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Campagne électorale: baromètre de la sixième semaine

Caroline Roy de Mesure Média expose les hauts et les bas de la sixième semaine de la course électorale.

Une sixième semaine en mode accélération
Les vacances et la fête du Travail sont derrière nous: la campagne peut passer en cinquième vitesse. Alors que de nouvelles publicités électorales arrivent en ondes, les chefs défilent chez le journaliste anglophone Peter Mansbridge et les partis organisent des rassemblements de campagne plus imposants.

Gains:

1- Les chefs défilent devant Peter Mansbridge
C’est la semaine durant laquelle les chefs défilent devant le chef d’antenne-vedette de CBC, Peter Mansbridge. Jusqu’à maintenant, ils s’en tirent sans trop d’égratignures. Ces entrevues sont toutefois enregistrées quelques jours avant leur diffusion. Les sujets chauds du jour ne s'y retrouvent pas. Dommage… Dans le dossier des migrants, les chefs Justin Trudeau et Stephen Harper n’ont pas pu exprimer leur pleine opinion sur ce sujet.    

2- Après la CAQ, le NPD
Dans la catégorie des nouvelles qu’on ne voit pas venir… Jacques Duchesneau soutient le NPD. L’ex-député de la CAQ à l’Assemblée nationale a participé à un rassemblement partisan du NPD à Montréal en début de semaine. «On a un chef extraordinaire», a-t-il affirmé. Même si les deux formations ne véhiculent pas le même message économique, Jacques Duchesneau soutient se joindre aux néo-démocrates en raison de la crise des migrants. Cette nouvelle, publiée notamment dans La Presse+, vaut un gain de réputation de 25 895$ au NPD, selon l'outil mesure [d].

3- La guerre des ondes prend forme
C'est le cas chaque élection: les partis dépensent des fortunes en publicité. D'ici le 19 octobre, messieurs Harper, Mulcair et Trudeau tenteront de se faire connaître ou de présenter leur plateforme. La présence publicitaire sur les médias sociaux prend aussi beaucoup plus de place qu'auparavant.

Avec les sondages qui montrent que les chefs sont nez à nez, l'on peut s'attendre à ce que le ton monte d'ici la fin de la campagne. Bien qu'il soit parfois rude, il faut tout de même admettre que nous sommes bien loin des publicités négatives qu'on retrouve chez les Américains!

4. Lancement de campagne du Bloc
Même s’il soutient être bien couvert en région, Gilles Duceppe et le Bloc québécois n’ont pas obtenu une présence maximale dans les médias nationaux depuis le début de la campagne. Le chef a profité de la fête du Travail, journée plus tranquille dans les médias, pour tenir son conseil général électoral à Montréal. Cette stratégie lui a assuré une présence dans les bulletins de nouvelles du jour et des entrevues aux émissions matinales à la radio, mardi.    

Déficits:

1. La gestion de l’enjeu des migrants
Tout en étant candidats aux élections du 19 octobre prochain, Stephen Harper occupe ses fonctions de premier ministre, et ses ministres et les députés de tous les partis demeurent titulaires de leurs fonctions.

La crise des migrants – qui a pris l’image du corps d’un enfant noyé dans le naufrage d’embarcations – a perturbé la campagne de tous les partis. Alors que Thomas Mulcair et Justin Trudeau ont proposé de suspendre leurs activités partisanes afin de trouver une solution allant dans l’intérêt de la population, les conservateurs ont poursuivi leur campagne, plutôt que de diriger les opérations à partir de la Chambre des communes.

Par exemple, le ministre Chris Alexander a accordé une entrevue à l’émission Dans les coulisses du pouvoir dans son local électoral.

2. De la houle chez les conservateurs
Depuis notre dernier billet, au moins deux candidats du Parti conservateur ont été mis sur les lignes de côté et un autre est dans l’eau chaude.

Ainsi, Tim Dutaud, candidat dans Toronto-Danforth – ancien chef-lieu de Jack Layton – a dû démissionner pour avoir mis en ligne des vidéos à l’humour douteux.

Son collègue de la région de Scarborough, Jerry Bance, s’est fait prendre les culottes à terre, en train d’uriner dans une tasse… dans la cuisine où il devait réparer un lave-vaisselle, devant les caméras cachées de l’émission Marketplace (qui ressemble à La Facture). On ne compte plus les reportages sur le sujet – plus dévastateurs les uns que les autres pour l’ex-candidat – dont la une du journal Toronto Star, qui lui a valu un déficit de réputation de -163 470$, selon l'outil mesure [d].

Quant au candidat conservateur dans LaSalle-Émard-Verdun, Mohammad Zamir, il affirme sur son site unilingue anglophone qu’il est à l'aise en français «élémentaire»… alors qu’il baragouine la langue de Molière.

3. Thomas Mulcair toujours poursuivi par son passé
Après sa déclaration sur Margaret Thatcher, Thomas Mulcair est de nouveau rattrapé par son passé. Si la vidéo sur Mme Thatcher avait été dépoussiérée par des bloquistes, cette fois, les libéraux fouillent dans les archives. Les candidats Mélanie Joly et Stéphane Dion ont ressorti des boules à mites une déclaration de Mulcair sur l’exportation d’eau en vrac. Le chef du NPD s’était montré ouvert à exporter de l’eau alors qu’il était ministre de l’Environnement sous les libéraux de Jean Charest. Quelle sera la prochaine trouvaille sur les positions passées de Mulcair? 

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