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Baromètre électoral, huitième semaine: niqab, nouveau débat et un député à l’eau

Caroline Roy de Mesure Média présente tout ce qu'il faut savoir de la huitième semaine de la course électorale.

Niqab, niqab, niqab: les médias ont-ils trop traité de cet enjeu? Plusieurs estiment que oui. Pendant ce temps, des candidats continuent de glisser sur les pelures de banane, alors que les femmes et les enjeux féministes tentent de se distinguer dans cette campagne électorale.

Gains:

1- Timide culture
La culture se pointe timidement dans la campagne électorale. Justin Trudeau a annoncé qu’il renverserait les choix des conservateurs en culture. Le chef libéral promet notamment d’investir 150 millions$ supplémentaires pour Radio-Canada. La nouvelle, publiée sur le site web de Radio-Canada, vaut un gain de réputation de 2250$ à Justin Trudeau et à son parti, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d].

Cela dit, le sort de la culture dans cette campagne ne semble pas interpeller les artistes québécois. Alors que plusieurs étaient rassemblées à la cérémonie des Gémeaux dimanche soir, aucun n’a profité de l’occasion pour s’adresser aux politiciens fédéraux.  

2- Le débat en français: un tournant pour Gilles Duceppe et les libéraux?
Si Gilles Duceppe a peiné à s’illustrer dans les sujets les plus médiatisés de cette campagne – affaire Duffy, récession, migrants, débats en anglais, etc. –, le prochain débat en français pourrait lui donner l’occasion de «gonfler» sa présence médiatique.

De son côté, le quotidien Globe and Mail estime que le débat en français pourrait aussi être un tournant pour Justin Trudeau au Québec. À suivre jeudi soir…

3- Y a-t-il des femmes dans cette campagne?
C’est la question que certains médias veulent mettre en lumière ces jours-ci. Les quotidiens Le Devoir et Toronto Star ont organisé un débat lundi sur les enjeux féministes. Tous les chefs ont envoyé leurs commentaires par vidéo, sauf Stephen Harper. 

Malgré tout, la candidate conservatrice Michelle Kempel se veut plus visible dans le reste du Canada pendant cette campagne que le ministre des Finances, Joe Oliver, et celui des Affaires étrangères, Rob Nicholson, si l’on se fie à une dépêche de la Presse canadienne.

Pour sa part, une candidate indépendante dans Papineau, Kim Waldron, se plaint de ne pas pouvoir être désignée comme «indépendante» sur le bulletin de vote. Mentionnons aussi le NPD, qui a visé la parité candidats-candidates. Le parti présente près de 50% de candidates au Québec.

Conclusion: le féminin essaie tant bien que mal de l’emporter sur le masculin durant cette campagne…

Déficits:

1- Mulcair, encore rattrapé par son passé
Décidément, Thomas Mulcair remporte la palme du chef le plus rattrapé par son passé au cours de cette campagne. Après les allusions à Margaret Thatcher, les syndicats et l’eau embouteillée, le chef du NPD est hanté par sa position sur le mont Orford et les «newfies». En visite à Terre-Neuve, Mulcair a dû s’excuser d’avoir déjà traité les Terre-Neuviens de «newfies».

Pendant ce temps, d’ex-collègues du Parti libéral du Québec affirment que Mulcair soutenait la privatisation du mont Orford à l’époque où il était ministre québécois de l’Environnement. La nouvelle, publiée dans La Presse+, représente un déficit de réputation de -30 000$ pour le chef néo-démocrate.

2- Avons-nous parlé du niqab ?
À tort ou à raison, le port du niqab est devenu un sujet de discussion de la campagne, n’en déplaise à ceux qui croient que c’est un non-enjeu. Depuis une semaine, le terme «niqab» a été mentionné dans au moins 1030 articles publiés dans les journaux et sur le web au pays. Près de la moitié ont été publiés au Québec. Si l’on considère qu’il y a environ une soixantaine de femmes portant le niqab au Québec, chacune a donc eu droit à huit articles sur elle depuis une semaine.  

3- Les candidats douteux s’accumulent
Une longue campagne électorale comporte aussi ses avantages: comme celui de dénicher un nombre record de candidats douteux grâce aux médias sociaux. Cette semaine, on apprenait qu’un candidat conservateur de Winnipeg avait déjà comparé l’avortement au 11 septembre et à l’holocauste…

Pour sa part, le Bloc québécois, déjà éclaboussé dans ce domaine, a dû chasser un candidat qui avait louangé le Front national en France après les attentats de Charlie Hebdo. Une autre candidate bloquiste s’est aussi excusée après avoir soutenu sur Facebook un groupe qui s’oppose à «l’islamisation» du Québec.

4- Il ose se baigner dans le fleuve
Après le jingle de Maxime Bernier, d’autres candidats s’illustrent, malgré eux, dans la sphère de la viralité. Candidat de Forces et démocratie dans l’est de Montréal, Jean-François Larose se présente, en vidéo, tel un homme qui ose se baigner dans le fleuve pollué. Dégoulinant d’algues vertes, il promet même d’aller rencontrer le prochain premier ministre – portant ces mêmes habits! - pour le sensibiliser à l’environnement. Parions que les électeurs de son comté n’en demandent pas tant!

5- Nervosité et malaise sur la Rive-Sud
Dans la même lignée, un débat avec le candidat du NPD Pierre Chicoine diffusé sur une télévision régionale de la Rive-Sud s’est propagé dans les médias. Le candidat est à ce point nerveux qu’il peine à répondre aux questions de la journaliste, notamment à propos du péage sur le pont Champlain. Le malaise suscité par Pierre Chicoine est si important que le chroniqueur Jean Lapierre en a traité à LCN. Voilà un candidat qui vit difficilement son baptême médiatique. 

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