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Fierté Montréal: quel intérêt pour les marques?

Fierté Montréal touche à sa fin, et la liste des partenaires pour l’édition 2015 de cet événement est longue. Jay Hébert, cofondateur d'Elevent, explique l’intérêt des entreprises à l’égard de la communauté LGBT. 

Changement contextuel

Jay Hébert, qui a commencé sa carrière en travaillant pour l'événement Black & Blue, explique qu’en 15 ans, le contexte a changé et permet maintenant à plus d’entreprises de s’y associer.

très peu d’entreprises ont le luxe de faire un don ou une commandite de façon désintéressée.

«À l’époque, les commanditaires qu’on y trouvait étaient directement liés à la communauté LGBT, explique Jay Hébert. Ils vendaient des produits et services qui s’y adressaient spécifiquement. Mais 15 ans plus tard, cela a beaucoup changé. C’est une communauté moins marginalisée, et de plus en plus de gens s’affichent ouvertement homosexuels, ce qui normalise la situation. Ce contexte permet à plus d’entreprises de s’afficher auprès de cette clientèle.»

Un partenariat stratégique

Sur les dizaines de marques partenaires de Fierté Montréal, certaines ont un lien naturel avec la communauté LGBT. On pense entre autres au magazine Fugues, à Trojan et à OutTv. D’autres marques sont prêtes à répondre aux besoins des festivaliers. Parmi elles, notons Coors Light, Eska et plusieurs hôtels.

Jay hébert

cofondateur d'Elevent

Mais même pour les entreprises dont le lien avec la communauté LGBT n'est pas évident, elles savent que des clients qui en font partie, explique Jay Hébert. «Aujourd’hui, très peu d’entreprises ont le luxe de faire un don ou une commandite de façon désintéressée. Si elles le font, c’est qu’il y a une stratégie commerciale. Ça peut être dans l'idée de hausser les ventes, donc d'aller chercher un nouveau marché, comme ça peut être pour fidéliser une clientèle.» 

La stratégie peut aller au-delà des objectifs financiers. S'il était autrefois délicat de s’associer à la communauté LGBT, c’est aujourd’hui une cause qui peut générer du capital sympathie. «Il peut y avoir des considérations d’image et de notoriété, ce qui révèle d'objectifs à long terme, pas seulement à l’égard des profits à réaliser durant la semaine de la Fierté», déclare Jay Hébert.   

Le cas de la Banque TD

La Banque TD fait partie des organisations dont le lien n’est pas évident avec la communauté LGBT ou avec la tenue d’un tel événement. Cela ne l’empêche pas d’être le présentateur officiel de l’événement et d’ouvrir une succursale dans le village en plein milieu de la semaine consacrée à la Fierté.

Selon Jay Hébert, c’est un cas intéressant et pertinent: «D’un point de vue démographique, c’est une communauté avec de bons moyens financiers et qui consomme considérablement. Ça en fait une clientèle désirable pour une banque.»  

Jay Hébert considère que le plus intéressant est le positionnement à long terme de cette institution à l’égard de cette communauté et de Fierté Montréal. «C’est une stratégie nationale, ce n’est pas seulement à Montréal, explique-t-il. Par exemple, elle est aussi associée aux rendez-vous Gay Pride de Toronto et de Vancouver, à la Chambre de commerce gaie de Montréal et à une multitude d’autres propriétés LGBT. D’autres institutions financières sont engagées dans le milieu, mais TD s’associe vraiment comme un partenaire à l'échelle nationale et à long terme. Elle affiche ouvertement son désir de participer à ce mouvement et de s’y associer. Le faire de façon si affirmée, c’est assez nouveau.» 

Ainsi, l’engagement de la TD répond à tous les objectifs d’un partenariat avec Fierté Montréal: elle augmente sa clientèle, s’assure de sa fidélité en lui étant elle-même loyale, puis fait bonne figure auprès des sympathisants de la cause LGBT.  

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