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Campagne électorale: baromètre de la septième semaine

Caroline Roy de Mesure Média présente ce qui a marqué la septième semaine de la course électorale.

Entre le «jingle» de Maxime Bernier, les surplus d’Ottawa et le retour de Jean Chrétien, la septième semaine de campagne électorale ne soulève pas encore de grande passion.

Le tournoi de golf du Canadien de Montréal l'a prouvé, alors que plusieurs médias semblent plus préoccupés par le choix du prochain capitaine du CH que par celui du premier ministre du Canada.

Gains:

1. Surplus d'Ottawa: enfin une bonne nouvelle pour Stephen Harper
Affaire Duffy, récession, crise des migrants… Le chef conservateur a été écorché par l’actualité depuis le début de la campagne. Stephen Harper a toutefois de quoi se réjouir cette semaine, alors qu’Ottawa annonce un surplus de 1,9 milliard$ dans ses coffres. La nouvelle, favorable aux conservateurs, s’est retrouvée en une des quotidiens Toronto Star, Globe and Mail, National Post et Ottawa Citizen, pour ne citer qu'eux. L’article en une du Globe and Mail représente un gain de réputation de 71 885$ pour Stephen Harper et ses troupes, selon l'outil d’analyse de presse mesure [d].

À cela, s’ajoute le verdict de la Cour d’appel, permettant le port du Niqab, aux cérémonies de citoyenneté. Avec sa décision d’amener la cause en Cour suprême, le gouvernement Harper a l’actualité de son côté cette semaine.

source: lapresse

2. Après le Stampede, le Festival western de St-Tite
L’Alberta a son Stampede, où les politiciens se présentent chaque année en juillet. Mais le Québec n’est pas en reste avec le Festival western de St-Tite, qui se déroule cette année en pleine campagne électorale. Plusieurs candidats, tous partis confondus, y voient l’occasion d’aller y serrer des mains. Chaussés des traditionnelles bottes et portant le chapeau de cowboy, Denis Lebel, Ruth Ellen Brosseau et Alexandre Boulerice sont notamment passés à St-Tite.

source: page facebook de ruth ellen brosseau

Pendant ce temps, le Regroupement majeur des événements internationaux interpelle les partis fédéraux pour savoir comment ils soutiendront les festivals, comme celui de St-Tite. À cet appel, les candidats restent plutôt muets…    

3. Jean Chrétien revient à l’avant-scène
La sortie de Jean Chrétien, aux côtés de Justin Trudeau, n’est pas passée inaperçue dans les médias. Plus de 515 textes ont été publiés dans la presse écrite et sur le web au pays. Jean Chrétien en a profité pour égratigner Stephen Harper sur les réfugiés syriens, et le NPD sur la question référendaire. Même si Thomas Mulcair a répliqué en comparant Jean Chrétien aux Classels... le soutien de l’ex-premier ministre du Canada représente, sans contredit, un gain médiatique pour Justin Trudeau.  

4. Les jeunes, allez voter!
Radio-Canada lance une initiative intéressante pour inciter les jeunes à voter pour la première fois à une élection fédérale. Sachant que leur taux de participation est bas, la société d’État a lancé le projet #1ervote. On invite les 18-22 ans à parler des enjeux qui les préoccupent dans des vidéos de 15 secondes diffusées sur Instagram, plateforme sociale de plus en plus populaire. Reste à voir si les jeunes participeront à cette initiative, mais surtout, s’ils iront voter davantage le 19 octobre.

Déficits:

1. En chanson, Maxime Bernier abandonne les conservateurs
Dans un message radio diffusé dans sa Beauce natale, le député conservateur Maxime Bernier fait cavalier seul. Il y fait tourner un «ver d’oreille» qui ne parle que de lui, «un gars qui nous ressemble», sans allusion à sa formation politique.

C’est un plus pour Maxime Bernier, qui réussit à faire parler de lui, grâce à cette publicité, en plein milieu de la campagne. Un reportage sur le député de Beauce, diffusé lundi au Téléjournal 18h, lui vaut un gain de réputation de 7800$. 

Mais c’est aussi un moins pour Maxime Bernier… Déjà électron embêtant pour les conservateurs – pensons à l’affaire Julie Couillard –, voilà que le candidat joue à un jeu bien dangereux: visant à être réélu sans se soucier de son parti, il pourrait se retrouver dans l’opposition… ou sur les banquettes d’arrière-ban si Stephen Harper redevenait premier ministre…

source: le journal de montréal

2. Quand le Canadien fait de l’ombre aux élus
Jusqu’à maintenant, cette campagne électorale ne soulève pas les passions. Le tournoi de golf annuel du Canadien de Montréal nous l'a rappelé de belle façon, il y a quelques jours. Si l’on se demande qui sera le prochain élu à la tête du Canada, force est d’admettre que le choix du prochain capitaine du CH motive davantage bon nombre de Québécois, sans parler des médias… Le Journal de Montréal a consacré sa une et 12 pages au tournoi de golf de nos glorieux. La Presse n’est pas en reste avec quatre pages complètes et une photo de Max Pacioretty sur sa une. À quand une pareille couverture pour les partis fédéraux?  

3. La Pennsylvanie, nouvelle terre d’accueil du Bloc
Un internaute perspicace a découvert lundi qu’une publicité du Bloc québécois visant les agriculteurs utilisait un paysage de campagne de la Pennsylvanie… Le Bloc a vite retiré la photo des médias sociaux, mais le mal était fait. Si, quelques heures plus tôt, Gilles Duceppe avait rencontré Denis Coderre, c’est plutôt cette bourde publicitaire qui a résumé le début de la semaine du Bloc. Pour un parti en mal de bonne présence médiatique, ça fait mal. Cette histoire, publiée dans Le Journal de Montréal, représente un déficit de réputation de -8894$ pour le Bloc québécois. 

4. Justin Trudeau ne chiffre pas sa plateforme électorale
Voilà une nouvelle qui n’a pas fait beaucoup de bruit dans un contexte où l’économie occupe une place importante dans cette campagne. Selon un article de la Presse canadienne, diffusé mardi, Justin Trudeau ne publiera pas le coût total de sa plateforme électorale. Le chef libéral juge qu'il n'est pas nécessaire de chiffrer sa plateforme dans la mesure où il détaille les dépenses liées à chaque promesse. Alors que l’incertitude économique plane sur le Canada, Justin Trudeau fait le pari de ne pas dévoiler son cadre financier. Ce choix lui nuira-t-il durant le débat sur l’économie?

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