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Mode québécoise: «L'industrie a été ébranlée dans son ensemble»

À l’occasion du festival Mode & Design, François Roberge, président de La Vie en Rose, discute des défis et de l’avenir de l’industrie de la mode à Montréal. 

Des années difficiles

Récemment, nous avons tous encaissé des coups. L’industrie a été ébranlée dans son ensemble.

Ces dernières années, les détaillants québécois ont éprouvé d’importantes difficultés. Plusieurs ont d’ailleurs vécu une fin radicale. Mexx, Parasuco et Bikini Village ont fermé toutes leurs boutiques, alors que Jacob a réussi à maintenir en vie quelques succursales à Montréal. D’autres tentent de renverser cette tendance avec des adaptions à la technologie, des changements d’image et des campagnes d’envergure.

«Longtemps, les détaillants, les importateurs, les fabricants et les designers québécois ont éprouvé un sentiment d’invulnérabilité, explique François Roberge, président de La Vie en Rose et de Mmode, grappe métropolitaine de la mode. Mais récemment, nous avons tous encaissé des coups. L’industrie a été ébranlée dans son ensemble.»

Travailler ensemble

françois roberge

président de la vie en rose et mmode

Le spécialiste estime que pour redresser son image, l’industrie québécoise de la mode doit travailler en équipe. Le festival Mode & Design constitue une occasion pour faire preuve de dynamisme: «Je ne mesure pas mes attentes en retombées économiques. Je pense que c’est plutôt une des activités permettant de redorer l’image de l’industrie du textile et de la mode au Québec. C’est important de s’y engager pour prouver que, même si elle a connu des difficultés, notre industrie reste bien présente et active. C’est une belle occasion de montrer que nous sommes fiers de ce que nous faisons ici.»

Selon François Roberge, le travail d’équipe est de plus en plus concret dans la mode montréalaise, mais il y a encore du chemin à parcourir «Ce n’est pas encore parfait, mais ça s’en vient et il faut continuer de pousser dans cette direction pour montrer ce qu’on peut faire.»

La technologie

Je ne mesure pas mes attentes en retombées économiques.

Mais le travail d’équipe n’est pas le seul ingrédient indispensable si l’industrie de la mode montréalaise souhaite redorer son blason: l’innovation et la technologie sont aussi de mise. Comme pour bien des domaines, «l’avenir du vêtement se trouve dans la technologie, affirme François Roberge. De plus en plus, les consommateurs cherchent à vivre une expérience lorsqu’ils entrent en contact avec une marque.»

D’ailleurs, plusieurs marques commencent à utiliser la technologie afin de permettre aux consommateurs de vivre une expérience, en ligne comme en magasin. Par exemple, La Maison Simons a beaucoup investi dans les salles d’essayage de sa boutique d’Edmonton. Celles-ci comprennent des écrans connectés aux médias sociaux. Ainsi, il est possible d’essayer un ensemble et d’envoyer une image à ses amis pour savoir ce qu’ils en pensent.

Ailleurs, L’Oréal a développé l'application Make Up Genius, permettant aux utilisateurs d’essayer ses produits par l’écran de leur téléphone intelligent.

À l’occasion du festival Mode & Design, La Vie en Rose s’associe avec Stefanka Lingerie, une entreprise québécoise ayant développé une technologie permettant de numériser le corps d’une cliente en 3D. Il est ensuite possible de trouver le modèle de soutien-gorge correspondant le mieux à sa morphologie et ses besoins. «Ce projet permet aux femmes de se faire mesurer et de se faire proposer le meilleur vêtement pour elles. C’est une expérience unique comme les gens veulent en vivre en ce moment. La mode se dirige de plus en plus vers la technologie, notamment par des vêtements intelligents. Plusieurs changements arrivent et il faut prendre les devants.»

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