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Relations publiques: «La population détient le vrai pouvoir»

C’est dans un contexte où le pouvoir est passé des organisations aux mains des citoyens qu’Hill+Knowlton Stratégies a acquis la firme montréalaise Acertys, spécialisée en engagement du public.

jacques bénard

Fondée en 2006, Acertys œuvre principalement dans des dossiers concernant la proximité de la population par rapport à un milieu de vie particulier (développement urbain, aménagement du territoire, ressources naturelles, etc.). Elle emploie une douzaine de spécialistes dans des domaines techniques: urbanistes, ingénieurs, architectes. «Le travail d’engagement du public dans de tels projets vise à les adapter afin de combler les attentes de la population qu’ils concernent, explique Jacques Bénard, associé d’Acertys, maintenant vice-président principal de Hill+Knowlton. Il est donc important de s’entourer d'experts avec une bonne connaissance de leur domaine pour traduire les préoccupations des gens en éléments de programmation.»

«Les organisations, les gouvernements et les entreprises ne prendront pas de décisions s’ils n’atteignent pas le consensus auprès du public.» 

Ces dernières années, Acertys a notamment œuvré au plan d’intégration du CHUM dans la communauté et au redéveloppement du site de l’ancien tripostal dans le quartier montréalais Griffintown pour la Société immobilière du Canada.

À la suite de cette transaction, l’équipe d’Acertys a été complètement intégrée sous la bannière Hill+Knowlton. Cette dernière avait déjà entamé la croissance de sa pratique d’engagement dans le reste du pays en achetant Ascentum en 2012.

dimitri gourdin

Le lobbying n’est plus ce qu’il était
Dimitri Gourdin, vice-président principal et directeur général de Hill+Knowlton, souligne l’importance grandissante de l’équité d’engagement et le changement que connaît la profession: «Aujourd’hui, les citoyens, les consommateurs, la population détiennent le vrai pouvoir. Les organisations, les gouvernements et les entreprises ne prendront pas de décisions s’ils n’atteignent pas le consensus auprès du public. Notre rôle est donc de convaincre les organisations à construire cette équité d’engagement – elle est la nouvelle monnaie en affaires publiques.»

Dimitri Gourdin évoque notamment la montée de l’économie du partage pour expliquer ce changement de donne: «Le lobbying n’est plus ce qu’il était à l’ère de l’économie ouverte, collaborative. Regardons tous les débats entourant Uber: pourquoi le gouvernement hésite-t-il à intervenir? Parce que la population est plutôt favorable à ce service – cela limite son champ d’intervention.» 

«Les citoyens exigent de plus en plus de participer et d’influencer les décisions.»

Aux yeux des deux experts, la clé se trouve donc dans la participation, la collaboration et, ultimement, la cocréation entre les organisations et les entreprises. Ces dernières sont-elles prêtes à donner plus d’espace au consommateur? Jacques Bénard croit que du chemin reste à parcourir, mais que le changement est palpable depuis cinq ou six ans: «Les citoyens exigent de plus en plus de participer et d’influencer les décisions. Les nombreux débats entourant la question de l’acceptabilité sociale le démontrent. Par le passé, l'on parlait de consultation des citoyens, l'on arrivait avec un projet tout cuisiné, présenté en fin de parcours, on demandait aux gens leur opinion et l'on faisait ce qu’on pouvait pour les changements. Maintenant, les citoyens s’attendent à définir le gâteau et veulent voir tous les ingrédients qui le composeront. Les organisations doivent intégrer ce processus dans leurs pratiques de conception de projet. Ce n’est pas encore complètement établi, mais la tendance est lourde.»

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