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Narcity s'attaque au blocage publicitaire

En raison de la montée fulgurante des utilisateurs de bloqueurs de publicité sur ses propriétés, le réseau Narcity a implanté un nouveau système d'identification. Les explications de Charles Lapointe, cofondateur et directeur général de Narcity Media.

Le problème, chez Narcity, est bien réel: 9% des utilisateurs du réseau activent le logiciel Adblocker sur leur fureteur. Considérant que la cible principale de l'éditeur de contenu se situe de 18 à 35 ans, une grande partie de ce lectorat consulte les articles sur son téléphone et est ainsi moins à même - pour le moment - d'utiliser de tels logiciels. Les logiciels de blocage publicitaire, s'ils existent sur appareils mobiles, ciblent seulement les fureteurs et sont beaucoup moins répandus. Mais les conséquences sont tout de même bien concrètes.

charles lapointe

Impact sur les revenus
Même si la montée en utilisation des bloqueurs de publicité n'attaque pas directement les revenus mobiles, ceux de bannières de la version pour ordinateurs ont été affectés. En effet, de 25% à 30% des lecteurs de l'éditeur consultent les articles sur leur ordinateur, parmi lesquels près de la moitié possèdent un bloqueur de pub. Sur les 3,2 millions de lecteurs, le chiffre est notable.

Inspirés par le modèle de Condé Nast, qui a implanté un système obligeant les lecteurs de GQ à désactiver leur bloqueur ou de payer 5 sous pour accéder au site, l’équipe de Narcity ne se voyait toutefois pas agir de même. «Comme nous sommes un réseau qui n’existe que depuis trois ans, nous ne croyons pas avoir la crédibilité nécessaire pour faire payer nos utilisateurs afin de pouvoir consulter notre contenu, et n'avons pas envie de nous positionner ainsi», indique Charles Lapointe.

S'enregistrer sur Facebook
Dans le but de générer un impact de la manière la moins dérangeante possible, l’équipe offre la possibilité aux utilisateurs de bloqueurs de s’inscrire gratuitement, sur Facebook, pour accéder à tout le contenu du site. Par cette identification, l’éditeur peut accéder au nom, à l'adresse de courriel et au genre de l'utilisateur. Les données transmises sont toutefois limitées à ce qui est fourni sur le profil public: «Nous ne voulions pas activer l’accès à toutes les utilisations, puis faire peur aux lecteurs, mais simplement accéder à un profil permettant de créer une banque de données utilisateurs.» 

Ce faisant, il est possible de savoir qui emploie le site, quand et à quelle fréquence, et, éventuellement, de connaître assez leurs préférences pour leur offrir du contenu personnalisé quand ils visitent Narcity ou MTL blog. Selon Charles Lapointe, l'initiative permettra de «créer une plateforme devenant une référence et dont l’expérience offerte est personnalisée.»

«en tant qu'éditeur, pour continuer d'offrir du contenu de qualité, sans vendre des bannières, il faut une solution.»

Cette avenue est possible pour Narcity, notamment parce que son modèle d’affaires ne repose pas d'abord sur la vente de bannières web, mais du contenu commandité. Ce modèle a été choisi par intérêt et nécessité. Selon Charles Lapointe, ce sera celui vers lequel la plupart des éditeurs de contenus se tourneront. 

Lancé lundi, le modèle comptait après un seul jour 675 utilisateurs enregistrés. Charles Lapointe juge ce succès redevable à la facilité du processus d'enregistrement comparativement à la désactivation du bloqueur de publicité.

«Ces bloqueurs nuisent aux éditeurs de contenu, et les gens doivent en être conscients. En tant qu'éditeur, pour continuer d'offrir du contenu de qualité, sans vendre des bannières, il faut une solution.»

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