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Tendances 2016: valoriser l’échec

Le «fail» n’a jamais été aussi populaire: bienvenue dans un monde où les déboires sont de mise.  

«Le dictionnaire Larousse décrit l’échec comme le résultat négatif d’une tentative, et la tentative comme une démarche par laquelle on tente de faire réussir quelque chose. En d’autres mots, l'on ne peut échouer que si l’on essaie, que si l’on ose», rappelle le président et fondateur de Pur Vodka et de Romeo’s gin, Nicolas Duvernois. Et dans un contexte où l’entrepreneuriat a la cote, l’audace représente une valeur de plus en plus saluée.

En effet, l’histoire a connu d’effroyables échecs, sans qu'ils servent d’exemples de vertu ou de courage (La bataille de Waterloo? Le naufrage du Titanic?). Aujourd’hui, l'échec sert de moteur à l’innovation et commande le respect: les amateurs de la marque à la pomme s’inclinent devant la douce revanche d’un Steve Jobs éjecté de sa propre entreprise en 1985 et revenu en conquérant 12 ans plus tard; les amateurs de fiction voient quelque chose de magique dans le succès de la série Harry Potter, qui a valu une douzaine de rejets à son auteur avant de trouver un éditeur.

«JE NE CROIS PAS QU’ON VALORISE L’ÉCHEC, JE PENSE QU’ON VALORISE PLUTÔT LES LEÇONS QU’ON TIRE DE CELUI-CI.»

Plus près de chez nous, les téléspectateurs ont pu entendre à l'émission Tout le monde en parle en octobre dernier le plaidoyer de Nicolas Duvernois, sur le chemin qui l’a finalement mené au succès (et à une quarantaine de prix internationaux). Ayant d’abord connu l’échec en restauration, c’est en lavant les planchers de l’hôpital Sainte-Justine qu’il a tenté de financer son projet de créer et de commercialiser sa propre vodka, ce qui n’a pas été chose facile auprès d’une SAQ qui lui a d’abord opposé son refus.      

NICOLAS DUVERNOIS

PUR VODKA ET ROMEO’S GIN

Le principal intéressé rappelle néanmoins qu’il s’agit d’un passage pénible pour qui le subit et que l’échec à lui seul ne mérite pas d’être encensé: «Je ne crois pas qu’on valorise l’échec, je pense qu’on valorise plutôt les leçons qu’on tire de celui-ci, estime Nicolas Duvernois. L’échec fait mal, nous hante, nous cicatrise à tout jamais, mais c’est grâce à lui qu’on se retrousse les manches et qu’on travaille encore plus fort. On ne veut pas le revivre, on fait tout pour l’éviter, mais un peu comme un accident, il peut réapparaître à tout moment.»

Dans le même ordre d’idées, l’équipe formée de Francis Gosselin et de Robert Boulos a créé l'événement Fail Camp, dont la troisième édition aura lieu ce printemps à Montréal. Le but? «Légitimer l’échec dans le discours public afin d’encourager la prise de risques.» Ces conférences réunissent des entrepreneurs de tous les horizons (de l’entrepreneur Sylvain Carle à l’animatrice Mitsou Gélinas, en passant par Kim Thomassin du bureau d’avocats McCarthy Tétrault), qui partagent leurs propres expériences d’échec en mettant l’accent sur les apprentissages à en tirer. 

«APRÈS AVOIR VÉCU UNE PREMIÈRE EXPÉRIENCE CATASTROPHIQUE EN AFFAIRES, JE PEUX MAINTENANT ENTIÈREMENT GOÛTER AU BONHEUR DE LA RÉUSSITE.»

Car l’échec demeure parfois un passage obligé pour atteindre le succès, comme le conclut Nicolas Duvernois: «J’espère de tout cœur que l’échec est évitable. J’espère qu’on peut réussir sans nécessairement le subir. Cependant, une chose est certaine. Après avoir vécu une première expérience catastrophique en affaires, je peux maintenant entièrement goûter au bonheur de la réussite.»

En couverture: La Charge de Mark Churms

Retrouvez cet article dans un dossier complet portant sur les tendances en marketing à surveiller en 2016.

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