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Marie-France Bazzo: «Créer un nouveau média, c’est plonger»

À l’occasion du lancement de BazzoMag, entretien avec l’animatrice et productrice à propos de son nouveau projet –et du paysage médiatique dans lequel il s’inscrit. 

Le nouveau magazine mensuel a comme slogan «pétillant et pertinent». Il se veut à l’image de la marque Bazzo, bien connue des téléspectateurs de Bazzo.tv, qui fête sa 10e saison à Télé-Québec. Le contenu sera toutefois inédit: «Nous voulions que BazzoMag s’inscrive dans l’esprit de l’émission de télé, avec sa marque de commerce, son ton de pertinence et d’impertinence, son sourire en coin. Mais nous n’y poursuivrons pas des discussions ou des sujets traités à Bazzo.tv. Les lecteurs y trouveront un contenu original, produit par une équipe originale.»

BazzoMag est publié gratuitement et directement en format tablette. Il est offert sur iPad et Android. Les lecteurs n’auront qu’à télécharger l’application pour y accéder.

Jean-Yves Girard (ex-Châtelaine) en est le rédacteur en chef. Avec Marie-France Bazzo, il sera aussi épaulé par son adjointe. La petite équipe compte également le gestionnaire de réseaux sociaux Jean-Philippe Titley: «On ne présente jamais un projet possédant au minimum un volet web ou qui soit carrément intégré.»

Chacune numéro comportera un dossier principal, en plus de rubriques sur les essais (Banc d’essais) ou la langue, par exemple (Mazzo Bag). Pour cette première édition, Marie-France Bazzo se trouvera elle-même en une: «Mais je ne m’y épanche pas sur mes pensées intimes! Il s’agit un magazine d’intérêt social, politique et culturel.»

BazzoMag compte sur une aide financière du Fonds Québecor. On y trouvera aussi de la publicité, dont les ventes seront prises en charge par Télé-Québec. «Le diffuseur s’est engagé du fait que la marque est hébergée chez lui, à la télé. Ses équipes vont élaborer un modèle et voir quel genre d’annonceur pourrait se greffer à nous.»

La publicité native représente-t-elle une option? Marie-France Bazzo juge qu’il est encore trop tôt pour y penser, mais n’est pas fermée à l’idée: «Je ne suis pas contre, mais pas à n’importe quelle condition. Si le média qu’on crée, la voix qu’on y exprime, n’a pas son équivalent dans le marché québécois et qu'on trouve dans la publicité native une façon de survivre, pourquoi pas? Tant qu'elle n’influence pas le contenu.»

«Bazzo.Mag est vraiment né d’une envie: c’est la chose la plus simple et la plus absurde au monde, dans le contexte actuel des médias.»

Un magazine né d’une envie
Lorsqu’on demande à Marie-France Bazzo ce qui l’a poussée à se lancer dans un tel projet, elle évoque d’abord la candeur de l’entreprise: «Nous n’avions pas de réflexion marketing. Nous ne sommes partis que du désir de souligner le 10e anniversaire de Bazzo.tv. On se demandait ce que nous voulions nous offrir pour les marquer. Nous avons demandé une subvention au Fonds Québecor et l’avons obtenue. En bref, BazzoMag est vraiment né d’une envie: c’est la chose la plus simple et la plus absurde au monde, dans le contexte actuel des médias.»

Marie-France Bazzo, qui œuvre dans ce milieu depuis plus de 20 ans, a certes une vue d’ensemble sur l’espace médiatique québécois. Cet automne paraîtra chez Leméac un quatrième livre dans la série De quoi le Québec a-t-il besoin, qu’elle cosigne avec la journaliste Nathalie Collard et qui portera sur les médias. Les lecteurs y trouveront des entrevues sur le sujet, rassemblant les témoignages de divers joueurs de l’industrie (Paul Arcand, Philipe Lamarre, Patrick Beauduin, Nicolas Langelier, etc.).

«Il y a un pessimisme ambiant quant à l’acuité et À la pertinence des médias d’ici.»

Son constat? Il existe une insatisfaction générale face aux médias québécois: «Tous soulignent la crise que nous vivons et le fait qu’on n’y trouve pas de solution. Il y a un pessimisme ambiant quant à l’acuité et à la pertinence des médias d’ici. Nous, qui avons les mains dedans, essayons des choses, mais n’avons pas trouvé la recette. Dans ce contexte, créer un nouveau média sans même tenir compte d’études de marché ou des opinions émises dans les témoignages que j’ai recueillis pour le livre, c’est plonger. Et espérer qu’on peut apporter une petite pierre à l’édifice du changement, éveiller une réflexion qui fait qu’à leur tour, nos lecteurs feront avancer les choses.»

L'application Bazzo.Mag peut être téléchargée en suivant ce lien.

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