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Baromètre électoral: une troisième semaine sous les controverses

Qui a inscrit ou perdu des points dans les médias traditionnels cette semaine? Caroline Roy de Mesure Média trace le bilan.

Entre le marteau-piqueur de Denis Coderre, les sondages, l’affaire Duffy-Wright et le spectre de Margaret Thatcher, la troisième semaine de campagne est marquée par les controverses. 

Gains:

1- Denis Coderre ou l’art d’imposer un enjeu de campagne
On peut être pour ou contre le geste de Denis Coderre, mais le maire de Montréal a réussi à s’implanter sans retenue dans la campagne fédérale. Armé d’un marteau-piqueur, il a brisé une dalle de béton, installée par Postes Canada. L’enjeu de la livraison du courrier est désormais inscrit dans l’agenda électoral.  

La couverture médiatique de ce geste symbolique est mitigée. En direct, les chaînes d’information continue ont abondamment couvert le point de presse. À RDI, la couverture en direct a valu un gain de réputation de 4100$ à Coderre, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]

À l’inverse, le lendemain, La Presse+ titrait «Un geste illégal?», suggérant même que Coderre s’exposait à une peine de prison de cinq ans.

2 - Sondage Léger: avantage opposition, désavantage Stephen Harper
Quelques sondages apparaissent peu à peu. Le Journal de Montréal et Le Devoir publiaient, samedi dernier, un sondage Léger nous apprenant que Stephen Harper est «en chute libre», Thomas Mulcair en avance et Justin Trudeau en progression.

Même si les partis ne les commentent pas, les sondages sont toujours très médiatisés durant les campagnes électorales. Teintent-ils la couverture médiatique? Chose certaine, le sondage, publié en une du Journal de Montréal, a généré un déficit de réputation de -67 910$ pour Stephen Harper. En page 3, le NPD enregistre plutôt un gain de réputation de 76 940$ grâce aux résultats favorables.  

3 - Ruth Ellen Brosseau, encore en vedette
Décidément, Ruth Ellen Brosseau continue d’être en vedette, particulièrement dans les médias hors du Québec. Après le portrait flatteur publié dans la version anglophone de Châtelaine, le quotidien National Post, cette semaine, montrait la néo-démocrate sur sa une. Un gain de réputation de 43 720$ pour Ruth Ellen Brosseau avec cette dernière entrevue.    

Après avoir fait l'objet de railleries lors de son entrée en politique au printemps 2011, Ruth Ellen Brosseau est la candidate, tous partis confondus, avec le plus de couverture positive ces temps-ci. 

4 - Le bloquiste de Shefford
Une mention honorable au candidat bloquiste dans Shefford, Jocelyn Beaudoin, qui a réussi à s’illustrer dans la campagne grâce à une vidéo, qui a fait rire plusieurs internautes. L’aspirant député a réussi à obtenir une entrevue sympathique avec l’animateur Paul Houde au 98,5 FM. Comme quoi l’authenticité peut s'avérer payante en politique!

Déficits:

1 - La mauvaise idée de huer des journalistes

La campagne conservatrice souffre depuis le début du témoignage de Nigel Wright au procès de Mike Duffy. Sur les cinq questions que les journalistes ont le droit de poser chaque jour à Stephen Harper, la majorité porte sur le procès Duffy. Exaspérés par les journalistes, les partisans conservateurs ont même hué ces derniers lors d’un point de presse.

Au lieu de rapporter l’annonce du jour du premier ministre, les journalistes ont rapporté qu’ils avaient été hués… Le porte-parole des conservateurs a tenté de calmer le jeu quelques minutes plus tard en s’excusant auprès d'eux.

2 - Justin Trudeau, le calinours
Le journal Toronto Sun n’a jamais eu la réputation de faire dans la dentelle. Justin Trudeau, qui a affirmé que la croissance économique doit partir du «cœur vers le haut», a goûté à la médecine de ce tabloïd en étant caricaturé tel un Calinours...

Nul besoin de dire que cette première page est défavorable au chef du Parti libéral du Canada, qui récolte un déficit de réputation de – 34 490$.

3 - Thomas Mulcair rattrapé par son passé
Thomas Mulcair fait actuellement l’objet d’une controverse. Un blogueur souverainiste a relevé une déclaration de Mulcair à l’époque où il était député libéral au Québec. Ce dernier vantait les politiques économiques de droite de l'ex-première ministre britannique Margaret Tchatcher. Un sacrilège, selon certains, puisque le chef du NPD doit représenter la gauche canadienne. La chronique de Patrick Lagacé sur le sujet dans La Presse équivaut à un déficit de réputation de -28 430$ pour Thomas Mulcair.

4 - Kathleen Wynne visible, Philippe Couillard timide
Après avoir fait la vie dure à Stephen Harper en début de campagne, la première ministre de l’Ontario critique désormais le NPD de Thomas Mulcair. Kathleen Wynne, qui fait ouvertement campagne pour Justin Trudeau, a qualifié les idées du chef néo-démocrate d’incomplètes et d’inapplicables. 

Mme Wynne est loin de passer inaperçue au cours de cette campagne. Pour sa part, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est fait bien timide avec ses revendications. Une quarantaine d’articles ont été publiés sur sa liste d’épicerie aux partis fédéraux. Toutefois, la moitié de ces textes reprenaient les propos de l’opposition péquiste et caquiste, qui qualifie les requêtes du chef libéral de «mollassonnes». 

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