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Quel serait le prix à payer pour un monde sans pub?

Le site AdAge a récemment enquêté sur les coûts d’une éventuelle disparition de la publicité du paysage numérique. 

Pour mettre en avant sa nouvelle offre sans publicité, la plateforme de vidéo sur demande Hulu a ironiquement lancé une publicité. La marque propose à ses abonnés de payer 4$ de plus pour accéder à un contenu ne présentant aucune publicité, comme Netflix.

Devant la montée des systèmes de blocages publicitaires, les revenus publicitaires des sites internet chutent déjà. En effet «près de 34% des Américains emploient Adblocker, déclare Randall Rothenberg, président et directeur général de l'organisation Interactive Advertising Bureau. Certains sites, particulièrement ceux consultés par les milléniaux, perdent près de 40% de leurs revenus à cause des bloqueurs de pub.»

AdAge s’est ainsi intéressé à la possibilité d’un monde sans publicité, où tous les sites et toutes les chaînes de télé seraient entièrement financés par leur public. Le site se base sur le même principe que Hulu, c’est-à-dire en répercutant le manque à gagner sur le coût de l’abonnement. Pour accéder à un contenu sans publicité, l’utilisateur doit alors payer plus pour combler l’absence de revenus publicitaires.

Dans son enquête mathématique, AdAge applique ce modèle d’absence de publicité sur un rayon plus large, en se penchant sur le cas du quotidien New York Times, de la télévision, de Facebook et de BuzzFeed.

En prenant l’exemple du New York Times, journal dont l’abonnement à la version numérique coûte 3,75$US par semaine - ou 195$US par an –, il faudrait que le journal attire trois millions d’utilisateurs supplémentaires. Ils permettraient d’éponger la perte de revenus publicitaires numériques, qui s’élève à 148,6 millions$US par trimestre. Cette hypothèse comprend aussi le fait peu probable que le journal ne perdrait aucun client de son édition imprimée.

En ce qui concerne la télévision, l’offre serait fortement réduite. En effet, sans revenus publicitaires, les chaînes reposeraient entièrement sur les paiements des consommateurs, par l’abonnement ou la vidéo à la demande. Il serait donc inconcevable que survivent les 500 chaînes proposées. Le regroupement Leichtman Research Group précise qu’aux États-Unis, le paiement mensuel moyen pour la télévision est de 99,10$ - une augmentation de 39% depuis 2010 –, soit 1189$ par année. En suivant un modèle de chaînes télévisées sans publicité, les utilisateurs devraient alors payer cette somme annuellement pour accéder à - seulement - une douzaine de chaînes sans publicités.

Pour ce qui est de Facebook, ses revenus s’élèvent à quatre milliards$ par trimestre et viennent presque entièrement de la publicité. En prenant le nombre total d’inscrits sur le site, soit 1,49 milliard, le prix à payer serait alors de 2,69$ par trimestre et 10,75$ par an, pour un Facebook sans publicité. Toutefois, AdAge précise que ce chiffre pourrait être augmenté puisque Facebook ne pourrait pas collecter tous les paiements selon ses standards occidentaux, notamment dans les pays en développement.

Enfin, le site BuzzFeed serait voué à disparaître complètement. Il vit entièrement de ses recettes publicitaires et propose surtout du contenu «mode de vie» et divertissement. AdAge pose la question «combien seriez-vous prêt à payer pour un abonnement à BuzzFeed afin de pouvoir continuer de procrastiner au travail? La réponse est 0$. Un monde sans publicité est un monde sans BuzzFeed.» 

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