes bien plus réceptifs dans ce contexte. Je pense donc que la variété des plateformes proposée dans l’industrie actuelle apporte une complémentarité dans la consommation des contenus: la télévision permet le storytelling; l’ordinateur, l’apprentissage et le mobile, l’action. Tous ces écrans ont ainsi un rôle vital dans les communications contemporaines.» Philippe René, directeur principal, stratégie & insights de Bell Média, estime également que la télévision bénéficie aujourd'hui d’une «puissance» toute spéciale. «Si l’on prend en compte l’univers vidéo dans sa totalité (incluant YouTube, Facebook et les offres de service par contournement comme Netflix), la télé représente 85% du temps de visionnement sur toutes ces plateformes. Ce n'est pas rien, et cela en fait une plateforme de masse idéale pour que les annonceurs puissent construire des marques fortes.»

Philippe rené

Bell Média

Les études en neuromarketing effectuées par l'entreprise de recherche torontoise de Dan Iwasa-Madge permettent de confirmer ces constats. «La neuroscience nous a montré qu'il y avait encore tant à apprendre sur la manière d'utiliser les canaux de communications, explique-t-il. Cette pratique nous fait découvrir des insights stimulants sur la manière dont les nouvelles plateformes numériques sont consommées, mais également sur des plateformes plus anciennes comme la télévision, pour lesquelles nous pensions tout savoir. Nous avons pu observer, par exemple, que le contenu de marque se prêtait complètement à son format.» Selon Philippe René, le neuromarketing peut également avoir des effets bénéfiques directement sur le rendement d'investissement en média. «La neuroscience nous donne une perspective nouvelle sur l'efficacité des programmations et des contenus publicitaires. Au lieu de mesurer l'engagement par des questionnaires ou des suivis de comportement, l'on peut désormais savoir comment le subconscient répond aux différents stimuli et la manière dont on peut être proactif en fonction de cela. Au-delà de savoir si un contenu est efficace ou non, nous pouvons maintenant savoir pourquoi!»

Dan Iwasa-Madge et Philippe René seront présents à la conférence gratuite Le pouvoir de la télévision, le 25 octobre au Centre des sciences, à Montréal. Cet événement de Thinktv est présenté par Bell Média, en collaboration avec Brainsights. Consultez la programmation complète en suivant ce lien.

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